Il faut venir en aide aux Australes

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Publié le vendredi 05 février 2010 à 11H30

AUSTRALES - Deux navires sont prêts à prendre la route vers Rurutu et Tubuai

Oli a secoué les Îles Sous-le-Vent, a été relativement clément avec les Îles du Vent, et s’en allait hier aprèsmidi frapper les Australes de plein fouet. Des vagues entre 6 et 9 mètres, des rafales de vent pouvant dépasser les 200 km/h, et l’oeil du cyclone qui doit passer sur la ligne Rurutu-Tubuai.

À peine le temps de faire les premiers bilans des dégâts dans les îles de la Société et au Tuamotu avec la tempête tropicale, que l’urgence était décrétée pour venir en aide aux Australes. Dès midi, ordre était donné à la flottille administrative d’armer deux bateaux, le Tahiti Nui I et le Tahiti Nui VIII, pour envoyer des secours sur l’archipel du sud de la Polynésie. Le Tahiti Nui I prendra les hommes, les vivres, les médicaments et le matériel léger. Le Tahiti Nui VIII, seul de la flottille à pouvoir “beacher” prendra cinq camions, un tractopelle, une drague et une chargeuse sur pneu. Les équipes se constituaient encore hier, et chaque service du Pays devait réfléchir aux hommes qu’il enverrait en soutien (électricité, téléphonie, santé, etc.). Hier, déjà cinq spécialistes de la réfection des bâtiments, quatre bûcherons et une dizaine d’hommes de la flottille étaient déjà prêts à embarquer.

Autour des ministres de l’Équipement, Louis Frébault, des Affaires foncières, Tearii Alpha, et du vice-président, la décision a été prise d’envoyer les bateaux et les hommes dès que la mer se sera un peu calmée. Hier, face au quai de la flottille, des paquets de mer se jetaient encore sur la digue. Impossible de prendre la route pour les Australes pour un trajet de près de deux jours… Par beau temps. “Sur terre, c’est le président qui commande. En mer, ce sont les marins”, expliquait un membre de l’équipe sur le point de partir. Et pourtant pressé d’aller porter secours à leurs frères des Australes, ce membre, comme les autres, a dû se résoudre à attendre.

Aujourd’hui, “samedi au plus tard j’espère”, expliquait Tearii Alpha, les deux bateaux iront Sur Rurutu ou Tubuai. “S’il y a beaucoup à faire, nous ne voulons pas que les habitants soient obligés d’attendre trois jours pour voir arriver de l’aide.” À Tubuai, un seul bateau, un bonitier, aurait pu aider la population, mais il est en panne.

Bertrand Prévost

Gaston Tong Sang “Nous sommes prêts à intervenir”

Vous êtes venu assister à la composition d’une équipe, et pour les encourager. Ces bateaux partent quand ?

“Le plus tôt possible. Dès que l’on aura la possibilité de partir, que l’on aura l’état des lieux et les besoins de la population. C’est une intervention de première urgence avec des engins, du matériel pour pouvoir faire des réparations de fortune, et pour amener de l’eau, des vivres. Les agents sont prêts. Peut-être partiront-ils demain matin. Je vois des agents avec qui j’étais pendant les périodes difficiles lors une dizaine de cyclones. Ils savent ce qu’ils doivent faire. Ils sont bien rodés à la tâche.”

On parle de 150 hommes qui pourraient se déplacer avec deux navires.

“Il y en aura un avec les personnes d’intervention et le matériel. L’autre bateau transportera les engins pour venir en appui des communes. Nous allons partir avec beaucoup de vivres. S’il faut aller jusque Rapa, c’est encore de la navigation à venir. Il faudra aller vite.”

C’est une opération du Pays. Se fait-elle en partenariat avec l’État ?

“Non, c’est une mission propre au Pays. L’État intervient au niveau des mairies et de l’information de la population. Nous le faisons pour montrer que nous sommes prêts à intervenir et nous verrons dès demain matin ce qu’il faut envoyer.”

Un Super Puma et deux Casa pour les Australes

Hier, en milieu de journée, après avoir fait le point de la situation concernant les îles de la Société, les services de l’État se sont concentrés sur la suite des évènements. En fin de matinée, un dispositif spécifique pour les îles Australes, décomposées en trois volets, était sur pied. Des moyens étaient prêts à être mobilisés.

Dans un premier temps, une mission de reconnaissance de premiers secours en Super Puma était prévue. Envisagée hier soir, à partir de 22 h, plus vraisemblablement ce matin très tôt. A bord de l’engin, un spécialiste de la Sécurité civile évaluera les besoins en termes de secours. Un spécialiste de l’Aviation civile sera également du voyage pour déterminer la praticabilité de la piste pour des avions. Une équipe médicale pluridisciplinaire chargée d’apporter les premiers soins et une équipe de transmissions complètera l’équipage de l’hélicoptère mobilisé par l’armée. Une mission de renfort en moyens légers, avec deux avions Casa doit amener des équipes de secours adaptées (médicales, de déblaiement, pour la production d’eau et d’énergie). Elle est prévue aujourd’hui, dès la remise en état de la piste, au plus tôt à 7 h.

Une mission de renforts en matériels lourds par voie maritime complète le dispositif. C’est là, notamment, qu’interviennent les moyens du Pays. Avec 18 camions, une base de soutien santé, composée de 150 personnes, dont des équipes du SAMU, des groupes électrogènes, des tentes de survie et autres. Une mission qui devrait arriver sur place le 9 février.

YR

Bertrand Prevost
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Commentaires anonymes

06/02/2010 à 13h32

Avec les arbres arrachés, il y a de quoi construire des Fare style local…un peu d’imagination!

Commentaires anonymes

06/02/2010 à 03h10

Une fois de plus la Polynésie Française est victime des phénomènes météo.
Au vu des renseignements connus en métropole le 6 février à 14H00 locales (03H00 à Papeete), il semble que les dégâts ne soient pour l'instant pas trop importants. Toutefois, on ne sait pas grand chose de Tubuaï et Rapa est toujours en attente... Prions le ciel pour que le nombre de victimes n'augmente pas et que les fare restent debout.
Tous ceux qui ont eu la chance de vivre dans les archipels de Polynésie ne peuvent qu'être inquiets de ce qui se passe actuellement.
La France a l'habitude d'aider la terre entière. Cette fois-ci, la catastrophe est chez nous. Pour le gouvernement, c'est l'occasion ou jamais de montrer à nos frères tahitiens que, évolution du statut du territoire ou pas, le Pays Polynésien, c'est toujours la France et que les aides apportées doivent être équivalentes à celles mises en place en métropole à Noël 1999 ou l'an dernier en Gironde. Espérons donc qu’il en sera ainsi.
En attendant, courage à tous. Je sais que vous n’en manquez pas.
Ia ora na

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