Arrivé vendredi soir, le nouveau Haut-commissaire dévoile ses priorités

    samedi 28 mai 2016

    René Bidal, le nouveau Haut-commissaire de la République, est arrivé au fenua vendredi soir. Après un long vol depuis la métropole, en compagnie du président Edouard Fritch qui achevait quant à lui son déplacement à Paris (lire le bilan de ce séjour ici ), l’ancien préfet de l’Eure a été couronné par de nombreux responsables du Pays avant de répondre aux premières questions des journalistes.

    « On m’a interrogé pour savoir si j’étais d’accord pour aller en Polynésie française, j’ai accepté avec enthousiasme », a-t-il d’abord déclaré. « J’arrive avec un sentiment d’enthousiasme et de concentration, car je connais les enjeux de ce territoire qui sont nombreux et importants », a-t-il précisé, évoquant « d’abord les priorités qui sont totalement liées à mes fonctions : la sécurité publique, la sécurité civile, et puis également toutes les annonces qui ont été faites le 22 février par le Président de la République et sur lesquelles le président Fritch vient de faire un tour assez complet avec le gouvernement central. C’est donc autant d’enjeux pour le territoire que j’aurai soin, avec lui, de suivre précisément », a-t-il assuré.

    Interrogé sur l’évolution de la loi organique de 2004, le nouveau Haut-commissaire a répondu que « le toilettage du statut me paraît effectivement important, avec notamment la sanctuarisant de la DGA » (la dotation globale d’autonomie). « L’annonce avait été faite par le président de la République. 90 millions d’euros en 2017, c’est un engagement fort. Et je pense que ça fera partie de façon assez évidente du toilettage du statut de la Polynésie française », a-t-il remarqué.

    S’agissant de la révision de la loi Morin, tant réclamée par les associations de victimes des essais nucléaires, qui se battent pour être indemnisées devant les tribunaux, René Bidal a confirmé que le texte évoluerait par voie règlementaire, à défaut d’une modification de la loi elle-même, qui « eut été très très long ». « Je pense que cette promesse sera respectée et il a d’ailleurs été annoncé un calendrier, a-t-il rappelé. Je pense que d’ici la fin de l’année, le nouveau décret verra le jour. »

    « Fluidité et confiance »

    Grâce aux circonstances « peu ordinaires » de son arrivée, le nouveau Haut-commissaire a pu « parler » de ces « grands enjeux du territoire » de longues heures à Paris, puis encore dans l’avion, avec le président du Pays. « Donc tous ces sujets, il faut évidemment les suivre, et je vais le faire d’un même esprit que celui qui a été celui de Lionel Beffre, que je connais depuis longtemps », a-t-il conclu, en référence à son prédécesseur qui avait quitté le territoire en milieu de semaine, pour rejoindre l’Isère après un peu moins de trois ans en Polynésie française. « Je pense que le territoire a tout intérêt à avoir une grande proximité entre l’Etat et ses propres institutions. C’est pour moi un gage de fluidité et de confiance, monsieur le Président, que je voulais vous donner ce soir dès mon arrivée », a-t-il ajouté à l’adresse d’Edouard Fritch.

    Le président du pays a quant à lui livré ses premières impressions sur René Bidal : « Bien ! », a-t-il lâché. « D’abord, j’étais étonné de sa connaissance du pays. Il n’est jamais venu en Polynésie française mais monsieur le Haut commissaire connaît déjà la protection sociale généralisée, le RST, beaucoup de choses… Donc il est préparé à prendre ses fonctions très rapidement et à s’inscrire effectivement dans la continuité de ce que notre ancien Haut commissaire Lionel Beffre a fait en Polynésie française », a-t-il confirmé.

    Et sur l’homme qui se cache sous le tailleur blanc protocolaire: « Je crois qu’il est vraiment très excité, très emballé de venir en Polynésie française, a noté Edouard Fritch. Je pense qu’il va beaucoup s’investir pour que nous puissions, ensemble avec l’Etat, réussir les réformes à tous les niveaux comme les transports ou la santé, mais aussi trouver rapidement les leviers qui vont nous permettre d’étendre nos relations en matière de traitement des dossiers sur le nucléaire. »

    René Bidal enchaînera dans les prochains jours les rencontres « de courtoisie » avec les « forces vives » du fenua. Il s’entretiendra dès lundi avec le vice-président du Pays, le président de l’Assemblée, le procureur général et le président de la Cour d’appel de Papeete. Mardi, il présidera une réunion du collège des chefs de service de l’Etat et rencontrera le commandant supérieur des forces armées en Polynésie française. Après s’être présenté aux forces de sécurité publiques, divers responsables de la justice et des finances publiques, il achèvera sa première « tournée » avec les acteurs de l’économie et le vice-recteur, vendredi. « J’ai un agenda qui m’a été préparé et qui me laisse peu de loisirs pendant les 15 premiers jours de mon arrivée ! », a-t-il souri hier soir, à sa descente de l’avion, en confiant que c’était la première fois qu’il posait le pied au fenua.

    Avant d’être nommé Haut-commissaire en Polynésie française, René Bidal, 55 ans, avait occupé plusieurs postes à responsabilités dans diverses préfectures et sous-préfectures de métropole (Landes, Finistère, Aveyron, Guingamp, Charente-Maritime, Hauts-de-Seine, Béthune, Rhône). En octobre 2011, il avait été nommé préfet des Pyrénées Orientales, avant de devenir préfet de l’Eure en 2014. Titulaire d’une maîtrise en droit privé, il est diplômé en sciences criminelles de l’Ecole nationale supérieure de police.

    Marie Guitton

     

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