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Appel à faire valoir les droits de la Nation ma’ohi

jeudi 29 décembre 2016

pomare joinville

Une conférence de presse a été organisée mercredi matin en face du haut-commissariat pour présenter la Nation ma’ohi qui invite le peuple à se lever et à marcher. (© Photo : Claude Jacques)


Joinville Pomare et des descendants des signataires des traités de 1842 et 1880 se sont regroupés sous le nom de la Nation ma’ohi. Ils souhaitent interpeller les responsables de l’État pour leur manquement au respect des clauses de ces traités. Ils invitent la population à une grande marche en avril prochain pour dénoncer “le colonialisme de la France”.

 

Joinville Teriinoiatua Pomare et une douzaine de descendants des chefs traditionnels qui ont signé les traités de 1842 et de 1880 ont tenu une conférence de presse, hier matin, avenue Pouvana’a-a-Oopa, devant le monument aux morts et en face de l’entrée du haut-commissariat.

Leurs objectifs : interpeller les responsables de l’État pour leur manquement au respect des clauses de ces traités ; interpeller les élus de l’assemblée de la Polynésie et le gouvernement local, qualifiés de “supplétifs” ; et engager les Polynésiens à participer à une action, dès la mi-janvier.
Regroupés sous le nom de la Nation ma’ohi, ils invitent donc la population à assister aux réunions qu’ils donneront “dans les mairies de Tahiti et Moorea et de toutes les îles, en préparation à une marche pour dénoncer le colonialisme de la France depuis 174 ans”, ont annoncé Joinville Pomare et les personnes qui l’accompagnaient.

Quel est le bilan, 174 ans après les premiers traités ? Au niveau foncier, tout d’abord. En deux générations, soit cinquante ans après la mise en place du protectorat, “toutes les propriétés du peuple ma’ohi ont été vendues. Aujourd’hui, nous sommes obligés de revendiquer des droits qui nous appartiennent mais qui ne sont pas reconnus et qui sont devenus de la soupe, “du chaomen fafaru”, devant un tribunal qui n’a pas le droit de juger des affaires foncières, alors que la propriété indigène devait être respectée”, a voulu insister Joinville Pomare. “Nos pères avaient confié les clés de notre maison à l’État français, et on vient nous dire aujourd’hui que les traités que nous avons signés avec eux n’ont pas de valeur.”

Le traité officialisé par la déclaration du 29 juin 1880 “consacrant la réunion des îles de la Société et dépendances” à la France a été ratifié le 30 décembre 1880 par le président de la République d’alors, Jules Grévy. Il n’a pas été respecté, pour ces descendants de la vingtaine des chefs qui ont apposé leurs signatures avec celle de Pomare V au bas d’un document qui, selon eux, n’entérinait pas une cession de territoire.
Il précisait certes “remettre (…) entre les mains de la France le gouvernement et l’administration de nos États, comme aussi tous nos droits et pouvoirs sur les îles de la Société et dépendances”. Mais des clauses précises le fondaient. Notamment, “nous désirons que l’on continue à laisser toutes les affaires relatives aux terres entre les mains des tribunaux indigènes”, peut-on encore y lire.
Quant à la demande de protectorat, en 1842, elle précisait : “La possession des terres de la reine et du peuple leur sera garantie. Ces terres leur resteront.”
Ce non respect a été à l’origine d’imbroglios fonciers, selon Joinville Pomare. Le cas du lotissement de Miri, sur la côte ouest de Tahiti, “est l’un des exemples des escroqueries de terre que la France a soutenues avec les hommes politiques. Et je peux en citer cent autres…”

 

Marche continue autour de Tahiti et Moorea

 

Mais leurs revendications ne s’arrêtent pas aux affaires de terre, ni au non-respect des lois et coutumes traditionnelles. L’éducation est aussi dans leur ligne de mire : “Où sont les cadres autochtones depuis 1842 ?” ; ainsi que le social : “100 000 pauvres et miséreux” ; la santé et l’environnement : “l’état sanitaire de nos populations s’est dégradé depuis que les essais de Moruroa et Fangataufa ont été effectués” ; ou encore la culture et l’écono-
mie.
Suite à des réunions d’information organisées dès la mi-janvier, les responsables de la Nation ma’ohi – qui ne se présentent pas comme un parti politique – invitent la population à participer en avril prochain à une marche continue autour des îles de Tahiti et Moorea. “Nous appelons notre peuple à se lever et à marcher.”

Ils souhaitent aussi rencontrer les responsables de l’État et du Pays pour qui ils préparent un mémo qui sera alors finalisé à cette époque. “Nous allons demander à la France réparation de tout ce qui a été fait à notre encontre”, a encore précisé Joinville Pomare en expliquant qu’ils avaient des “outils” à disposition pour se faire comprendre.

C.J.

Orianne Obrize
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