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Allocations sous conditions : les explications

vendredi 8 février 2019

Mata W et Jacques R

Le ministre de la Santé, Jacques Raynal et Mata Williams, directrice de l’école de sage-femmes de Polynésie, ont décrypté les nouvelles mesures d’attribution des allocations en lien avec la maternité.

Comme nous l’évoquions dans notre édition papier de jeudi, le conseil des ministres a validé trois arrêtés mercredi matin portant sur les nouvelles conditions d’attribution des allocations prénatales et de maternité. À compter du 1er mars, toutes les femmes enceintes recevront le nouveau carnet de suivi de grossesse, délivré par la CPS. Celui comptera désormais huit volets au lieu de six actuellement. Ces volets dûment remplis conditionnent le versement des allocations.
Le premier volet ajouté a été nommé EPP pour “entretien prénatal précoce”. Il a pour objectif d’inciter les femmes et couples à se rendre entre le 4
e mois de grossesse et le 8e mois à un entretien avec une sage-femme. “Pour que les femmes se rendent à cet entretien, nous avons mis en place une nouvelle allocation de 5000 F qui sera versée à la suite de l’EPP”.

Cet entretien a plusieurs buts, tout d’abord celui de favoriser la détection des situations de détresse et de violence dans le cadre de la maternité. “Nous avons choisi de mettre en place cet entretien au 4e mois de grossesse car c’est généralement un mois clivant au sein du couple. La grossesse se voit, chacun commence à prendre conscience de l’arrivée de l’enfant, des soucis peuvent surgir au sein du couple, d’ordre social, financier ou même plus grave et il est important qu’un professionnel de santé puisse déceler ces problématiques, libérer la parole des uns et des autres et inciter les femmes à se rendre aux huit séances de préparation à la naissance et à la parentalité qui sont déjà entièrement prises en charge aujourd’hui”, explique le ministre de la Santé.

L’autre objectif de cet entretien prénatal précoce est expliqué par Mata Williams, directrice de l’école de sage-femme de Polynésie. “Aujourd’hui, dans le suivi médical classique des grossesses, beaucoup d’efforts ont été faits et ont porté leurs fruits, notamment avec le nombre d’échographies minimum à réaliser tout au long de la maternité, car même les couples en difficulté s’y astreignent, grâce aux allocations qui sont soumises aux déclarations des professionnels de santé. Par contre en parallèle au suivi médical, il y a la préparation à la naissance et à la parentalité dont huit séances sont recommandées et totalement prises en charge par la CPS mais qui, aujourd’hui, sont mal exploitées et aussi mal diffusées par les professionnels de santé qui n’orientent pas assez vers cette préparation. Sans avoir de chiffres réellement écrits, on pense que ses préparations à l’accouchement sont suivies par environ 30 % des femmes. Or, grâce à l’entretien prénatal précoce qui mettra l’accent sur ces séances de préparations, cela permettra aux sages-femmes de pouvoir savoir ce qui se passe bien, ce qui se passe mal, d’expliquer le rôle de chacun, de parler peut-être des traumas liés des grossesses antérieures qui nécessitent d’être verbalisées et surtout de suivre les femmes pour pouvoir répondre à tous les problèmes auxquels elles pourront être confrontés.”

 

Consultation obligatoire

 


Enfin, l’autre volet ajouté au carnet de maternité de la CPS est une consultation postnatale obligatoire, à distance de l’accouchement puisqu’elle devra être organisée entre la sixième et la dixième semaine après l’accouchement. Celle-ci conditionnera le versement de l’allocation qui, jusqu’à présent, était versée dès l’accouchement. Le ministre de la Santé et Mata Williams expliquent cette mesure. “Quand l’enfant est là, qu’il a deux mois, des perturbations ont pu s’installer au sein du couple en raison de son arrivée. Des violences latentes peuvent être exacerbées, il peut y avoir des passages à l’acte ou des perturbations sociales, avec des personnes qui peuvent avoir du mal à joindre les deux bouts, etc. Il est important de pouvoir les détecter tôt pour que la maman soit réorientée vers un médecin si besoin, ou vers les services sociaux qui peuvent débloquer certaines aides pour les aider”, précise Jacques Raynal. De son côté, Mata Williams voit cette nouvelle consultation obligatoire comme un levier pour informer correctement les femmes sur les potentielles grossesses liées au retour de couche et qui ne sont pas forcément désirées.

En tant que professionnelle, nous connaissons les trois périodes à risque de grossesses non désirées, lors du premier rapport sexuel, au retour de couche et à la pré-ménopause. En 2017, l’hôpital avait enregistré 2 500 naissances dont plus de 250 avaient eu lieu moins d’un an après l’arrivée du premier enfant. Grâce à cette consultation obligatoire, les sages-femmes vont pouvoir informer correctement les femmes sur la contraception possible, à prendre après un accouchement, et sur les risques. Le but étant que les grossesses soient désirées.”
Pour mettre ce dispositif en place, l’hôpital a installé un groupe de travail dans lequel Mareva Tourneux collabore avec des sages-femmes de tous horizons. Celles-ci seront formées dès cette semaine à cet entretien prénatal précoce. Une formatrice de l’Hexagone, présente actuellement, leur dispensera trois jours de formation.

Jen.R.

 

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