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Allemagne – L’extrême droite promet une “nouvelle ère”

mercredi 25 octobre 2017

Bernd Baumann, l’un des représentants des 92 députés du parti anti-immigration Alternative  pour l’Allemagne. (Photo : John Macdougall/AFP)

Bernd Baumann, l’un des représentants des 92 députés du parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne. (Photo : John Macdougall/AFP)

L’extrême droite allemande a promis, hier, une “nouvelle ère” dans le pays lors de ses débuts à la chambre des députés à Berlin, où, elle a aussitôt suscité la polémique en comparant son sort à celui des victimes du nazisme dans les années 1930.

“Le peuple a décidé, une nouvelle ère débute maintenant”, a lancé Bernd Baumann, l’un des représentants des 92 députés du parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD), lors de la séance inaugurale du nouveau Bundestag, la chambre basse du Parlement, issue des élections législatives du 24 septembre.

Jamais, depuis l’après-guerre, le Parlement national allemand n’avait compté autant d’élus de droite nationaliste, une césure pour le pays.

D’emblée, l’AfD a versé dans la provocation en se disant ostracisée et se comparant aux victimes des méthodes nazies.

Baumann a dénoncé “les manœuvres” visant à empêcher qu’un député AfD ne prononce le discours d’ouverture au Bundestag. L’irruption de l’extrême droite préfigure un changement dans la vie politique allemande, habituée depuis des décennies à des échanges policés entre partis ayant tous gouverné ensemble dans des coalitions rendues nécessaires par un scrutin proportionnel.

Vainqueur, avec son parti conservateur, des législatives, Angela Merkel est très affaiblie, à l’orée de son quatrième mandat, par le plus mauvais score enregistré par son camp depuis 1949.

L’AfD est la troisième force politique du nouveau Bundestag. Avec 12,6 %, elle a réalisé un score inédit pour un parti de ce type dans l’histoire d’après-guerre, surfant sur le mécontentement des électeurs face à l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile.

 

Élection du président

 

Cette première session a aussi été l’occasion d’élire président du Bundestag, le conservateur Wolfgang Schäuble, 75 ans, qui a appelé les élus à “éviter de se battre, y compris verbalement”.

La journée a aussi été marquée par la passe d’armes autour de l’élection des vice-présidents, chacun des six groupes parlementaires, l’AfD y compris, pouvant en avoir un. Seul le candidat d’extrême droite n’a pas été élu, une majorité de députés rejetant à trois reprises la candidature d’Albert Glaser, qui avait qualifié l’islam “d’idéologie”, non couverte par la liberté de religion.

“L’Islam veut non seulement réglementer les questions de foi, mais aussi le droit et la société. Il ne s’agit pas de liberté de religion”, a lâché dans un Tweet, sa collègue Beatrix von Storch, petite-fille du ministre des Finances d’Adolf Hitler, Lutz Schwerin von Krosigk.

L’arrivée de cette formation au Parlement constitue un choc pour une large partie de l’opinion allemande, toujours hantée par les crimes nazis. L’un des deux chefs de file de l’AfD au Bundestag, Alexander Gauland, a promis d’y “mener la chasse” à Angela Merkel. Dans l’immédiat, le Bundestag n’aura pas grand-chose à faire, le gouvernement actuel d’Angela Merkel entrant formellement mardi prochain en “affaires courantes” jusqu’à ce qu’un nouveau soit formé.

De difficiles tractations ont débuté entre les conservateurs de la chancelière, les libéraux du FDP et les Verts. Elles devraient durer jusqu’à la fin de cette année, voire se prolonger en 2018.

AFP

 

 

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