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Arrivé libre, le beau-père violeur part pour sept ans en prison

mercredi 28 février 2018

“S’il maintient cette version, c’est qu’il n’a rien fait” a plaidé l’avocate de James V. qui avait demandé que son client soit relaxé au bénéfice du doute. Le tribunal l’a condamné à sept de prison pour les viols de sa belle-fille à partir de ses 8 ans.

“S’il maintient cette version, c’est qu’il n’a rien fait” a plaidé l’avocate de James V. qui avait demandé que son client soit relaxé
au bénéfice du doute. Le tribunal l’a condamné à sept de prison pour les viols de sa belle-fille à partir de ses 8 ans.

Audience en plusieurs points particulière hier devant le tribunal correctionnel. Le prévenu, James V. est libre. Sa victime en revanche est arrivée menottée, actuellement en détention pour avoir tenté d’assassiner son petit frère d’un coup de couteau.

Autre singularité, les faits – des viols sur une mineure – auraient dû être jugés par la cour d’assises, mais ont finalement été correctionnalisés avec l’accord de la victime.

Des faits très anciens. La victime, aujourd’hui âgée 34 ans, aurait subi les assauts de son beau-père de ses 8 à ses 15 ans. Ce n’est qu’à l’âge de 28 ans qu’elle a dénoncé les faits ayant déclenché l’enquête aboutissant au procès d’hier.

Elle l’avait fait l’année précédente, mais n’avait finalement pas voulu que sa plainte fasse le jeu de sa mère alors en cours de rupture avec le prévenu.

Pour autant, alors que James V. a pratiquement toujours nié les faits, la jeune fille s’était confié à plusieurs reprises et à plusieurs personnes, mais n’avait pas porté plainte.

Durant l’instruction, elle a expliqué “ne pas être allée voir les gendarmes de peur de ne pas être crue en raison de son jeune âge”. Au sein du supposé cocon familial aussi, elle n’est pas réellement entendue.

Quand le collège où est scolarisée la jeune fille prévient sa mère des confidences faites par l’élève, l’adulte réunit la famille et cède à la menace du beau-père qui aurait alors affirmé : “Si je pars en prison, quand je sortirais, je finirai par vraiment la violer”. La mère ne croit finalement pas sa fille.

Alors que les experts confirment que le choc subit par la jeune fille correspond à celui d’une victime violée, le beau-père nie en bloc. Un jour pourtant, il finit par craquer, verse une larme et explique que les faits sont vrais. “L’odeur de peinture de ma cellule et la climatisation me dérangeaient, je voulais en sortir”, a-t- il expliqué alors qu’il revenait sur ses déclarations. Hier, James V. a totalement nié les faits, faisant fi du rapport de l’expert assez sûr de son fait pour évoquer un homme “pas sincère dans des dénégations qui manquent d’authenticité, manipulateur avec des traits pervers”.

À la barre, la jeune femme évoque la peur de cet homme toujours armé d’un grand couteau à la ceinture, mais explique tout de même qu’il était “un bon père et le considérait comme tel”.

Le juge rappelle ce fait sordide, où le beau-père lui a demandé de faire le cheval sur lui, et l’a violée alors qu’elle tenait son petit frère de 2 ans dans les bras. Un des assesseurs explique les risques de ne pas dire la vérité alors que de nombreux faisceaux d’indice pèsent contre lui. “C’est un peu une partie de poker que vous jouez.”

L’avocate de la victime a expliqué que James V. a toutes les caractéristiques du père incestueux, profitant d’une enfant timide et d’une mère peu protectrice. La conseil voit dans ses dénégations un profil inquiétant et évoque le calvaire de la jeune fille “à la vie ravagée” tombée dans la drogue, ayant du mal à contenir son agressivité contre ses compagnons.

Le procureur évoque l’appellation “petite mort” donnée au viol. Il salue l’effort d’avoir divulgué les faits, “une démarche pour se soigner” chez les victimes de viol. Il requiert huit ans de prison.

L’avocate de James V. a plaidé la relaxe arguant notamment que “s’il maintient cette version, c’est qu’il n’a rien fait” et de demander à ce que le doute profite à l’accusé. De doute, le tribunal correctionnel n’en a pas eu. Il a condamné James V. à sept ans de prison ainsi qu’à verser un million de francs de dédommagements à sa victime.

Il a été conduit en détention à l’issue de l’audience.

 

Compte rendu d’audience

Florent Collet

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