Alexis Atamu mise sur le bio

jeudi 30 juillet 2015

À 53 ans, Alexis Atamu est un bel exemple de réussite dans le domaine de l’agriculture biologique. Après avoir découvert les rudiments de l’agriculture auprès de son père, il s’est tourné vers la maçonnerie, avant de se lancer dans la vanilliculture, il y a une dizaine d’années, profitant de l’étendue de ses terrains, dans le quartier Aoma, à Toahotu. 
“Je me suis lancé dans l’agriculture, comme je n’avais pas de travail. C’est un métier que j’aime”, précise-t-il. Alexis Atamu possède, aujourd’hui, deux vanilleraies : l’une, accolée à sa maison, d’une superficie de 500 m2, et l’autre, plus petite, construite il y a deux ans. “En ce moment, de juin à septembre, je marie la vanille tous les matins. Ça représente, à peu près, 60 fleurs par jour, mais ça peut monter jusqu’à 400”, confie-t-il. 
Mais le petit producteur l’avoue, ses revenus, essentiellement basés sur la récolte annuelle de la vanille, étaient souvent insuffisants. 

Un complément de revenu

C’est donc très logiquement qu’il a souhaité développer des cultures maraîchères biologiques, en parallèle de son activité première, suite à sa rencontre avec Noël Choune, ancien responsable du développement de l’agriculture biologique au ministère de l’Agriculture, membre de l’association Bio Fetia et de son antenne locale sur la Presqu’île, Bio Marama. 
“J’assure la formation, comme à Arue et Mahina, pour les jardins partagés et les potagers familiaux. Alexis est venu chez moi, il a observé et après, il a mis en application. Quand il plante, je viens pour voir comment cela se passe”, explique Noël Choune. 
L’agriculteur de Toahotu privilégie ainsi les cultures hors-sol, lui permettant de produire plus facilement une multitude de légumes, ainsi que quelques fruits, tout en respectant les principes de l’agriculture biologique. “C’est l’exemple typique du potager familial, avec l’excédent qui est commercialisé comme complément de revenu”, ajoute Noël Choune. 
En effet, Alexis Atamu écoule le surplus de sa production au marché de Taravao, par l’intermédiaire de son épouse, présente sur place en tant qu’artisane. En parallèle, il confectionne des paniers garnis, au tarif de 2000 francs, qu’une partie de sa clientèle vient directement récupérer chez lui. “Noël, c’est un bon professeur. Grâce à lui, je me suis amélioré”, confie Alexis Atamu. Les méthodes de fabrication de fertilisants et de répulsifs naturels comptent notamment parmi les trucs et astuces enseignés par son “frère bio”. 

“Un retour à l’agriculture traditionnelle”

Dans cette optique, Alexis Atamu élève une quarantaine de poules pondeuses et une petite dizaine de lapins, producteurs d’engrais à plein-temps et à domicile. 
“ça évite d’aller à chaque fois chercher la matière première ailleurs”, souligne Noël Choune. À partir de ces déchets organiques, et en plus de son compost végétal, Alexis réalise lui-même ses propres traitements, à base d’algues et de noni pour les fertilisants, ou bien d’huile, d’ail et de vinaigre blanc pour les répulsifs. 
“Au début, c’était dur, mais maintenant, j’ai pris l’habitude”, précise-t-il. En parallèle, le producteur pratique la technique du paillage, avec des palmes de cocotier ou des tiges de vétiver, afin notamment de limiter la consommation en eau, en alternance avec des bâches en plastique maintenues au sol à l’aide de bourres de coco. 
“C’est un retour à l’agriculture traditionnelle”, analyse Noël Choune au sujet de cet ensemble de techniques spécifiques à l’agriculture biologique. Et d’ajouter : “Je pense que pour le développement d’une agriculture saine, entre le bio, qui est la finalité, et l’agriculture chimique, il y a une étape intermédiaire, grâce aux intrants organiques”. Pour Noël Choune, favoriser l’importation de ces intrants permettrait en effet de développer un mode de culture plus respectueux, tant d’un point de vue sanitaire qu’environnemental. 
Pour l’heure, Alexis Atamu, qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, prévoit d’étendre ses cultures afin d’augmenter sa production. Il dispose actuellement d’un employé en CAE., en espérant pouvoir embaucher à l’avenir et “donner du travail aux jeunes”. “Avec un plan d’accompagnement, ça marche”, insiste Noël Choune, faisant d’Alexis Atamu un modèle de réussite et un exemple à suivre. 

A.-C.B. 

Maruoi 2015-08-01 08:09:00
Félicitation à Alexis et à son professeur
fabi 2015-08-01 02:15:00
Bravo Monsieur
vous avez tout compris
grâce à votre initiative les gens qui se nourrissent de Bio se porteront au mieux....
J'adhère à 100%
kuklus987 2015-07-30 20:45:00
Moi j''aime et aimerais savoir si Noël fait des formation pour l''agriculture bio ou traditionnel... Merci
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