Application de la loi sur la concurrence : on y est presque

    vendredi 24 juillet 2015

    Rome ne s’est pas faite un jour. Il en va de même pour que la concurrence soit réglementée au fenua. En février 2014, le texte était adopté par l’assemblée de la Polynésie. Après avoir fait l’objet de recours, notamment de la fédération générale du commerce (FGC), le texte a été promulgué au mois de juin de la même année. 
    Pour autant, ce n’est pas encore aujourd’hui qu’une entreprise sera punie d’une amende de 8,9 millions de francs pour l’exploitation abusive d’une position dominante ou qu’une grande surface devra reverser 5 % de son chiffre d’affaires si elle augmentait sa surface sans avoir l’accord de l’autorité à la concurrence. Cette dernière, justement, est la pierre angulaire du projet, celle dont l’indépendance a cristallisé la plupart des débats à l’assemblée de la Polynésie.
    Elle aussi se met peu à peu en place. Elle a désormais son président, Jacques Mérot, ancien magistrat de la Chambre territoriale des comptes. Manque encore quatre des six membres de son bureau ainsi que des locaux où s’installer. 
    Le président préfère ne pas se risquer à une date à laquelle son autorité pourrait entrer en place, mais il tient à ce que cela se fasse “au plus vite”, celle-ci étant réclamée à cor et à cri par la population qui espère ainsi en tirer bénéfice pour son pouvoir d’achat. 
    “Nous mesurons l’ampleur de la tâche”, a ainsi expliqué celui sur qui repose donc les espoirs, une mission importante autant pour faire appliquer une juste concurrence au fenua que pour mettre en place l’autorité dont il a la charge. 
    “Mais nous l’abordons avec beaucoup d’humilité et de détermination”. 

    “Donner la chance à tous d’être entendus”

    Le code la concurrence a, en tout cas, suscité les louanges de Bruno Lasserre, le président de l’autorité de la concurrence métropolitaine. 
    “Je suis très admiratif de ce qui a été fait, l’autorité va disposer de tous les outils nécessaires pour mettre en place une vraie régulation de la concurrence. Elle donne les bons outils pour agir efficacement. La Polynésie n’a pas été chiche dans les pouvoirs qu’elle va attribuer à cette nouvelle autorité”, a expliqué ce dernier qui a également mis en avant “son indépendance pour mettre en place des procédures impartiales pour donner la chance à tous d’être entendus et non pas donner la chance aux plus puissants, à ceux qui ont l’habitude d’être le plus écoutés parce qu’ils sont proches du pouvoir”. 
    Un changement, une révolution même, nécessaire à l’heure où la Polynésie se cherche un nouveau souffle et un nouveau modèle économique d’après CEP. L’autorité promet d’abord de faire preuve de pédagogie avant de sanctionner, mais promet d’y avoir recours, y compris contre les plus puissants. 

    F.C.

    À lire dans notre édition du jour l’interview de Jacques Mérot, président de l’autorité polynésienne de la concurrence et celle de Teva Rohfritsh, ministre de la Relance économique.

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