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Analyse du 1er tour de la présidentielle : Tapura vs Tahoera’a : le match est lancé

lundi 24 avril 2017

élection présidentielle

Sous l’impulsion du Tapura, François Fillon réalise localement un score de 35,28 % (contre 19,94 % à l’échelle nationale). Le Front national, soutenu au fenua par le Tahoera’a, passe de 1,90 % en 2007 à 32,54 % dix ans plus tard. Le Tavini a, à sa manière, pesé sur le scrutin. Le parti indépendantiste avait appelé à l’abstention, et cette dernière a atteint 61,06 %, samedi dernier. Par ailleurs, sans soutien du parti d’Oscar Temaru, le Parti socialiste s’effondre à 2,91 %, contre 32,43 % en 2012. (© Florent Collet)

Peut-on voir le résultat de ce premier tour de l’élection présidentielle en Polynésie française sous un autre prisme que celui du duel qui se prépare pour les législatives et surtout les territoriales entre le Tahoera’a et le Tapura ? Difficilement.

Hier, ce sont bien les candidats soutenus par les deux grosses écuries politiques du pays qui sont arrivés en tête au fenua, et ce, même si c’est Emmanuel Macron qui sera au second tour face à Marine Le Pen, dans quinze jours, et non François Fillon comme le souhaitait le Tapura.

Les Polynésiens sont restés, le week-end dernier, dans un vote traditionnel. Non par la représentation du clivage gauche/droite, mais davantage dans le respect de la consigne de vote insufflée par le leader du parti qu’ils soutiennent.

Ainsi, François Fillon, plombé par sa campagne calamiteuse sur fond de costumes offerts et d’emploi fictif de sa compagne, ne passe pas le premier tour (19,94 % estimés en fin de journée).

Pourtant, sous l’impulsion du Tapura, il réalise 35,28 % en Polynésie française. Un score fort, certes, mais très inférieur à celui de Nicolas Sarkozy en 2012 (45,21 %), en 2007 (45,23 %) ou encore Jacques Chirac en 2002 (62,38 %).

En revanche, Marine Le Pen est la grande gagnante du soutien du Tahoera’a à sa candidature. Doté de peu de visibilité en Polynésie française, le Front national fait un score inespéré.

 

Un choix qui n’est pas celui des Polynésiens

 

De 1,90 % en 2007, le FN passe à 32,54 % dix ans plus tard. Une percée qui ne doit rien au développement de ses idées ; une avancée qui n’est pas le reflet d’une campagne de labourage comme cela est mené dans le Nord Pas-de-Calais depuis quinze ans maintenant.

Non, cette percée n’est liée qu’à la seule volonté de Gaston Flosse de peser encore dans le débat local. Et le Vieux Lion a réussi son coup. Sans rien comprendre au programme et à la philosophie du parti d’extrême droite, les sympathisants sont allés voter, un bulletin bleu marine à la main, avec des œillères.

24 604 voix… Un score flatteur, qui montre que le parti orange est toujours bel et bien là, à deux mois des législatives et à un an des territoriales, même si c’est toujours moitié moins de voix que réalisé par le Tahoera’a aux territoriales de 2013.

Enfin, si la gauche en Polynésie n’a pas démérité (Macron à 14,70 %, Mélenchon à 7,87%), on constate l’effondrement du Parti socialiste. Non soutenu par le Tavini, le PS qui faisait encore 32,43 % en 2012 et surtout 41,68 % en 2007 a presque totalement disparu des radars. Benoît Hamon ne réalise que 2,91 %, une dégringolade à l’image de celle qu’il enregistre à l’échelle nationale.

Les indépendantistes ont, à leur manière, pesé aussi sur le scrutin : hausse conséquente de l’abstention (61,06 %) et disparition de la représentation socialiste… Mais il faudra quand même expliquer un jour comment on peut appeler à ne pas voter pour le chef de l’exécutif, tout en proposant des candidats aux chambres législatives.
Désormais, les Polynésiens se retrouvent devant un choix qui n’est pas le leur. Deux candidats qui n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition présidentielle, il y a encore un an.

Emmanuel Macron, vers qui de nombreux votes vont être reportés, et Marine Le Pen, chouchoute de Gaston Flosse, jusqu’à ce qu’il en trouve une autre mieux placée pour  gonfler ses chiffres électoraux.

Quelque chose me dit que l’abstention sera encore élevée le 6 mai.

 

Bertrand Prévost

 

 

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