Airbus va doter ses A350 et A380 de boîtes noires éjectables et flottantes

lundi 12 janvier 2015

Airbus va doter ses A350 et A380 de boîtes noires éjectables et flottantes, une réponse concrète à la difficulté de retrouver les épaves d’avions abîmés en mer comme le Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu dans l’océan Indien.
Cette technologie, déjà éprouvée dans le domaine militaire, faisait partie des recommandations des enquêteurs français après le crash du Rio-Paris d’Air France survenu en juin 2009 car il avait fallu près de deux ans pour repêcher ces enregistreurs de vol, plus connus sous la dénomination « boîtes noires » en référence au fait que leur contenu protégé est inaccessible aux non-initiés.
En outre, si l‘une des deux boîtes noires de l’A320 d’AirAsia, qui s’est abîmé en mer de Java le 28 décembre, a été repêchée lundi, le Boeing de la Malaysia, accidenté le 8 mars 2014, reste introuvable à ce jour malgré des recherches en mer de grande ampleur.
L’utilisation d’enregistreurs de vol éjectables n’était pas particulièrement d’actualité avant 2009. Les accidents survenant alors en phases de décollage ou d’atterrissage, ceux-ci étaient facilement détectables.
« Airbus a obtenu en fin d’année dernière le feu vert de l’AESA (Agence européenne de la sécurité aérienne) pour travailler sur les modifications de ses avions nécessaires à l’installation de ces nouvelles boîtes noires à l’arrière des avions », a indiqué lundi à l’AFP une source proche de l’avionneur européen.
Il faut notamment « modifier la trappe située dans la dérive de l’avion », a-t-elle ajouté.
Airbus entend équiper en priorité ses avions de dernière génération, l’A350 et l’A380, utilisés pour des vols transatlantiques.
De son côté, un porte-parole de l’AESA a confirmé que l’agence travaillait à « la mise à jour du règlement de certification dit CS 25 (CS pour Certification Specifications, 25 pour les avions de transport commercial) pour que celui-ci prenne en compte cette possibilité » d’équiper les avions de cette nouvelle technologie. « La modification est généralement rapide », a-t-il précisé même si cela pourrait prendre plusieurs mois.
Les enregistreurs de vol ont été introduits dans l’aviation à partir des années 1960.
Chaque avion commercial possède deux boîtes noires, appelées FDR (Flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder) qui enregistrent respectivement tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) et les conversations du cockpit ainsi que tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. 
Leur lecture permet d’expliquer près de 90% des accidents d’avions.
« L’idée est de modifier les boîtes noires afin que chacune enregistre à la fois les paramètres de vol et les conversations. L’une serait éjectable, l’autre non », a expliqué à l’AFP la source proche d’Airbus.

Vers une boîte noire équipée d’un airbag

La boîte noire éjectable serait équipée d’un système d’airbag lui permettant de flotter lors d’un crash en mer, ce qui permettrait de récupérer les précieuses données tout en ayant un point d’impact précis pour localiser l’épave.
Équiper les avions de lignes de cette technologie est sur la table au vote, début février, des membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). C’est une des recommandations du groupe de travail sur le suivi des avions en vol.
« Nous soutiendrons des efforts (d’Airbus) pour améliorer la capacité de ses avions à être localisés dans des situations de détresse, si les solutions proposées sont égales ou supérieures aux standards de l’OACI », a indiqué le porte-parole de l’organisation, Anthony Philbin. 
De son côté, le constructeur américain Boeing a indiqué à l’AFP qu’il soutenait « activement l’industrie dans ses efforts pour améliorer la localisation des avions en cas d’accident » mais estime que « les enregistreurs éjectables nécessitent davantage d’études » pour déterminer les conséquences imprévues lors de l’éjection.
Outre ce dispositif, l’industrie travaille sur la traçabilité des avions en temps réel.
Depuis le Rio-Paris, la balise équipant les boîtes noires, qui se déclenche en cas d’immersion, est capable d’émettre un signal à ultrason toutes les secondes pendant 90 jours contre 30 jours auparavant.
Pour autant, rien oblige les compagnies à se doter de balise à émission prolongée.
L’autre voie envisagée est le pistage en temps réel des avions ou la transmission automatique des données de vol.
L’OACI devrait ainsi également recommander début février un report toutes les quinze minutes de la position des appareils contre 30 minutes aujourd’hui ; et même toutes les minutes en cas d’anomalie dans la trajectoire prévue.
Air France va, elle, déjà plus loin puisque la position de tous ses avions est reportée toutes les dix minutes et toutes les minutes en cas d’anomalie.

AFP

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