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Après avoir tué sur la route, il conduit à nouveau en ayant bu

vendredi 2 février 2018

justice tribunal

« Pour une fois où vous vous êtes fait attraper, combien d’autres fois vous avez conduit bourré un vendredi soir ? », s’est interrogée la présidente du tribunal. (© Florent Collet)

En 2015, C.T., un chauffeur poids lourd, habitant de Mataiea, causait la mort d’une personne sur la route. Avec 1,8 gramme d’alcool par litre de sang, l’alcool semble en être la principale raison.

L’homme de 39 ans n’a pas encore été jugé. Après avoir effectué cinq mois de détention provisoire, il a repris sa vie normale, y compris en fin de semaine quand il s’agit d’arroser l’arrivée du week-end.

Vendredi dernier, alors qu’il rentre chez lui, il est contrôlé à Papara avec 1,4 g d’alcool dans le sang. Lorsque la présidente du tribunal l’interroge sur la date de l’accident mortel, l’homme, imposant, fleur à l’oreille, semble réfléchir. « Ce sont quand même des événements qui marquent quand on tue quelqu’un sur la route« , s’agace la présidente du tribunal, qui a bien du mal à croire que ce drame ait servi de leçon.

« Pour une fois où vous vous êtes fait attraper, combien d’autres fois vous avez conduit bourré un vendredi soir ?« , s’interroge-t-elle.

D’emblée, elle montre qu’elle n’aura pas la même clémence que ses prédécesseurs lui ayant permis de ressortir libre avant son procès et de continuer à exercer son métier de chauffeur. « La justice avait tenu compte de votre travail et de votre famille », semble-t-elle regretter.

« Trop, c’est trop », tranche le procureur, qui estime que C.T. n’a pas saisi la chance que lui avait laissé la justice en attendant son procès, en commentant un nouvel impair alors qu’il aurait dû avoir « une exemplarité supérieure à montrer« .

Il fait de cette affaire un exemple pour illustrer les bienfaits de la nouvelle politique d’orientation pénale en faisant passer les homicides involontaires de la route en comparution immédiate, plutôt que d’attendre une longue instruction renvoyant les procès jusqu’à trois ans après les faits.

Pour éviter tout renouvellement de ce genre de fait, il demande une peine qui ne soit pas inférieure à quatre mois, le maintien en détention et la suspension du permis pendant six mois.

Rappelant que son client n’avait pas encore été jugé pour l’homicide involontaire et qu’il était donc présumé innocent, elle a rappelé qu’il était le seul à subvenir aux besoins de la famille et a demandé qu’il soit plutôt soumis à des obligations strictes. En vain. C.T. a été condamné à six mois de prison ferme, il a été conduit à Nuutania pour purger cette peine. Son permis a par ailleurs été suspendu pour une durée d’un an.

 

 

F.C.

 

 

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