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Après le FN, Mélenchon ciblé par la justice

mercredi 19 juillet 2017

Jean-Luc Mélenchon et Corinne Versini lors d’un débat des législatives.

Jean-Luc Mélenchon et Corinne Versini lors d’un débat des législatives. (©Photo : Anne-Christine Poujoulat/AFP)

L’eurodéputée du FN Sophie Montel persiste et signe. Après avoir adressé le 14 mars un courrier de dénonciation à François Molins, procureur de la République de Paris, concernant des soupçons d’emplois fictifs d’attachés parlementaires auprès d’une vingtaine de députés européens de tous les partis, l’élue frontiste a effectué, le 27 juin, un nouveau signalement (article 40) auprès du magistrat. Cette fois, c’est l’ex eurodéputé du parti de gauche (PG), Jean-Luc Mélenchon, aujourd’hui président à l’Assemblée nationale du groupe La France Insoumise (LFI), et trois de ses ex-assistants parlementaires européens qui sont dans le collimateur de l’élue du Front national, proche de Florian Philippot.

Le parquet de Paris a joint début juillet ce dernier signalement à l’enquête préliminaire qu’il a ouverte le 22 mars pour “abus de confiance” visant entre autre des élus des partis Modem, LR, EELV et PS. L’Office anticorruption de la police judiciaire a été saisi. L’enquête qui ne fait que commencer va devoir faire la lumière sur des soupçons d’emplois fictifs de quatre anciens assistants parlementaires européens “locaux” de Jean-Luc Mélenchon, ancien élu européen de la circonscription du sud-ouest de 2009 à 2017. Pour rappel, les assistants parlementaires européens se scindent en deux groupes : les “accrédités” qui travaillent et passent 100 % de leur temps à Bruxelles, Strasbourg ou au Luxembourg, et les “locaux” qui épaulent leurs parlementaires dans la circonscription de leur pays d’origine.

Pourquoi ce nouveau signalement de la part de Sophie Montel ? “Nous poursuivons notre logique de rupture avec le deux poids, deux mesures dont était victime le FN avec cette affaire de soupçons d’emplois fictifs sur les attachés parlementaires des députés européens du parti », explique l’eurodéputé Sophie Montel. “Jean-Luc Mélenchon se présente comme un chevalier blanc, toujours prompt à donner des leçons aux autres. Aujourd’hui, il est président d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, et un adversaire politique. Pourquoi la justice ne se pencherait-elle pas sur ses anciennes pratiques au Parlement européen comme elle le fait pour nous ?” précise l’eurodéputée frontiste.

Pour rappel, le FN est notamment suspecté d’avoir fait prendre illégalement en charge les salaires de certaines petites mains du parti et du garde du corps de Marine Le Pen par le Parlement Européen. L’ex-candidate à la présidentielle a été mise en examen le 30 juin pour “abus de confiance” aux côtés d’une autre ex-députée européenne frontiste et deux assistants parlementaires. Dix-sept eurodéputés ou ex-députés, dont Jean-Marie Le Pen, sont concernés par cette enquête.

Du coup, le FN semble ne pas vouloir tomber seul. Le signalement de Sophie Montel, transmis le 27 juin au parquet de Paris, concerne les deux mandatures européennes de Jean-Luc Mélenchon. D’abord celle de 2009 à 2014, à travers laquelle l’eurodéputée frontiste vise les activités d’assistant parlementaire de François Delapierre, l’ex bras droit Jean-Luc Mélenchon. Ce proche du fondateur du parti de gauche, décédé en juin 2015, a été parallèlement à ses activités d’assistant, secrétaire national du Parti de gauche et conseiller régional d’Île-de-France.

Dans la deuxième mandature qui s’étend de 2009 à 2017, l’élue vise trois autres ex-assistants parlementaires européens : Aigline de Vincens de Causans, Laurent Maffeis et Antoine Leaument, qui tous occupaient parallèlement des responsabilités au sein du parti de gauche.

 

AFP

 

 

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