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Un an de prison avec sursis requis contre trois membres du personnel d’Air Moorea

mercredi 4 octobre 2017

air moorea tribunal

Les avocats de la défense ont tous plaidé la relaxe. (© Florent Collet)

L’ombre du crash d’Air Moorea a plané, hier matin, au-dessus de la grande salle d’audience du tribunal où comparaissaient un pilote, un mécanicien et un contrôleur de production de la compagnie.

Ce dernier est d’ailleurs également renvoyé devant le tribunal correctionnel dans l’affaire du crash d’Air Moorea.

La compagnie Air Moorea en tant que personne morale était également devant le tribunal, mais son directeur général, Manate Vivish, n’était pas présent. Une absence critiquée par le président du tribunal et le procureur.

“J’aurais aimé qu’il soit là pour préciser certains éléments sur l’organisation de l’entreprise. Quand on parle d’anarchie dans la compagnie, j’aurais aimé avoir son avis personnel”, s’est ainsi irrité le juge Martin.

Dans les faits, exposés de façon très technique, entre procédures complexes et mécanique aéronautique, il ressort qu’un copilote en formation s’était inquiété de la raideur des commandes du twin otter qui assurait la rotation vers la Terre des hommes en plein Festival des Marquises, quelques mois après le crash d’Air Moorea.

Pour le mécanicien, prévenu dans cette affaire, cette difficulté, toute subjective, était due au remplacement récent d’une chaîne.

Le pilote, lui, n’avait pas signalé le problème tout de suite et ne l’avait fait qu’avant une révision complète de l’appareil. À ce moment-là, le câble à l’origine de cette dureté dans les commandes avait été retrouvé en dehors de la poulie où il devait se trouver, avec un degré d’usure bien trop important puisqu’il était effiloché.

“S’il avait cédé, c’est une nouvelle catastrophe aérienne, au pire moment, quand on attend de la compagnie qu’elle surveille de manière accrue la maintenance des appareils. Il est difficile d’expliquer un tel dysfonctionnement”, s’est indigné le procureur, lors de ses réquisitions.

 

“C’est une question d’argent”

 

Ce dernier a reproché au mécanicien d’avoir maintenu l’avion en circulation sans avoir vérifié le cheminement des câbles suite au problème signalé par les pilotes et d’avoir minimisé les choses.

Enfin, concernant le contrôleur de production, il lui est reproché de ne pas avoir opéré correctement le contrôle des procédures et “validé un travail qui n’a pas été vérifié par une personne habilitée”, a estimé le procureur, selon qui la situation de l’entreprise dans les mois qui ont suivi le crash et la suspension de sa licence de vol n’est pas étrangère à des dysfonctionnements.

“C’est une question d’argent où l’on n’hésite pas à mettre en danger la vie des personnes”, a estimé le procureur, qui a requis un an de prison avec sursis à l’encontre des trois prévenus, un an d’interdiction d’exercer contre le chef de production et le mécanicien, et trois ans contre le pilote. Il a également demandé l’amende maximum, soit 1,5 million de francs, à l’encontre d’Air Moorea.

Les avocats de la défense, eux, ont tous demandé la relaxe, se basant notamment sur le Bureau d’enquêtes et d’analyses, qui expliquait que la dureté des commandes n’était pas un incident susceptible de créer un accident. 

F.C.

 

nicolas fourreau

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