Anne Akrich sort son second roman : Brando et le paradis, deux mythes secoués

    vendredi 13 janvier 2017

    FEN_CC1_AnnaAkrichDécidément, la Polynésie a le vent en poupe. Alors que les aventures de Vaiana cartonnent sur grand écran et que le petit s’apprête à accueillir les aventures d’Al Dorsey, la littérature accueille un nouveau roman, écrite par Anna Akrich, « Il faut se méfier des hommes nus », une « demie » Polynésienne, installée à Paris et dont l’héroïne part écrire une biographie sur Marlon Brando, au fenua, bien sûr. La Dépêche de Tahiti l’a contactée à Paris. Pour en savoir plus sur cette romancière « made in fenua ».

    Son premier roman, « Un mot sur Irène », est sorti en septembre 2015 et raconte l’histoire d’un couple universitaire et d’un homme qui bascule progressivement dans la folie. Un premier livre qu’elle « écrit et écrit » durant de longs mois, sans une seule touche polynésienne. Son nouveau roman, « Il faut se méfier des hommes nus », édité chez Juillard et sorti en métropole il y a tout juste une semaine, se déroule principalement au fenua. « J’avais envie d’écrire sur Tahiti, c’est mon île », nous a-t-elle confié hier, au téléphone. « Pour le premier, j’avais besoin de m’éloigner de moi, pour « Il faut se méfier des hommes nus », j’avais besoin de me recentrer sur moi », confie la jeune femme polynésienne par sa maman. Hormis « son île », Anna a choisi un autre mythe, en l’occurrence Marlon Brando, comme fil conducteur de son roman. « C’est arrivé très vite. Je m’intéresse beaucoup au cinéma, c’est une figure que j’avais envie de traiter, cela s’est imposé très rapidement. »

     

    Aussi question d’inceste

     

    Mais qui sont ces hommes nus ? « A la fois ces « bons sauvages », l’idée du primitif tel que l’on s’imagine. C’est une réflexion sur la construction de cet homme sauvage, cet homme nu, qui a été façonné par les écrivains et les philosophes dès la découverte de Tahiti et qui ont projeté cette vision sur ces îles. C’est le premier niveau de lecture mais il est aussi beaucoup questions d’inceste et de viol dans le livre. Ce sont aussi ces hommes-là, littéralement nus », indique t-elle. Cette demie – « un mot qui ne me dérange pas, qui ne dévoile pas une réalité très fixe » – a souhaité écrire sur ce problème « qui ronge le pays ». « Je me devais d’aborder, de montrer aussi l’envers de ce paradis-là », nous a expliqué celle qui se plie à la promotion parisienne de son ouvrage, « et cela se passe plutôt bien » malgré la sortie de près de 600 romans au mois de janvier. « Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour sortir un livre, tout peut se passer différemment. En tout cas, plus il y a de promo, plus le livre a de chances d’être lu, c’est ce qu’on espère », détaille la romancière, philosophe.

    Après avoir vécu à Tahiti de 12 à 17 ans, Anna ne retient que du bon de ces années-là. « Nous sommes revenus avec mes parents en Polynésie, où nous avons passés de très belles années, quoique un peu isolés du monde mais j’avais aussi hâte de repartir à Paris, pour poursuivre mes études. Mes parents y sont restés et je reviens régulièrement », nous a confié la romancière, à qui ont vient d’offrir les livres sur Al Dorsey, écrits par Patrice Guirao et bientôt portés à l’écran. « C’est très, très bien », nous a confié la jeune trentenaire, avouant connaitre très peu la littérature de Polynésie. Anna Akrich sera en Polynésie, sans doute d’ici un petit mois, notamment pour rencontrer sa famille mais aussi ses lecteurs (« Il faut se méfier des hommes nus » devrait être en librairie d’ici la fin du mois de janvier, ndlr) mais elle nous a confié, que son troisième roman ne parlera pas de la Polynésie. « Sans doute dans le 4e », nous a-t-elle lâché. En attendant, « Méfiez-vous des hommes nus » mais rien ne vous empêche de les dévorer sur papier.

     

    Christophe Cozette

     

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    Qui est Anne Akrich ? 

    Née à Paris en 1986, Anne Akrich est d’origine polynésienne (sa maman est de Tahiti) et tunisienne. À l’âge de douze ans, elle part pour Tahiti ou elle passera toute son adolescence avant de retrouver la capitale et de poursuivre des études de littérature à la Sorbonne. Elle a commencé un doctorat sur les adaptations cinématographiques d’À la recherche du temps perdu, l’a interrompu pour aller à New York écrire le scénario d’un long métrage de fiction avec Jerry Schatzberg, et de retour à Paris, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman, Un mot sur Irène. En parallèle, elle travaille, depuis son lancement, pour le journal Le 1, dirigé par Éric Fottorino, travail qu’elle a cessé il y a peu. Elle vient de publier son second roman, toujours chez Julliard, « Il faut se méfier des hommes nus ». « À mi-chemin entre la biographie tragi-comique d’un monstre sacré du cinéma et le thriller introspectif, ce roman jubilatoire dynamite en un seul récit deux mythes toujours enracinés : le glamour hollywoodien et le paradis terrestre » précise son éditeur.

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