Après le wingsuit à Bora Bora, le highline à Maupiti

    samedi 9 janvier 2016

     On prend les mêmes et on recommence. Le projet de Rodolphe Cassan et Julien Millot était de faire un saut en wingsuit, à Bora Bora, depuis le mont Otemanu (727 m). La mission a été accomplie et relatée dans votre quotidien, une fois pour le vol en wingsuit, une autre fois pour l’escalade du mont Otemanu : deux premières (lire éditions du 30 décembre et du 7 janvier). Bora Bora, “ça, c’est fait”, la fine équipe a, cette fois, joué les funambules en slackline (lire encadré) entre deux crêtes de la montagne de Maupiti, le 3 janvier dernier.

    “Cela fait 3-4 ans que je viens en Polynésie” nous a confié Rodolphe Cassan, à son retour. “Julien mon coéquipier, avant de faire du wingsuit, faisait beaucoup de highline. J’avais envie de faire la première highline en Polynésie et lors de mes repérages, je pensais qu’on pouvait faire quelque chose sur la crête de la montagne à Maupiti,” nous a précisé cet amateur d’adrénaline, qui avait déjà filmé le vol de son ami, David Laffargue, qui avait sauté en base jump de Maupiti, déguisé en Marsupilami, en mars dernier (lire La Dépêche de Tahiti du 2 avril 2015, “Le Marsupilami a sauté sur Maupiti !”)
    À Maupiti, l’ascension s’est faite avec Teimana Claret, un habitant de Maupiti. “Nous sommes montés sur la première crête. Les pentes étaient un peu branlantes mais nous nous sommes accrochés aux goyaviers. De là, nous avons fait un point d’ancrage sur un arbre, nous sommes descendus en rappel et nous sommes remontés en escalade de l’autre côté, pour fixer et tendre la ligne,” nous a expliqué Rodolphe Cassan. La slackline, tendue entre les deux crêtes avait une longueur de 40 mètres. Julien a réussi deux traversées. Il y a eu quelques chutes, heureusement sans incident car il était retenu par une sangle de sécurité, indispensable pour ce type d’épreuve.
    Rodolphe avait ouvert ces sauts de l’extrême il y a plusieurs années sur l’île et “a toujours reçu des supers accueils sur l’île”. L’année dernière, Rodolphe avait amené des slacklines à l’école et avait proposé des démonstrations mais cela n’avait pas trop pris, selon ce sportif de l’extrême. Cette année, “j’ai ramené Julien qui est un peu une figure du highline, tout le monde nous a vus. Nous avons fait une séance de waterline, sur le quai que les enfants ont adorée. On s’est tous éclaté toute l’après-midi avec les gamins sur le port. C’est aussi le but : partager et de faire découvrir le slackline,” nous a confié Rodolphe, qui part se reposer et plonger aux Tuamotu.
    “Le but n’est pas forcément de réaliser une première, on n’a pas inventé la poudre non plus, mais de partager Maupiti, mon île de cœur en Polynésie,” nous a confié Rodolphe, qui est aidé ainsi que ses coéquipiers, par différents partenaires dont Air Tahiti Nui, pour réaliser leurs exploits. Là aussi, des images vidéos ont également été prises à Maupiti et seront montées dans un film de 26 minutes, consacré aux exploits de Julien et de Rodolphe dans le ciel polynésien. Ce film, tourné à Bora Bora et Maupiti, sera prêt dans le second semestre de l’année, pour être ensuite proposé à des festivals du type Fifo mais consacrés à la montagne. Un teaser de ce film devrait être disponible d’ici 2-3 mois.
    “La Polynésie est un terrain de jeu intéressant, c’est déjà encore assez inexploré dans l’aventure,” nous a expliqué ce spécialiste de l’extrême. “Le gros souci technique, c’est la qualité du rocher, que cela soit pour l’escalade, ou pour marquer des points d’ancrage car la roche est volcanique donc friable. On a appris à apprivoiser ces rochers entre Bora Bora et Maupiti, il faut chercher un peu plus longtemps un endroit sécurisé,” explique-t-il.
    Mais la mort est un paramètre qu’il faut côtoyer, malgré soi. En effet, un des as de ces sports est décédé cette semaine. “Tancrède est un ami très proche (lire encadré),” nous a confié, ému, Rodolphe. “Cela a endeuillé la fin de notre belle aventure. Il faisait partie un peu de l’équipe. Le film tourné en Polynésie lui sera sans doute dédié.”
    Penser à l’accident ? “Ce sont des sports à risque, on essaye de maîtriser au maximum le risque”, nous a-t-il expliqué. “Il faut une bonne préparation, savoir ce que l’on fait et de connaître le risque afin de le mesurer. Le risque par exemple, sur la snackline à Maupiti, c’était les points d’ancrage qui n’étaient pas idéaux, nous avons donc doublé la sécurité sur ce point. On ne pense pas tout le temps à l’accident, sinon on ne vit plus. C’est pareil en voiture, on peut mourir aussi au volant. Nous avons des Abécédaires aussi comme mettre sa ceinture et nous suivons précisément une liste de gestes de préparations bien précis. On ne fait pas n’importe quoi.”

    Christophe Cozette

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    Qu’est-ce que la slackline ?

    La slackline (de l’anglais “ligne lâche”) ou slack est une pratique sportive récente s’apparentant à première vue au funambulisme. La sangle utilisée, appelée “slack”, est tendue entre deux ancrages (tels qu’arbres, poteaux, points d’ancrage d’escalade…) à l’aide d’un système de tension facilitant sa mise en place. Cette facilitation permet la pratique en milieu naturel ou urbain. Highline, c’est marcher au-dessus du vide, la slackline se fait au sol et la waterline, se pratique au-dessus de l’eau.

    Les futurs projets de Rodolphe Cassan

    Dans les projets futurs de Rodolphe Cassan, une traversée Corse-Sardaigne en wingsuit et quelques sauts et vols dans les Alpes avec son ami Julien. Des amis de Rodolphe ont tourné dans la nouvelle version du film Point break, dont une partie a été tournée à Teahupoo (lire en ligne sur Ladepeche.pf) mais ce n’est pas eux qui lui ont soufflé son idée un peu folle, qu’il aimerait bien réaliser l’année prochaine à Tahiti. “dans mes projets un peu fous, j’aimerais sauter d’un hélicoptère ou d’une falaise en wingsuit, d’arriver sur une vague, directement sur une planche et de la surfer ensuite, dans la foulée. Si le film marche bien et qu’on trouve des partenaires, on revient l’année prochaine, le tenter,” nous a confié Rodolphe, qui aimerait bien aussi tenter le wingsuit et le highline aux Marquises. On est bien arrivé à faire du motocross dans la vague de Teahupoo alors pourquoi pas ?

    Le highline et le wingsuit ont perdu l’un des leurs cette semaine

    Mondialement connu comme l’un des spécialistes des sports aériens de l’extrême, l’acrobate-poète Tancrède Melet s’est tué accidentellement à l’âge de 32 ans en préparant un spectacle d’acrobaties aériennes, cette semaine, dans la Drôme. Spécialiste de la highline (à plus de 4 000 mètres), du wingsuit et des sports aériens de l’extrême, Tancrède Melet se trouvait au sol pour maintenir une montgolfière afin de répéter une acrobatie quand l’aérostat l’a embarqué, provoquant sa chute sur plus de 20 mètres.

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