Apaisement à la Taharuu, menace de blocage à la Mapuaura

mercredi 29 juillet 2015

Cinq mois après le début des travaux à la Taharuu, un comité de suivi vient d’être mis en place, réunissant riverains, associations environnementales, commune de Papara et Pays. Tous ont l’espoir que la deuxième tranche des travaux, démarrée récemment, se déroule dans la sérénité. En revanche, à Faaone, des riverains s’opposent aux extractions de sable dans l’embouchure de la Mapuaura, jugées “frauduleuses”, et menacent de déposer plainte contre le Pays. 

Taharuu : un comité de suivi enfin en place

La première phase des travaux de réhabilitation des berges de la rivière de la Taharuu a été bouclée il y a quelques semaines. Le chantier, lancé officiellement en février, a connu plusieurs épisodes. D’abord, l’association Ia ora Taharuu, soutenue par les riverains, a dénoncé des irrégularités dans le projet. Le chantier a démarré alors que l’étude d’impact était toujours en cours. Résultat, les riverains et l’association ont menacé de faire arrêter les travaux. 
Le ministre de l’Équipement Albert Solia a reconnu cette irrégularité et a indiqué lors d’une rencontre avec les protagonistes qu’il s’agissait de mener en urgence des travaux sur une zone à risque. Pour lui, l’importance était de protéger les riverains les plus exposés aux risques d’inondation. 
Face à ces difficultés, l’association Ia ora Taharuu et le collectif des riverains de la Taharuu ont réclamé la création d’un comité de suivi. Le ministre ne s’est pas du tout opposé à cette idée. Au contraire. Ce comité de suivi vient d’être créé et s’est réuni, hier, à la mairie de Papara. Il est composé de représentants de riverains de la Taharuu, des associations de protection de l’environnement, des propriétaires fonciers, mais également des représentants de la direction de l’équipement, de l’environnement ou encore du service du développement rural (SDR). Il  participera, une fois par semaine, aux réunions de chantier et se réunira une fois par mois à la mairie de Papara pour faire un état des lieux sur l’avancement des travaux. 
Ce comité de suivi est présidé par Georges Putoa, adjoint au maire de Papara chargé de l’urbanisme et du foncier. 
Le maire Christelle Lehartel a salué cette initiative et espère que la suite du chantier se déroulera dans la concertation pour éviter la polémique des mois passés sur les dégâts observés sur le chantier, notamment à l’embouchure. Le ministre Albert Solia a souhaité, par la création de ce comité de suivi, apaiser les tensions avec les riverains pour que la suite du chantier se déroule dans la sérénité. Pour mémoire, le coût des travaux pour le chantier de la Taharuu représente un investissement de près de 3 milliards de francs financé par le Pays.  La première tranche, pour un coût de plus de 300 millions de francs, vient d’être bouclée. La seconde tranche est en cours et a démarré il y a une quinzaine de jours. Les travaux doivent s’étaler sur cinq ans.

C.T.

Syndicat No te aru tai mareva : “On est décidé à faire le blocage”

Le 17 juillet, Victor Van Cam, Marc Frogier et Denis Patu, résidents de la Presqu’île et membres du syndicat No te aru tai mareva, ont pris connaissance dans le Journal officiel d’un arrêté en date du 8 juillet autorisant l’entreprise Tearoha Tiapari à réaliser un curage à l’embouchure de la Mapuaura, à Faaone, ensablée en cette saison, ainsi que l’extraction de 1 000 m3 de sable. 
Pour les trois hommes, qui se positionnent clairement en faveur de la préservation de l’environnement, c’est l’extraction de trop. 
Lundi, ils se sont rendus sur place, longeant la rivière depuis la route jusqu’à l’embouchure, rencontrant sur leur passage Robert Tiapari, riverain en charge des travaux d’extraction, mais également guide dans la vallée qui l’a vu naître, l’occasion d’échanger chacun leurs points de vue. 
“J’interviens à la demande de l’Équipement et en fonction du constat de l’état du terrain. Stopper les extractions ? Pourquoi pas, mais quand l’embouchure est bloquée, pour moi, c’est justifié”, précise-t-il. Avant d’ajouter : “Protéger l’environnement, d’accord, mais jusqu’à quelle limite ? Les jeunes qui veulent construire leur logement, il faut bien qu’ils trouvent des matériaux. Il ne faut pas être égoïste !”
Face à lui, Marc Frogier, dont l’épouse est propriétaire et ayant droit dans la vallée, tient un tout autre discours. “Je suis pour un développement économique de la vallée, mais sans saccager l’environnement et en respectant les fatu fenua”, explique-t-il, en prenant l’exemple de la vallée de la Papeno’o où les riverains voient, eux aussi, s’amenuiser la plage en raison de la diminution du niveau du sable. 

Un déséquilibre synonyme d’érosion
Marie-José Bonno, résidant depuis 27 ans à proximité de l’embouchure, côté mer, dresse le même constat, photo à l’appui, en insistant sur l’importance de respecter l’équilibre naturel. 
“Si on continue à extraire le sable, on n’aura bientôt plus de plage. Quand le vent vient de Tautira, ça apporte le sable de notre côté, et quand il vient de Hitia’a, tout le sable s’en va vers la rivière. Résultat, avec les extractions, nous, on n’a plus rien !”, souligne-t-elle. 
Pour mettre un terme à ce déséquilibre, synonyme d’érosion, Victor Van Cam suggère la réalisation d’une saignée, autrement dit un petit canal entre la rivière et la mer qui permettra à l’excédent de sable de s’évacuer naturellement. 
“Il y en a pour quelques heures de drague, pas plus”, précise-t-il, s’opposant ainsi fermement à l’extraction programmée. 
“On est décidé à faire le blocage”, ajoute-t-il à la veille de la rencontre avec le ministre de l’Équipement, se disant prêt à porter plainte par le biais du syndicat si l’autorisation était maintenue. “Ce sont trois ‘bombes’ qu’on va déposer chez le procureur de la République”, signale-t-il alors au sujet des extractions dans la Taharuu, à Mahaena, ainsi que dans la Mapuaura, les qualifiant de “frauduleuses”.
Les trois hommes, ainsi que les riverains interrogés, dénoncent également des “extractions sauvages” en amont de la vallée, s’inquiétant des conséquences environnementales immédiates, mais aussi de l’héritage écologique légué aux générations futures. 
Hier, à l’issue de l’entrevue avec les différents représentants des associations en présence, Albert Solia, le ministre de l’Équipement, qui s’apprêtait à se rendre sur le premier site mentionné, à Papara, aurait d’ores et déjà fixé un second déplacement s’agissant des deux autres rivières évoquées, à Mahaena ainsi qu’à Faaone, le 3 août. 

A-C.B.

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taharuu tete 2015-07-29 10:04:00
A tous ces gens qui sont contre les extractions de cailloux dans les rivières,

Ben la solution est très simple :

- Arrêter de construire des maisons en béton
-Arrêter de râler quand ya des nid de poule sur les route

Comme sa on touche plus au cailloux.
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