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Air Tahiti dit adieu à son dernier ATR-500

vendredi 5 juillet 2019

Le premier ATR (premier plan) s’en va. Le second est en maintenance. Photo : Christophe Cozette

Le premier ATR (premier plan) s’en va. Le second est en maintenance. (Photo : Christophe Cozette)


Air Tahiti “lâche” son dernier ATR 72-500. Compagnie test pour ATR, avec qui elle travaille depuis plus de 30 ans, Air Tahiti possède une flotte de moins de quatre ans d’âge. La compagnie intérieure change également son système de gestion des passagers et attend la concurrence.

Nana 500. La compagnie intérieure Air Tahiti vend son dernier ATR 72-500, le Ra’i ‘Ura, rentré en service en juin 2008, après plus de 20 000 heures de bons et loyaux services.

Ce modèle de la gamme 500 — à la livrée blanche ornée d’hameçons rouges —, en partance pour la compagnie coréenne Hi Air (comme le précédent), permet à Air Tahiti de disposer que d’ATR 42-600 et d’ATR 72-600, une flotte de moins de quatre ans d’âge.

“La moyenne d’âge doit être une des plus faibles possible. C’est une question de sécurité et de confort aussi pour les passagers. Cela a toujours été la volonté d’Air Tahiti”, a déclaré Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti, lors de la visite du centre technique d’Air Tahiti, sur la plateforme aéroportuaire de Tahiti-Faa’a, pas peu fier de cette flotte quasi neuve.

Alors qu’Air Tahiti Nui est passé d’Airbus à Boeing, entre Air Tahiti et ATR, le fabricant de ces avions, c’est une longue et fidèle histoire d’amour.

 

“Plus de 30 ans”

 

“Oui, entre ATR et nous, c’est une longue histoire”, confie le directeur général. “Nous connaissons maintenant l’avion sur le bout des doigts. Cela fait plus de 30 ans que nous exploitons cet appareil. Ce sont des avions qui remplissent parfaitement leurs missions. ATR nous utilise souvent comme vitrine. Nous avons d’excellentes relations avec eux. Nous travaillons en synergie avec ATR. Ils ont d’ailleurs développé une version Stoll des ATR 42, capable d’atterrir en pleine charge sur des terrains plus courts (800 mètres au lieu de 1 200), et nous avons largement participé au développement de cette version. Nous sommes d’ailleurs la compagnie de lancement de ces modèles, prévu pour 2022. Cette version pourrait remplacer les Twin Otter des Marquises et aux Tuamotu”.

Ce qui serait de bonne augure après les récents incidents à Ua Huka et Ua Pou, qui n’avaient pas pu être desservies durant plusieurs jours. Le problème, aujourd’hui, est résolu pour les deux îles marquisiennes, selon Manate Vivish.

En attendant la concurrence, annoncée pour mi 2020, Air Tahiti se tient prête.

Avec le départ de cet avion, la flotte d’Air Tahiti compte désormais exclusivement des ATR de dernière génération 600, soit 2 ATR 42-600 et 7 ATR 72-600, auxquels s’est ajouté, en avril, un 8e ATR 72-600 en leasing (location) sans option d’achat, pour une durée de 18 mois, comme l’a rappelé le directeur général (lire interview).

 

Concurrence avec Islands airline

 

Et même si Air Tahiti assume (seul) le déficit de certains destinations afin d’assumer son rôle de service public, en mettant en place une péréquation interne à la compagnie, comme la rappelé ce dernier, et se prépare à la concurrence avec l’arrivée d’Islands airline.

En attendant, les tarifs de la compagnie historique sont restés stables depuis trois ans, même si la future concurrence devrait utiliser non plus deux Embraer (le concurrent brésilien d’ATR) comme annoncé mais quatre Bombardier (le concurrent canadien d’ATR), soit deux avions à réacteurs et deux turbopropulseurs pour desservir les ISLV, Rangiroa et Hao, Tubuai et Nuku Hiva et les Gambier, comme a annoncé l’actionnaire Bill Ravel, joint hier par téléphone.

Cette dernière annonce des prix de 15 à 20 % moins élevés. Le premier des avions devrait arriver en mai-juin 2020. Les premiers vols devraient démarrer dans la foulée, assure Bill Ravel.

Enfin, Air Tahiti remplacera son système informatique de gestion des passagers (PSS ou système de gestion des passagers), au début de l’année 2020, et vient de signer un contrat avec Amadeus, l’un des plus grands fournisseurs dans le secteur des technologies de l’information pour l’industrie du voyage.

Le transporteur aérien inter-îles de la Polynésie française cherche à améliorer l’expérience de ses passagers dès la réservation, en offrant un moteur de réservation en ligne et un système d’enregistrement web, qui seront plus simples à utiliser et qui seront disponibles sur les dispositifs mobiles.

Il sera également possible de modifier, d’annuler et de rembourser les billets en ligne. Plus tard, de nouveaux services seront également mis en place, assure-t-on. Aujourd’hui, les ventes sur internet représentent 20 % des réservations, des réservations essentiellement touristiques. Des chiffres qui devraient prendre leur envol aussi, dans les années à venir.

 

Christophe Cozette

 

Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti : “La vente d’un appareil est un processus assez complexe”

Manate Vivish

 

Un avion comme celui-là se revend bien ?

“En ce moment pas trop. Les ATR-72 n’ont pas trop la côte sur le marché. C’est comme les voitures. Il y a des moments où les avions se font rares et les compagnies en cherchent, et d’autres moments où ils se font moins rares. La série 600 a remplacé la 500, et il y a eu un fort engouement pour les 600.

Mais nous avons plutôt bien tiré notre épingle du jeu. La vente d’un appareil est un processus assez complexe. La compagnie qui vient prendre possession de l’appareil passe en revue l’intégralité de la documentation, avec tout l’historique, de sa construction jusqu’à la vente. Tout ce qui équipe l’appareil fait l’objet d’une vérification de l’acquéreur, avec des experts, au sol comme en vol, où nous allons chercher les limites de l’appareil.”

 

Il est assez jeune. Pourquoi le vendre ?

“La différence notable entre ceux deux appareils, sont les équipements du cockpit. L’interface homme-machine a totalement évoluée. Nos pilotes devaient connaître les deux fonctionnements. Un moment, il nous fallait franchir le pas, et d’avoir des équipages que d’un type d’ATR.”

 

La flambée touristique vous a-t-elle obligés de changer vos vols ?

“Oui. Nous avons introduit un ATR 72 supplémentaire dans la flotte. Nous avons leaser, au mois d’avril, un nouvel appareil. Pourquoi le leasing ? Car l’arrivée de notre concurrent nous a incités à la prudence. Nous étions dans la possibilité d’acquérir l’appareil. Ce que nous pouvons faire jusqu’en 2022. C’est plus souple pour nous.

Et nous avons augmenté nos rotations sur les destinations touristiques, en général. Nous avons anticipé l’arrivée de ces nouvelles compagnies aériennes internationales, pour être en mesure de répondre à la croissance du tourisme. Il était important qu’Air Tahiti remplisse sa mission, et de ne pas être un frein à l’activité touristique.

Nous avons d’ailleurs renforcé nos capacités de remplissage. Nous avons recruté des pilotes et du personnel au sol aussi pour cela.”

 

Propos recueillis par Christophe Cozette

 

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