Apnée : repousser ses limites, en toute sécurité

    lundi 3 août 2015

    Aurélie Cottier, dite “Lili”, est une globe-trotteuse des océans, passionnée par la biologie marine et la photographie. Elle s’est tournée vers l’apnée pour la relaxation qu’elle procure, tout en offrant une “profonde connexion avec la nature”, sans bulles, ni bruit. Depuis 2011, elle enseigne à la fois le yoga et l’apnée, ce qui l’a poussée à créer récemment sa propre école au fenua, baptisée Kumbaka, apnea & yoga, avec une philosophie bien particulière. 

    De la théorie…

    “Je ne pousse pas les gens à rechercher la performance, mais le plaisir, en étant à l’écoute de leurs sensations, de leur corps et des pensées qui traversent leur tête”, précise-t-elle. Samedi dernier, ils étaient quatre à participer à la première partie d’une formation inédite sur la Presqu’île, le premier stage d’apnée de niveau 1 dispensé par Lili avec le soutien du centre de plongée Tahiti Iti Diving.
    Mais pas question de se jeter à l’eau sans un minimum de formation théorique, particulièrement dense, pour ne surtout rien laisser au hasard, à commencer par l’équipement. 
    Pour des raisons de confort et de sécurité, il existe notamment des combinaisons adaptées, tout en sachant qu’il est primordial de ne pas lester exagérément sa ceinture de plomb. 
    “Il faut penser à la remontée. Économiser son énergie, c’est économiser de l’oxygène”, insistera, à plusieurs reprises, Lili. Suite à la présentation des différentes disciplines, l’occasion d’évoquer les derniers records en date (11 minutes et 35 secondes chez les hommes, en statique), Lili conseille à ses élèves d’oublier la performance. “Concentrez-vous sur le plaisir de l’eau, et le reste suivra”. Elle s’emploie alors à détailler le mécanisme du système respiratoire dans le cadre de l’apnée et les “quatre symptômes à apprivoiser”, qui constituent également des signes d’alarme : l’envie d’avaler, l’augmentation de la chaleur au niveau de la poitrine, l’envie d’expirer, suivies de la contraction du diaphragme. 
    “Au fur et à mesure, vous allez apprivoiser votre corps qui deviendra de plus en plus tolérant”, explique l’instructrice, en ajoutant que c’est à ce moment précis que les techniques de relaxation, associées à un entraînement physique, prennent tout leur sens ; elle ne manque pas d’indiquer que le corps humain est “intelligent” et “particulièrement bien adapté à l’eau”, en raison de notre passé génétique, s’exprimant au travers de “réflexes de plongée”, tels que la baisse du rythme cardiaque ou la concentration sanguine autour des organes vitaux. Lili évoque aussi longuement les risques liés à la pratique de la plongée en apnée, qui peuvent être limités dans le cadre de la prévention et de la maîtrise des techniques de sauvetage.

    … à la pratique

    Après plusieurs heures de théorie, place à la pratique, sur la terre ferme dans un premier temps, ou plutôt sur un tapis de yoga. 
    Lili propose aux quatre participants des exercices de respiration et de relaxation, avant de leur faire réaliser une première apnée “à sec”, afin de les conseiller et de les accompagner le plus loin possible, tout en fixant des limites, celles imposées par le corps lui-même, ces fameux signaux d’alarme évoqués précédemment. 
    Après un modeste repas, essentiellement constitué de fruits pour tenir le coup sans surcharger l’estomac, c’est enfin l’heure de prendre le large et de se mettre à l’eau. 
    Pendant plus de deux heures, les élèves enchaînent les exercices de plongée en apnée, descendant le long d’une corde verticale reliée à la surface par une bouée. 
    Chacun à leur rythme, ils suivent les conseils de Lili qui, dans son rôle de binôme, ne manque pas de plonger aux côtés de ses élèves pour des raisons évidentes de sécurité. Dans le cadre du “buddy system3, la mise en application des techniques de sauvetage est également au programme. De retour sur le bateau, le bilan de cette première expérience est sans appel. “Ce sont de super sensations. Tout ce que j’ai appris aujourd’hui, c’est impressionnant, entre la théorie, la pratique, les sensations sous l’eau”, explique Claire, plus habituée à la plongée en bouteille. 
    “Au début, j’étais stressée, maintenant, je suis plus détendue. C’est vraiment un apprentissage en douceur”. Ce que confirme Lili : “En apnée, c’est important de progresser lentement, surtout au-delà d’une certaine profondeur. Mais, sur les premiers niveaux, si les gens sont bien dans leur tête, ça peut aller très vite”. 
    Pour ces “quatre amoureux de l’eau”, l’aventure se poursuivra ce week-end lors de la seconde partie du stage, à l’occasion de laquelle ils pourraient bien se surpasser, selon Lili, et peut-être atteindre les 30 mètres de profondeur ; l’occasion de goûter au plaisir du “free fall” et ainsi de profiter pleinement de cette indescriptible sensation de liberté, que seule l’apnée est capable d’offrir. 

    A.-C. B.

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    Mel 2015-08-05 10:12:00
    Belle initiative, belle école, belle Lili,bravo ;)
    manatua 2015-08-03 18:16:00
    @ Tari......Tahiti iti diving....689 87 71 80 77
    tari 2015-08-03 11:16:00
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