Air France: le gouvernement modère son ton et appelle à éviter la restructuration

    mercredi 14 octobre 2015

    Le gouvernement a insisté mercredi sur l’importance du dialogue social pour éviter le plan de restructuration menaçant 2.900 emplois chez Air France, après avoir été critiqué à gauche et chez les syndicats pour sa fermeté affichée suite aux incidents de la semaine dernière.

    Alors que l’exécutif avait fermement condamné ces incidents au cours desquels deux dirigeants de la compagnie aérienne ont été molestés et soutenu vigoureusement la direction, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a estimé mercredi qu’il y avait eu des erreurs de « tous les côtés ».

    La veille, François Hollande, en visite sur les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), avait déjà plaidé pour le dialogue social et dénoncé « la brutalité » d’où qu’elle vienne, des « mouvements » comme de certains « patrons ». Il a fait ces déclarations alors que deux syndicalistes avaient refusé de lui serrer la main pour n’avoir pas dénoncé la « violence patronale » dans le dossier Air France.

    Interrogée à plusieurs reprises sur RMC et BFMTV pour savoir si la compagnie devait « suspendre pour l’instant » son plan, confirmé dans un contexte houleux le 5 octobre, Ségolène Royal a fini par répondre: « bien sûr, on ne revient pas autour de la table en disant +c’est à prendre ou à laisser+ ».

    « Les stratégies qui ont consisté à dresser les salariés les uns contre les autres sont de mauvaises stratégies », a indiqué Ségolène Royal, qui a la tutelle des Transports.

    La ministre a également appelé la direction et les syndicats à « faire preuve d’imagination », considérant que toutes les solutions n’ont pas encore été mises sur la table.

    La ministre du Travail Myriam El Khomri a renchéri un peu plus tard en demandant à Air France de mettre « plusieurs propositions sur la table », et concédant que cela impliquait de suspendre le plan.

    « Pour retrouver un climat apaisé, il faut remettre les choses sur la table avec une vraie stratégie financière en toute transparence. Donc moi, ce que je souhaite, aujourd’hui, c’est retrouver de la confiance par la transparence », a-t-elle déclaré sur Europe 1.

    « Ca veut dire, si je traduis, suspendre le plan, on est d’accord ? », lui a demandé le journaliste. « Oui », a-t-elle fini par répondre, manifestement gênée, après un blanc de plusieurs secondes.

    Sa position a toutefois été nuancée auprès de l’AFP par l’entourage de la ministre : « Il ne s’agissait pas de dire s’il faut suspendre ou non le plan, ce n’est pas à l’État de le dire. »

    Enfonçant le clou, le Premier ministre Manuel Valls a estimé, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, que le plan de restructuration « peut être aujourd’hui évité ».

    « Nous, nous pensons que ce plan peut être aujourd’hui évité si le dialogue social s’approfondit, c’est le cas depuis quelques jours et je m’en réjouis », a déclaré M. Valls en réponse à une question du député Front de gauche François Asensi.

    Interpellé sur les poursuites judiciaires contre des salariés d’Air France après les violences du 5 octobre, M. Valls a expliqué que « ceux qui s’en sont pris à des cadres de cette société, doivent, et c’est normal dans une société de responsabilité, répondre de leurs actes ».

    « Le gouvernement respecte l’indépendance et le travail de la justice comme il en appelle au dialogue social », a-t-il assuré.

     Agence France-Presse

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