Arrêté le matin, le roi pakumotu libéré dans la soirée

    jeudi 21 juillet 2016

    Une dizaine de policiers et de gendarmes avaient investi le domicile d’Athanase Teiri, à l’aube, hier, pour l’interpeller. (Photo : J.-B.C.)

    Une dizaine de policiers et de gendarmes avaient investi le domicile d’Athanase Teiri, à l’aube, hier, pour l’interpeller. (Photo : J.-B.C.)


    Le parquet réclamait la révocation de son contrôle judiciaire

     

    Il a échappé à un retour en cellule à Nuutania, hier. Athanase Teiri, le “roi pakumotu”, avait été interpellé, le matin même, au petit jour, à son domicile situé sur les hauteurs de La Mission, à Papeete.

    Pour cette opération, une dizaine de policiers de la DSP, ainsi que des gendarmes du groupe de pelotons d’intervention (GPI), avaient été mobilisés. Les militaires étaient équipés de tenues d’intervention et lourdement armés.

    Les autorités avaient décidé de ne prendre aucun risque pour interpeller le souverain fantoche. En moins de vingt minutes, l’affaire était pliée, sans qu’aucun incident ne soit à déplorer.

    En janvier 2014, les choses avaient été bien différentes. Les policiers avaient en effet essuyé des tirs d’armes à feu alors qu’ils venaient, déjà, l’arrêter pour l’émission de fausse monnaie, les désormais fameux “patu”.

    Des faits qui avaient valu à Athanase Teiri et à trois de ses sbires d’être mis en examen, notamment pour tentative de meurtre sur des agents de la force publique. Les quatre hommes avaient été immédiatement placés en détention provisoire à la maison d’arrêt de Faa’a.

     

    Policiers déployés

     

    Depuis, le souverain autoproclamé a été remis en liberté dans l’attente de son procès, prévu dans quelques mois. Mais jusqu’à celui-ci, il est contraint de se soumettre aux obligations d’un strict contrôle judiciaire.

    Une mesure lui interdisant notamment de parader de nouveau aux côtés de ses hommes. Ce que, selon l’analyse du parquet, l’intéressé n’a pas respecté, à au moins deux reprises ces derniers temps.

    Au début du mois de juin, il avait ainsi investi, vêtu de ses habits royaux et entouré de ses “sujets”, un terrain à Outumaoro (Faa’a).

    Le ministère public a donc demandé son arrestation et la révocation de son contrôle judiciaire, synonyme d’un retour à Nuutania. Après avoir été placé en garde à vue dans la matinée, Athanase Teiri a été présenté au juge des libertés et de la détention en fin de journée.

    Mais le magistrat a eu une analyse différente du dossier de celle du parquet. Il a en effet prononcé, dans la soirée, la remise en liberté d’Athanase Teiri, tout en maintenant, dans tous ses aspects, le contrôle judiciaire auquel il est soumis.

    De nombreux policiers avaient été déployés dans l’enceinte du tribunal pour parer à d’éventuels débordements. Aucun Pakumotu ne s’est cependant présenté pour soutenir son roi.

    Pour l’émission fraudeuse de “patu”, mais aussi pour avoir délivré des “mandats d’arrêt” de sa “police royale” visant des personnalités, dont le haut-commissaire, le procureur de la République ou encore le maire de Faa’a,  Athanase Teiri avait été condamné, en janvier 2014, à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel.

     

    J.-B.C.

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