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Aires marines protégées : Une efficacité malmenée

mardi 10 septembre 2019

Le PGEM de Moorea comprend cinq aires marines protégées (AMP) interdites à la pêche (en orange) et trois AMP partiellement protégées (en jaune). Les chercheurs démontrent que seules les AMP interdites à la pêche sont efficaces écologiquement. Photo : Criobe

Le PGEM de Moorea comprend cinq aires marines protégées (AMP) interdites à la pêche (en orange) et trois AMP partiellement protégées (en jaune). Les chercheurs démontrent que seules les AMP interdites à la pêche sont efficaces écologiquement. Photo : Criobe


Des chercheurs du CNRS Criobe viennent de publier une évaluation de l’efficacité des aires marines protégées (AMP) de Moorea selon leur niveau de protection, avant la mise en place du Plan de gestion de l’espace maritime et neuf ans après. Les résultats montrent qu’il est primordial de mettre en place des aires marines protégées entièrement protégées (interdites à toute pêche), plutôt que des AMP autorisant certaines formes de pêche. Un haut de niveau de protection est nécessaire pour atteindre les objectifs de conservation fixés, dans un contexte socioéconomique complexe.

La science est claire, les aires marines hautement protégées sont efficaces, les autres, comme les aires partiellement protégées ou encore les aires marines gérées, ne le sont pas.

À Moorea, la biomasse de poissons à valeur commerciale a augmenté depuis la mise en place du Plan de gestion de l’espace maritime (PGEM), essentiellement grâce aux aires marines protégées (AMP) interdites à la pêche.

La densité et la biomasse y ont augmenté respectivement de 43 et 31 %, tandis qu’aucune augmentation significative n’a été relevée dans les AMP partiellement protégées, où les restrictions de pêche s’appliquent uniquement à des techniques de pêche ou à la capture de certaines espèces.

Selon les auteurs de cette analyse, le manque de respect des réglementations établies, la faible surveillance et le manque de moyens des équipes de gestion limiteraient les bénéfices écologiques des AMP établies.

L’invasion de taramea (Acanthaster planci) ou étoiles de mer mangeuses de corail et le cyclone Oli seraient par ailleurs responsables d’une diminution dramatique de 90 % de la couverture corallienne et d’une augmentation de la couverture algale de 34 % entre 2006 et 2010.

Les scientifiques concluent qu’il est donc nécessaire de suivre les effets de l’AMP mise en place et d’adapter les règles de gestion en fonction des résultats obtenus et du type d’AMP le plus efficace, en l’occurrence les AMP interdites à la pêche.

Ces résultats à l’échelle locale sont cohérents avec une méta-analyse réalisée en 2018 sur 49 AMP dans le monde. Cette étude, référence en la matière, confirme que les aires marines entièrement ou hautement protégées, c’est-à-dire interdites à la pêche, procurent des bénéfices écologiques conséquents, tandis que les aires marines partiellement protégées ont un intérêt écologique uniquement lorsqu’elles sont adjacentes à une AMP hautement protégée.

Ces résultats s’appliquent pour tous les types d’écosystèmes marins et d’AMP, aussi bien tropicaux que tempérés, côtiers que pélagiques.

Selon Joachim Claudet, chercheur au CNRS-Criobe et co-auteur des deux études, “les aires marines entièrement protégées, ou zones no-take interdites à la pêche, apportent le plus de bénéfices écologiques. Concernant les aires marines partiellement protégées ou les aires marines gérées, aucun bénéfice écologique direct ne peut être attendu, car l’impact des activités autorisées sur la biodiversité et les habitats reste trop important. Mais ce type de zones de gestion peut toujours être utilisé par les gestionnaires pour des campagnes de sensibilisation. Elles peuvent aussi être un point de départ pour travailler avec les parties-prenantes en vue de renforcer le niveau de protection.

Dans la plupart des cas, les bénéfices écologiques des AMP vont générer par la suite des bénéfices sociaux et économiques. La preuve scientifique de ces bénéfices écologiques permet en outre de justifier la mise en place de ces réglementations et de mobiliser la population pour un meilleur respect des réglementations.”

 

LDT

 

Suivi des récifs coralliens réalisé par le Criobe à Moorea, ici la station de Haapiti. Photo : Matthieu Reynaud

Suivi des récifs coralliens réalisé par le Criobe à Moorea, ici la station de Haapiti. Photo : Matthieu Reynaud

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