Article publié dans l’Hebdo – Ouverture d’une exposition classée X signée Gaya

    mercredi 23 novembre 2016

    L’artiste peintre Gaya a décidé de masquer son visage pour ne pas être reconnu.

    L’artiste peintre Gaya a décidé de masquer son visage pour ne pas être reconnu.


     

    L’artiste peintre Gaya présente depuis hier ses nouvelles œuvres dans une exposition inédite sur le thème de la pornographie. Tableaux, dessins, sculptures mettront en scène corps et postures sexuelles. Pour accéder à l’exposition, il faudra venir avec sa carte d’identité car les mineurs ne seront pas autorisés à entrer dans la salle Muriavai. Les photos et vidéos seront également interdites.

     

     

    Un événement culturel va se dérouler cette semaine à la salle Muriavai où l’artiste Gaya expose toiles, dessins et sculptures sur le thème de la pornographie. Près de huit mois de travail ont été nécessaires pour mener à bien ce projet audacieux.

    Mais Gaya assume : “J’ai travaillé à partir de modèles vivants aussi bien avec des vahine que des tane entièrement nus. Tous étaient consentants pour jouer les mannequins d’un jour. Le public adulte découvrira huit tableaux dont un tableau mesure 2 mètres de long sur 1 mètre 60, d’autres tableaux de 1 mètre 80 sur 1 mètre 60. J’expose aussi huit dessins, huit sculptures en bois, pierre, os, nacres et j’ai une pièce en résine, d’autres en silicone. En tout, j’expose sept à huit mois de travail dans mon atelier à Pirae. Ce genre d’exposition a été présentée partout dans le monde, dans toutes les périodes contemporaines notamment en France, aux États-Unis, au Japon. Il y a plusieurs artistes peintres internationaux qui ont déjà fait ça. à Tahiti, c’est du jamais vu. Il y a une chape de plomb ici lorsqu’on parle de sexe, c’est un sujet tabou. Ici, j’ai pris des précautions. Les gens ne sont pas obligés de venir, ils peuvent s’abstenir”, insiste Gaya lors de notre rencontre exclusive à Pirae.

    Toutes ses créations sont à vendre. Il est interdit de prendre des photos des tableaux, des dessins, des sculptures y compris pour les médias et les professionnels de la photographie, voilà pourquoi vous ne verrez aucun cliché de ses œuvres dans notre reportage. Durant les quatre jours et demi d’exposition (du mardi 22 au samedi 26 novembre midi) Gaya sera sur place ainsi qu’une équipe de sécurité afin de veiller au respect de l’interdiction.

    Inutile de sortir son Smartphone ni de téléphoner dans la salle d’exposition. Il n’y aura pas de visuel ni pendant ni après l’exposition. “Voilà pourquoi j’ai parlé d’exposition fantôme, les grilles de la salle Muriavai seront descendues durant les quatre jours et demi d’exposition. Une carte d’identité sera exigée pour contrôler l’âge des personnes en cas de doute. J’ai mis toute une sécurité en place car je ne tiens pas à avoir des problèmes par la suite en voyant mes œuvres sur Internet, circulant sur les pages Facebook. Ceux qui viendront ne seront pas choqués. Mes modèles sont des Polynésiens, des demis et même une Chinoise. On voit tout de même les visages”, poursuit-il.

     

    “Je ne fais pas pour provoquer”

     

    Gaya est arrivé à Tahiti en 2003 et il a déjà réalisé de nombreuses expositions dont certaines sous forme d’exposition collective avec d’autres artistes peintres. Cette fois-ci, il s’attaque au X avec imagination et créativité. Même Paul Gauguin en son temps n’avait pas fait ça avec les Marquisiennes.

    “Mes œuvres sont à vendre dans une fourchette allant de 30 000 Fcfp à 400 000 Fcfp la pièce. Ce n’est pas pour provoquer ou choquer, les visiteurs viennent volontairement. Ce qui m’intéresse dans le mot pornographie c’est le concept “graphie” qui est intéressant pour un artiste. Je n’ai pas prévu de vernissage, les gens viennent juste pour voir les œuvres. On vient regarder et après on s’en va comme dans un sex shop ou dans un musée. Je ne suis pas un amateur du X, pas du tout. J’ai un peu marre de voir des vahine assises sur des plages à regarder l’horizon. Par contre, je suis né artiste. Je réalise de l’art depuis gamin. Je suis catholique baptisé et confirmé”, martèle-t-il.

    Pour trouver ses idées, Gaya a effectué des recherches afin de savoir ce qu’on peut faire avec le sexe sans pour autant réaliser des copiés collés de ce qui se passe ailleurs dans le monde occidental. Ainsi, dans leur intimité, le soir venu, les vahine ont leur sexualité tout comme les tane. Cette exposition n’est pas crue au sens strict de la pornographie où on trouve des photos par millions sur Internet ou dans les magazines pour adultes en vente dans les kiosques, elle est plutôt suggérée, et cela reste artistique.

    Autrement dit, il n’y a pas de photo X exposées. Reste à savoir comment cela va être perçu par de population. Gaya ose et a osé. Il prépare une autre exposition pour l’année prochaine ou dans deux ans. Il a décidé de placer la barre plus haut que l’art de la pornographie.  Affaire à suivre…

     

    De notre correspondant JH

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