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Alcoolisée au volant, elle avait tué un piéton à Hitia’a : un an ferme

vendredi 1 décembre 2017

justice

“Toutes les nuits, je pense à ça”, a expliqué en pleurs, la conductrice. (© Florent Collet)

L’affaire devait passer il y a un mois en comparution immédiate. À l’époque déjà, au-delà de la gravité des faits, avec la mort d’un homme de 58 ans renversé par un véhicule roulant à vive allure, ce sont les poignants remords de E.R., la conductrice de 29 ans, qui avait ému l’auditoire.

En larmes, elle n’avait cessé d’implorer le pardon répétant sans cesse : “C’est moi qui aurais du mourir ! De toute façon, je suis déjà morte à l’intérieur.”

Elle avait été placée en détention en attendant son procès. “Dans cette affaire, il y a la difficulté de la situation de la famille de la victime, mais il y a aussi celle de la prévenue. Il y a des conséquences qui sont dramatiques pour la famille du défunt et pour celle de la conductrice”, a d’ailleurs résumé en préambule le président du tribunal.

Pour mémoire, le 21 octobre dernier, E.R. sort en ville avec des copines. Les bières s’enchaînant, elle en consomme environ trois litres jusqu’à 2 h 30 du matin quand elle décide de reprendre le volant.

Aux gendarmes, elle reconnaît avoir pris conscience qu’elle allait prendre le volant en état d’alcoolémie. “Je voulais vite rentrer et retrouver mon fils et mon mari”, explique la mère d’un bébé de 18 mois.

Elle reconnaît également, pour les mêmes raisons, avoir roulé au-dessus des limites autorisées, à partir du Trou du souffleur, car elle connaissait mieux la route.

C’est donc, selon elle, à 80 km/h qu’elle a percuté au PK 37,7 l’homme de 58 ans qui revenait d’une partie de pêche avec une brouette blanche contenant son poisson.

L’homme sera projeté 20 mètres plus loin, les jambes fracturées, et le crâne enfoncé en retombant sur le sol. En raison de sa combinaison de plongée noire, de l’absence d’éclairage, de la pluie et assurément – de son côté – à cause de l’alcool et de la vitesse, elle entend un choc mais ne voit personne.

Pensant avoir percuté un chien, elle sort de sa voiture, inspecte les lieux et repart sans savoir ce qui a cogné sa voiture. Elle poursuit sa route mais des témoins ayant constaté les faits, la prennent en chasse, se portent à son niveau et lui demandent si elle a percuté un homme.

“C’est là que j’ai compris ce qui s’était passé”, avoue la femme à la barre. Elle refuse pourtant de suivre ceux qui l’ont prise en chasse pour retourner sur les lieux du drame.

“J’ai paniqué”, reconnaît la jeune femme qui, dès son arrivée chez elle, se livre à son mari : “J’ai tué un homme. Il faut que j’aille me dénoncer à la gendarmerie.”

Son mari lui demande d’attendre que la caserne ouvre, et vers 9 h du matin elle s’y rend. L’un des avocats de la famille de la victime explique que celle-ci “ne veut pas accabler la prévenue, mais veut savoir toute la vérité”.

L’autre avocat de la famille reconnaît “la sincérité remarquable de la demande de pardon et de ses regrets”.

Pour le procureur, “malheureusement, une fois encore, le tribunal doit juger un homicide involontaire en raison de l’alcool au volant ”. Et celui-ci d’estimer “insupportable” que la prévenue n’ait pas anticipé la situation.

“C’est une faute indéniable et impardonnable. On ne peut pas revenir en arrière et trop souvent en Polynésie les conducteurs n’intègrent pas que l’on ne doit pas boire quand on doit prendre le volant.”

Le procureur a requis 5 ans de prison dont 1 an avec sursis et mandat de dépôt. “N’ajoutez pas du malheur au malheur”, a plaidé l’avocate de E.P. en rappelant que cette dernière n’avait jusque-là jamais fauté, qu’elle travaillait sérieusement, que son conjoint allait probablement perdre son travail alors qu’ils élèvent deux enfants dont un de 18 mois.

Rappelant que sa cliente était sortie de la voiture au moment du choc, elle a demandé que le délit de fuite ne soit pas reconnu. Elle a été entendue par le tribunal qui a également voulu tenir compte de la gravité des faits mais également de la situation personnelle de E.P. en la condamnant à 2 ans de prison dont un an avec sursis.

Elle devait être libérée hier soir en attendant un rendez-vous avec la juge d’application des peines. Le tribunal a notamment estimé qu’il existait peu de chance qu’elle réitère les mêmes faits.

Appelée à s’exprimer une dernière fois à la barre, E.P., en larme, a une nouvelle fois demandé pardon : “Toutes les nuits je pense à ça .” Des regrets sincères qui ont également provoqué des larmes dans la famille de la victime.

 

F.C.

 

 

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