Alerte aux tsunamis : le centre américain d’Hawaii modifie la chaîne de décisions

jeudi 9 octobre 2014

Le Centre d’Alerte aux Tsunamis pour le Pacifique (Pacific Tsunami Warning Centre, PTWC), basé à Hawaii et compétent pour toute la région, a annoncé en fin de semaine dernière une modification dans son système, qui fait désormais la part belle aux pays et territoires insulaires de la région.
Jusqu’ici, les alertes générées par le centre de Pearl Harbour étaient peu ou prou relayées automatiquement par les piles de la région, en cas de menace de tsunami généré par un puissant séisme sous-marin.
Désormais, à compter du 1er octobre 2014, précise le centre, les alertes seront certes toujours générées et distribuées depuis Hawaii à tous les centres insulaires des pays et territoires de l’Océan Pacifique, mais il appartiendra aux autorités locales de les relayer ou pas, en fonction de leur évaluation de la menace.
Au passage, le centre américain a annoncé le lancement de nouveaux produits destinés à mieux informer les décisionnaires locaux, notamment en matière d’informations et estimations concernant la vitesse de déplacement et la hauteur des éventuelles vagues générées par un séisme sous-marin.
Plusieurs États de la zone s’étaient plaints, ces dernières années, de l’abondance d’alertes qui ne les concernaient pas forcément mais qui, relayées, pouvaient en finale être assimilées à de fausses alertes superflues.
« Avec cette nouvelle initiative, le PTWC prend de fait un rôle plus secondaire en fournissant des avis en lieu et place des précédentes alertes que nous recevions de leur part ces quarante dernières années », a commenté Rajendra Prasad, qui représente la commission intergouvernementale océanographique de l’UNESCO pour le Pacifique Sud, à partir du siège de la SOPAC (désormais intégrée au Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique) à Suva, Fidji.
« Nos prévisionnistes locaux vont donc bénéficier de plus de marge de manœuvre et d’indépendance pour élaborer leurs propres produits et émettre des alertes mieux informées, combinées aux informations locales dont ils disposent. Ce sera plus précis », a-t-il ajouté.
« La plupart des séismes et des tsunamis, dans le monde, se produisent dans l’Océan Pacifique et ses mers limitrophes (…) Au cours de l’histoire, 75 pour cent des tsunamis meurtriers se sont produits dans le Pacifique et parmi ceux-là, 99 pour cent des pertes humaines ont été dues à des tsunamis locaux qui ont frappé en quelques minutes », rappelle pour sa part le PTWC.
Le centre rappelle aussi que pour la seule période 2005-2014, le Pacifique a été le théâtre de six tsunamis destructeurs et meurtriers.
Le PTWC dépend de l’agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration).
 
Jeudi, après un puissant séisme de magnitude 7,1 survenu au large des côtes chiliennes, à 2h14 GMT, cette nouvelle procédure d’information relative à un tsunami potentiel a été inaugurée avec une série de bulletins émis par le PTWC. Cette fois-ci, le séisme, dont l’épicentre a été localisé à une profondeur de 10 kilomètre en-dessous du niveau de la mer, n’a pas généré de vague susceptible de constituer une menace destructrice pour les îles du Pacifique.
 À Samoa, aux Samoa américaines et à Tonga, en fin de semaine dernière, les autorités locales ont organisé des cérémonies commémorant le cinquième anniversaire du tsunami qui avait, le 30 septembre 2009, coûté la vie à plus de 180 personnes.
 
pad

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