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Alexandre Juster fait découvrir l’histoire de la Polynésie en 101 dates

vendredi 21 octobre 2016

livre alexandre juster

Alexandre Juster n’en est pas à son premier ouvrage. Il est notamment l’auteur de La Transgression verbale en Océanie, une étude sur la parole interdite en tahitien et en nengone, langue mélanésienne de Nouvelle-Calédonie. (© DR)

 

Alexandre Juster dispense des cours de civilisation polynésienne à la délégation de la Polynésie française, à Paris. Avec son nouvel ouvrage, L’histoire de la Polynésie française en 101 dates, il propose au lecteur de “partir à la découverte des grands et des petits événements qui ont marqué, tatoué la mémoire des cinq archipels qui forment cette collectivité d’outre-mer”. Un livre pratique, clair et accessible à tous dont il nous parle plus en détail.

 

Qu’est-ce qui a motivé la rédaction de ce livre ?
Ce sont mes étudiants à la délégation de la Polynésie à Paris qui m’ont “réclamé” un livre simple, court et pas cher qui reprendrait les grandes dates de l’histoire polynésienne.
Il faut bien reconnaître qu’il n’y avait aucun livre qui compile de cette manière les 2 000 ans d’histoire de ce qui allait être la Polynésie française. Alors j’ai voulu modestement combler ce vide.

Pourquoi 101 dates ?
D’abord, je ne voulais pas finir sur “100”. Avec un chiffre rond, c’est comme si je voulais mettre l’histoire dans un cadre, la borner, lui mettre un point final. Mais elle est en perpétuelle évolution.
Il y a en fait “100 et quelques dates” dans ce livre. J’ai écrit un chapitre par date, et dans un chapitre, il y a en définitive plusieurs dates.
Je ne peux pas, par exemple, parler de l’arrivée de la télé le 15 octobre 1965 et passer sous silence le premier journal télévisé en tahitien en 1984 ou la création de TNTV en 2000.
Ou pour prendre un autre exemple, comment ne pas revenir sur le retour du Bataillon du Pacifique le 5 mai 1946 lorsque je présente le débarquement en Provence de ce même bataillon, le 15 août 1944 ?

Qu’est-ce qui fait la particularité de cette chronologie ?
Premièrement, elle couvre tous les archipels. Quand ici on parle (un peu) de l’histoire polynésienne, on ne s’attache qu’aux événements qui se sont produits à Tahiti.
J’ai voulu rééquilibrer un peu tout cela en mettant également en avant les guerres menées par les guerriers de Anaa aux Tuamotu, mais aussi de la première greffe effectuée à Hikueru en 1961, des Néo-Zélandais qui ont failli annexer Rapa aux Australes au milieu du XIXe siècle, ou encore de la déportation aux Marquises des opposants à la présence française pendant la guerre des îles Sous-le-Vent en 1897.

L’autre particularité est que je couvre toute l’histoire. Bien souvent, et c’est aussi valable pour la Nouvelle-Calédonie, on présente l’histoire de cette manière : on parle de l’arrivée des premiers habitants, puis, tout de suite après, de la “découverte” de ces îles par les navigateurs européens !
Et entre ces deux faits historiques, rien ! Et pourtant, en se penchant sur les recherches archéologiques, la littérature orale et les premiers témoignages des popa’a, on apprend beaucoup de choses.

Par exemple, la mise à sac du marae Taputapuatea par les soldats du chef Puni de Bora Bora, l’occupation de la vallée de Opunohu à Moorea au XIIIe  siècle ou encore, à la même époque, la découverte de la Nouvelle-Zélande par les navigateurs des îles Sous-le-Vent.
Enfin, j’ai tenu à re-océaniser l’histoire. Tahiti n’a pas été “découverte” par Samuel Wallis, mais par les navigateurs polynésiens. Et ce sont les Tahitiens qui ont découvert Wallis. Ce ne sont pas les GI’s qui ont débarqué à Bora Bora en 1943, mais plutôt cette île qui les a accueillis.

Enfin, il n’y a aucune idée indépendantiste ou politique lorsqu’on emploie le terme de “résistants” pour décrire ceux qui se sont opposés à la présence française pendant la guerre des îles Sous-le-Vent. Il faut, je pense humblement, dépassionner et dépolitiser des événements historiques polynésiens lorsque la France y est mêlée.
On y arrive petit à petit, et la prochaine réhabilitation de Pouvana’a œuvre dans ce sens.

À qui s’adresse ce livre ?
Par son prix, moins de 2 000 F, à tout le monde ! C’est un livre tout public, les collégiens, les étudiants peuvent s’en servir comme support pour trouver rapidement une date précise.
Il est aussi destiné aux résidents et aux nouveaux arrivants, qui veulent en savoir davantage sur la terre qui les accueille.

Et enfin, il est écrit aussi pour celles et ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire et se replonger dans les événements qu’ils ont connus ou que leurs parents leur ont racontés.
Il n’y a pas que des événements rébarbatifs ou ennuyeux, je parle aussi de la renaissance de la danse tahitienne, de la première liaison aérienne internationale ou encore de la compétition de beach soccer à laquelle nos Tiki Toa ont brillé ! Car cela fait aussi partie de l’histoire du fenua.

Où peut-on se le procurer ?
Hormis un célèbre site Internet de vente en ligne, où il est en tête du rayon “Océanie”, on le trouve depuis cette semaine dans les librairies de Papeete qui viennent tout juste de le recevoir.
Un distributeur le proposera également très vite dans les semaines qui viennent dans les rayons des supermarchés, ainsi qu’auprès des petits détaillants dans toute la Polynésie. C’est juste à temps pour faire un cadeau de Noël utile et bon marché !

Propos recueillis par V.H.

 

alexandre juster

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