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Approche des baleines : le coup de fiu de Mata Tohora

lundi 23 octobre 2017

Aujourd’hui, la plupart des personnes présentes sur l’eau connaissent les règles. « Notre mission est accomplie », estime donc l’association.

Aujourd’hui, la plupart des personnes présentes sur l’eau connaissent les règles. « Notre mission est accomplie », estime donc l’association.

Alors que la saison des baleines va toucher à sa fin, c’est l’heure d’un premier bilan quant au respect de l’approche des baleines dans nos eaux par les plaisanciers et clubs de plongée.

Un bilan au goût doux-amer pour Agnès Bénet. La présidente de l’association Mata Tohora, mandatée par la Direction de l’environnement pour sensibiliser aux règles, est certes satisfaite de voir la loi être de mieux en mieux connue et respectée. Mais après six années passées sur l’eau, certains restent sourds à la prévention.

Impuissante face à ces comportements qui se perpétuent en toute impunité à Tahiti, l’association entend passer le relais aux forces de l’ordre pour se consacrer à d’autres missions ou pour aller sensibiliser dans les îles. 

 

 

La saison des baleines touche à sa fin, les mammifères quittant nos eaux vers la fin novembre. Quel bilan en tirez-vous ? Est-ce que les règles sont respectées sur l’eau ?

Il y a eu beaucoup d’observations de baleines, mais c’est une saison particulière au niveau de la météo, notamment sur Tahiti et Moorea. Il y a eu beaucoup moins de sorties que d’habitude avec une météo assez capricieuse : vent, houle ou pluie.

Nous-mêmes, nous sommes sortis moins que d’habitude et, lorsque nous le faisons, nous remarquons moins de présence sur l’eau que les autres années. Sauf dimanche dernier.

En face de l’aéroport, nous avons eu jusqu’à 21 bateaux autour d’une baleine et son baleineau avec des approches très difficiles. Nous avons été dépassés car nous avions beau expliquer la réglementation aux personnes, ils nous disaient qu’ils la connaissaient mais ne la respectaient pas.

Les gendarmes ont été appelés, la brigade nautique est intervenue aussitôt et, là, les contrevenants ont appliqué la réglementation.

 

 

C’est habituel ? Vous ne vous sentez pas écoutés ?

La plupart du temps, nous sommes écoutés. Mais, là, cet incident était vraiment la signification que la réglementation est connue.

Nous reconnaissons les bateaux et les personnes sur l’eau où nous sommes depuis maintenant six ans. Aujourd’hui, si les gens ne veulent pas respecter la réglementation, cela dépasse nos compétences. Notre rôle étant d’informer, sensibiliser, communiquer.

C’est pour cela que nous en appelons à la gendarmerie ou aux mutoi. Dans l’avenir, c’est ce qui est prévu : travailler encore plus en collaboration avec les forces de l’ordre et faire respecter la réglementation au travers des autorités.

Nous interviendrons plus en amont pour former et être à l’écoute des besoins de la gendarmerie. Et notre présence sur l’eau sera bien moindre que les autres années pour faire de la sensibilisation puisque ce sera du temps, de l’argent et de l’énergie perdus.

Nous préférons mettre tout cela pour d’autres projets, plus productifs pour les baleines. Notre mission de faire connaître est accomplie. Depuis 2012, nous en sommes à 2 000 personnes différentes sensibilisées sur l’eau. Cette année, nous en sommes à 150, c’est beaucoup moins que l’an dernier où nous en étions à plus de 500. Il y a très peu de nouvelles personnes à sensibiliser.

 

 

Concrètement quel sera donc votre rôle l’an prochain ? Vous resterez sur l’eau sans sensibiliser mais pour signaler les mauvaises approches ?

En accord avec la Direction de l’environnement, d’autres missions seront préparées, soit sur d’autres îles, soit sous d’autres formes.

L’idée est de passer vraiment le relais aux autorités car clairement, aujourd’hui, les gens qui ne respectent pas la réglementation, ce n’est pas par un manque de connaissance mais par un manque de volonté de la respecter.

 

 

Vous jouiez un rôle de garde-fou sur l’eau. Votre absence ne risque-t-elle pas d’ouvrir la porte à encore plus d’abus ?

Nous n’espérons pas et souhaitons aussi une plus grande présence de brigades nautiques. Cela va être un travail à faire les communes -comme cela a été le cas avec Moorea- pour des brigades nautiques avec des agents assermentés.

Pour quelques poignée de personnes qui ne respectent pas la réglementation et qui sont toujours les mêmes depuis six ans.

On peut regretter qu’il n’y ait pas de sanctions pour les récidivistes. Cette poignée de personnes entre Mahina et Papara décourage les actions sur l’eau ; et cela peut même donner envie aux autres de ne pas respecter, à leur tour. Cela devient problématique.

 

 

Pour la première fois, en février dernier, des contrevenants se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel où ils n’ont été condamnés que symboliquement car les textes du code de l’environnement sont quasiment inapplicables et mal conçus. Au début du mois, le nouveau code de l’environnement a été publié, rien n’est prévu pour y remédier. Cela aussi participe à votre découragement ? Est-ce que les contrevenants considèrent qu’ils peuvent plus ou moins faire ce qu’ils veulent ?

C’est certain qu’aujourd’hui il est urgent que les règles d’approche soient mises à jour et soient adéquates devant l’activité actuelle. Le code de l’environnement date de 2002 en termes d’approche des cétacés.

Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’activités sur l’eau. Le code de l’environnement pour les approches est aujourd’hui en révision mais on ne sait pas quand il sera applicable. Mais cela devient urgent.

 

 

Comment expliquez vous l’impunité de cette poignée de contrevenants récidivistes et bien connus ?

Est-ce lié à ce qu’avait dit le procureur lors du procès au mois de février sur le fait que le code de l’environnement ne permettait pas de sanctionner ? Je ne sais pas. Nous n’avons pas non plus de personnes assermentées sur l’eau. Une brigade assermentée qui serait régulièrement sur l’eau permettrait de sanctionner.

 

 

Vous comptez donc aller sensibiliser dans les îles. Mais n’avez-vous pas l’impression que c’est inutile compte tenu de ce que vous constatez à Tahiti ?

80 % des personnes respectent, alors qu’au début du programme « C’est assez », 80 % des personnes ne respectaient pas. La tendance s’est réellement inversée.

 

 

Propos recueillis par Florent Collet

 

 

 

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