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Un ancien militaire redécouvre Tahiti avec émotion, 50 ans après

mardi 9 janvier 2018

Jean-Pierre Cossé a décidé de revenir séjourner trois mois à Tahiti avec sa femme, 50 ans  après sa découverte du fenua. Il est heureux d’avoir retrouvé “l’esprit polynésien”. (Photo : Jean-Pierre Cossé)

Jean-Pierre Cossé a décidé de revenir séjourner trois mois à Tahiti avec sa femme, 50 ans après sa découverte du fenua. Il est heureux d’avoir retrouvé “l’esprit polynésien”. (Photo : Jean-Pierre Cossé)


Militaire à la base navale de Papeete de 1966 à 1968, Jean-Pierre Cossé avait gardé de son séjour en Polynésie un souvenir impérissable, en particulier de la “mentalité des Tahitiens”. Il s’était juré de revenir un jour. En mai dernier, après un malaise cardiaque, Jean-Pierre Cossé décide de revenir séjourner trois mois à Tahiti avec sa femme, 50 ans après sa découverte du fenua. Il reconnaît que l’île a beaucoup changé, s’est “américanisée”… Mais il se félicite que le sens de l’accueil et l’esprit polynésien soient restés bien ancrés. Lorsqu’il partira, il sait déjà qu’il aura “le cœur gros”

“C’est formidable de retrouver les Polynésiens, leurs sourires, leurs rires, leur simplicité. Tout ça n’a pas changé, ça fait vraiment chaud au cœur.”

Jean-Pierre Cossé est ému lorsqu’il évoque le séjour qu’il vient d’effectuer à Tahiti avec sa femme Claudine, 50 ans après sa découverte du fenua, à une époque où Tahiti l’insouciante ne connaissait ni les embouteillages, ni les quartiers surpeuplés, ni l’agitation fébrile de Papeete en semaine.

Originaire du Gers dans le sud de la France, Jean-Pierre a séjourné de 1966 à 1968 à Papeete, il était marin à la base navale. Il n’a jamais travaillé directement pour le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) ni séjourné à Hao ou Moruroa.

En revanche, il reconnaît avoir bien connu l’ambiance très chaude des soirées tahitiennes, au Pitate, au Bar Léa, au Lafayette, au Puo’oro Plage, au Zizou…

“Au Quinn’s, c’était formidable, toutes les vahine portaient des couronnes de tête, ça embaumait le tiare et le pitate. On les appelait les Quinn’seuses ! À minuit, ça fermait et tout le monde se dirigeait alors vers le Lafayette”, se souvient-il. Il se rappelle aussi qu’il était préférable de ne pas trop chatouiller les Tahitiens, plutôt bagarreurs : “Il fallait faire attention, il pouvait y avoir motora’a ! (boxe)”

 

Le tour de l’île en solex

 

Avec ses ami(e)s, Jean-Pierre allait souvent se baigner au Tahiti Village, au PK 18 à Punaauia. Ils emmenaient avec eux leur “électrophone”, et buvaient de la bière Manuia bien fraiche en écoutant Gabilou ou Loma.

Il effectuait à l’occasion le tour de l’île en Solex ou en Vespa.

“J’ai passé mon permis chez Delva. Il y avait beaucoup moins de circulation !”, s’amuse-t-il…

Jean-Pierre Cossé a atterri sur la toute nouvelle piste de Tahiti-Faa’a en 1966, à bord d’un appareil d’UTA. À cette époque, il y avait encore les hydravions Bermuda pour les îles, et les quais de Papeete accueillaient les passagers du “Tahitien” et du “Calédonien” dans un joyeux désordre.

Le jeune marin a toujours travaillé à Tahiti, mais fin 1968 il a embarqué à bord de La Paimpolaise pour une mission sanitaire aux Tuamotu. “Je me suis rendu sur une dizaine d’atolls, à Rangiroa, Manihi, Takaroa… J’en garde un excellent souvenir”, raconte Jean-Pierre.

“L’argent n’existait pas aux Tuamotu. On était reçus comme des rois, on jouait au foot, on était invités à de grands tama’ara’a. On a été sur plein de petits motu, on buvait de l’eau de coco fraîche, c’était formidable…”

Le militaire s’est aussi rendu sur l’atoll surélevé de Makatea où la Compagnie française des phosphates de l’Océanie (CFPO) venait de mettre un terme à son activité. “Ça ressemblait à un village de western !”

Jean-Pierre a tellement apprécié la Polynésie et sa culture qu’il s’était promis de revenir un jour. Les années, les décennies ont passé. En mai 2017, il est victime d’un malaise cardiaque. “Je me suis dit : je dois retourner en Polynésie maintenant”, explique le désormais retraité.

“Nous avons donc décidé d’un séjour de trois mois avec ma femme. Nous repartirons le 23 janvier pour la métropole. Ce sera un adieu à la “Petite île sacrée” chère à Gabilou que j’ai rencontré et dont je suis fan de la première heure. Je partirai avec le cœur gros…”

 

Damien Grivois

 

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