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Un an d’inéligibilité requis contre Gaston Tong Sang

mercredi 26 octobre 2016

Le vice-procureur a requis un an de prison avec sursis, 2 millions de francs d’amende et un an d’inéligibilité contre l’ancien président du Pays et actuel représentant à l‘assemblée, Gaston Tong Sang. (© Bertrand Prévost)

Le vice-procureur a requis un an de prison avec sursis, 2 millions de francs d’amende et un an d’inéligibilité contre l’ancien président du Pays et actuel représentant à l‘assemblée, Gaston Tong Sang. (© Bertrand Prévost)

 

 

Hier, comparaissaient au tribunal trois personnages clefs de l’actualité de l’année 2008. Clarenntz Vernaudon, Gaston Tong Sang et Fernand Roomataaroa.
Trois personnages pris dans une étrange danse du “je t’aime moi non plus” pour faire tenir un gouvernement debout, lui qui, à peine mis en place, comptait déjà les jours qui le séparaient de sa chute.

Motions de défiance, motion de censure, toutes ses péripéties qui remplirent les journaux et, par un effet de vase communicant, firent douter de la probité de la classe politique.
Pour Fernand Roomataaroa comme pour Gaston Tong Sang, c’est de l’inéligibilité qui est en jeu.
En mai 2008, Fernand Roomataaroa, pour la première fois élu à l’assemblée de la Polynésie française, se trouve au cœur des intrigues politiques en devenant, bien malgré lui  et ses siestes en séances, la 29e voix.

Son cabinet est bien garni, très bien garni… à vrai dire, trop bien garni, ce qui incite la chambre territoriale des comptes à se pencher sur la question.
Pour rester président, Gaston Tong Sang avait alors dû avaler les couleuvres d’Émile Vernaudon, président d’un Ai’a Api sur la fin.
Le deal était de remplacer Haamoetini Lagarde au ministère de l’Agriculture pour y asseoir confortablement la 29e voix, Fernand Roomataaroa.
Pour que cette dernière accepte, la promesse lui est faite que les personnes qui travaillent dans son ministère seront reprises auprès de l’élu des Australes.

Chose promise, chose due. Et tant que l’enveloppe budgétaire dédiée au paiement des salariés des cabinets ministériels n’explose pas, après tout, peu importe de mettre quelqu’un de parfaitement incompétent comme chargé de mission ou de placer une couturière comme secré-taire.
Suite à des dénonciations anonymes, au rapport de la chambre territoriale des comptes et surtout à une interview de Fernand Roomataaroa, qui balance tout sur les inactifs de son cabinet, une enquête est ouverte.

Hier, les trois hommes étaient au tribunal pour détournement de fonds publics par personnes dépositaires de l’autorité publique.

 

Peut-être en sureffectif

 

 

À la barre, les trois hommes n’en imposent pas autant qu’il y a sept ans, à l’époque des faits. Fernand Roomataaroa a laissé tomber le costume pour le style short-sandales, alors que Gaston Tong Sang et Clarenntz Vernaudon sont à peine audibles lors de leurs déclarations.

Ils doivent s’expliquer sur l’embauche de neuf personnes (six au ministère de l’Agriculture et trois au ministère des Sports) qui ne cadrent pas.
“La délibération de 1995 ne limitait pas le nombre de personnes dans les cabinets ministériels”, justifie alors Gaston Tong Sang qui prend la parole en premier. “J’ai conservé ces personnes dans le respect de l’enveloppe budgétaire. (…) Il y a des ministres de terrain, c’est pour cela qu’ils sont plus nombreux dans leurs cabinets. Nous sommes peut-être en sureffectif, c’est tout.”
Fernand Roomataaroa ne se concentre, quant à lui, que sur ses motivations de l’époque. “Mes électeurs des Australes ne comprenaient pas que je ne sois pas ministre”, expliquait-il hier.

Pauvres, chers électeurs à qui l’on fait encore supporter le poids d’une décision nombriliste.
Et l’élu de Rurutu de poursuivre : “Si je n’avais pas eu ce ministère, je n’aurais pas fait tomber le gouvernement.”
Concernant les embauches qu’il avait dénoncées lui-même par voie de presse, il a préféré reconsidérer la question.

“Certaines personnes n’avaient pas les compétences, mais cela ne veut pas dire qu’elles ne faisaient rien.”
Clarenntz Vernaudon, qui aura récupéré dans son ministère trois des contrats négociés entre le Ai’a Api et Gaston Tong Sang, expliquera lui aussi que ces personnes ont bien travaillé.
Les auditions en 2009 étaient pourtant édifiantes : une secrétaire sans bureau, “une quarantaine de personnes pour seulement une quinzaine qui travaillent”, “une secrétaire à l’ISPF (Institut de la statistique, NDLR) alors qu’elles étaient déjà cinq et qu’un rapport n’en préconisait que trois”.

Pour Me Mestre, qui défendait les intérêts du Pays, ces contrats ne valaient rien. “Une absence de nécessité d’emploi et une raison étrangère à l’intérêt public”, expliquera-t-il.
Sur la même ligne de pensée, le vice-procureur Yann Hausner demandera un an de prison avec sursis, 2 millions de francs d’amende et un an d’inéligibilité contre Fernand Roomataaroa et Gaston Tong Sang, et six mois de prison avec sursis et 500 000  F d’amende contre Clarenntz Vernaudon.
Le délibéré sera rendu le 31 janvier 2017.

 

Bertrand Prévost

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