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Arrêt du glyphosate, “une décision irréfléchie” selon Gilles Yau

vendredi 1 décembre 2017

pesticide

Pour Gilles Yau, avec l’interdiction du glyphosate, “on va sacrifier tout un pendant de l’économie
du Pays alors même que l’on souhaite développer le secteur primaire”. (© DR)

La Dépêche de Tahiti l’annonçait mercredi. La Polynésie française a décidé d’aller au-delà des décisions européenne et française concernant le glyphosate, un puissant désherbant suspecté d’être probablement cancérigène par l’OMS, en interdisant la vente de cet herbicide au fenua.

Le ministre Tearii Alpha, par le biais de son cabinet, a d’ores et déjà annoncé qu’il présenterait un texte au conseil des ministres dans le but de réviser la liste des pesticides interdits sur le territoire.

Pour Gilles Yau,  directeur de l’entreprise Agritech, qui vend les produits contenant du glyphosate,  cette décision a une fois de plus été prise sans concertation avec les professionnels du secteur, les agriculteurs et le service rurale.

“Donc le Pays va faire des choix sans proposer de phase de transition. Aujourd’hui les produits de substitution qui existent coûtent 15 fois plus cher. Je ne sais pas à quel prix on va vendre la tomate. Il va falloir que le pays finance des CAE pour faire l’arrachage à la main. Mon sentiment c’est qu’on est en train de tuer l’agriculture car la Polynésie va tuer sa production. Résultat on ne fera plus que de l’importation”, a expliqué Gilles Yau.

Aujourd’hui selon le professionnel, le produit utilisé en Polynésie française contenant du glyphosate coûte environ 1000 francs le litre. Un litre permet de désherber l’équivalent d’un hectare.

“Demain pour désherber la même capacité il faudra employer au minimum quatre personnes sur deux ou trois jours. Vous imaginez le prix que cela coûtera à un agriculteur”, a expliqué Gilles Yau, qui s’étonne que de telles décisions puissent être prises sans l’avis de la commission des pesticides.

Mais les agriculteurs ne sont pas les seuls à être impactés par ce genre de décision car tous ceux qui gèrent des espaces verts comme les aérodromes, les centres sportifs, les golfs utilisent ce désherbant sans que cela ne prête à conséquence puisque “personne ne mange du gazon”, souligne Gilles Yau. Il poursuit, “si cette décision était actée cela voudrait aussi dire que la Polynésie française serait le premier pays de tout le Pacifique à l’interdire ce qui engendrerait un problème de compétitivité certain.”

Pour Gilles Yau il s’agit tout bonnement d’un retour en arrière “on va sacrifier tout un pendant de l’économie du Pays alors même que l’on souhaite développer le secteur primaire. Sous prétexte que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dit qu’il y a un potentiel risque cancérigène, toutefois controversé par certains experts, on va interdire. Et pourquoi laisse-t-on en vente libre l’alcool et les cigarettes alors ? Ça on en est sûr, ce sont des produits qui tuent.”

Le glyphosate est un herbicide très largement utilisé en Polynésie française, à hauteur d’environ 30 000 litres par an, aussi bien par les professionnels du secteur agricole que par les particuliers.

 

Jen.R.

 

 

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