Le chantier de déconstruction de Hao et visite de Moruroa

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Publié le samedi 02 mai 2009 à 12H47

TUAMOTU - Adolphe Colrat et le contre-amiral, Jean-Louis Vichot, en mission dans les atolls

tuamvignette.jpgLe haut-commissaire, Adolphe Colrat, et le contre amiral, Jean-Louis Vichot, commandant les forces armées en Polynésie française se sont rendus mercredi sur les atolls de Hao et de Moruroa. À l’occasion de cette visite, il ont pu rencontrer le maire de Hao et son conseil municipal afin de poursuivre le dialogue avec la population pour que les mission de déconstruction des anciens vestiges du CEP soient en adéquation avec les préoccupations et les projets de la commune.

En trois points

  • Adolphe Colrat et Jean- Louis Vichot ont effectué une mission dans les atolls de Hao et Moruroa.
  • Une première visite les a conduits sur le chantier des anciens bâtiments de la zone vie du CEP de Hao où la mairie va reloger les anciens squatteurs.
  • Les deux représentants de l’État se sont ensuite rendus à Moruroa pour avoir un aperçu des installations de surveillance géophysique de l’île.

tuam400.jpgLe haut-commissaire et le contre-amiral ont rappelé l’indispensable coopération des propriétaires des terrains concernés par le chantier de déconstruction avec les forces armées. Les représentants de l’État ont pu se rendre compte de la rapidité avec laquelle le détachement militaire avait commencé sa mission. Celui-ci s’est déjà attaqué au défrichage d’une parcelle de terre appartenant à la commune sur laquelle cette dernière compte construire des fare. Les deux représentants de l’État se sont ensuite envolés en direction de Moruroa. Le haut-commissaire a pu avoir un aperçu des installations de surveillance géophysique de l’atoll. Il faut en effet rappeler que toutes les stations d’enregistrement sont reliées par satellite au CEA en région parisienne et que le transfert des données se fait automatiquement. À 17 heures, le Gardian de l’aéronavale décollait de Moruroa pour se poser deux heures plus tard sur l’aéroport de Tahiti Faa’a. à l’occasion de cette visite, le contre-amiral, Jean-Louis Vichot et le haut-commissaire, Adolphe Colrat, ont répondu aux questions de la Dépêche.

Pascal Martin

“Pour que Hao retrouve son visage enchanteur”

tuam400ht.jpgC’est officiel : le chantier de réhabilitation de Hao a commencé ! Inaugurés mercredi 29 avril par une délégation, menée par le haut-commissaire, Adolphe Colrat et par l’amiral Vichot, les premiers chantiers visent à nettoyer les terrains communaux et territoriaux et à installer un camp adapté à l’hébergement d’une quarantaine de militaires pendant sept ans. Guidés par Suzanne Butcher, maire de Hao et son conseil municipal, ainsi que par les responsables du détachement militaire local, les deux plus hauts représentants de l’État et de l’Armée en Polynésie française ont pris connaissance de la réalité du terrain. Lors d’une réunion avec le conseil municipal, ils ont rappelé la “chance historique” que représente ce projet auquel la France consacrera 7 milliards Fcfp et dont l’objectif est de “redonner à l’atoll de Hao son visage enchanteur d’avant CEP, et toutes ses chances pour l’avenir de ses jeunes”. Malgré ces excellentes intentions, la population de Hao exprime toujours quelques inquiétudes et réclame une communication encore plus ouverte et directe.

De notre correspondant (C. J.)

Interviews

Contre-amiral Jean-Louis Vichot commandant des forces armées en Polynésie française

tuamvichot300.jpg“Il ne serait pas raisonnable que la France se désengage du Pacifique”

Amiral, la restructuration des forces armées va entraîner une modification dans le déploiement de ces vecteurs aériens. Qu’en est-il exactement des deux hélicoptères et des deux Casa de la base aérienne 190 ?

En ce qui concerne les hélicoptères, ils seront remplacés nombre pour nombre par deux hélicoptères de type “dauphin” et auront une mission de service public. Lorsque le premier dauphin arrivera sur le territoire le fennec sera rapatrié en direction de la métropole, puis ce sera le tour du super puma de retourner en métropole lorsque le deuxième dauphin arrivera. Il n’y aura donc pas de rupture de la mission, puisqu’il y aura toujours en permanence deux hélicoptères de service public en Polynésie française. Il ne reste qu’à déterminer si ceux-ci seront “marine” ou “armée de l’air”. En ce qui concerne les CASA de l’Armée de l’air, rien ne devrait changer en ce qui les concerne et ils devraient rester tous les deux sur Tahiti. Quant aux équipages des hélicoptères et des CASA, ils devraient continuer à être affectés pour une durée de deux sur le territoire.

Le format de la marine est-il appelé à évoluer ?

Au niveau des bâtiments, il n’y a pratiquement pas de changement, sauf pour le Dumont d’Urville qui arrive en fin de vie, et qui aurait du partir cette année. La décision de le prolonger a été prise, sachant toutefois que nous ne pourrons pas aller au-delà de 2010. Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que nous ne pourrons pas le remplacer au moment de son départ et qu’il y aura incontestablement une perte en termes de capacité opérationnelle. Le Jacques Cartier qui est en Nouvelle-Calédonie pourrait venir régulièrement en Polynésie pour suppléer la perte du Dumont d’Urville.

Que devient le dock de la marine nationale ?

Le dock a une durée de vie prévue jusqu’en 2016. Il est évident qu’il ne sera pas remplacé par la Marine nationale et le débat est aujourd’hui du côté du Port Autonome qui réfléchit sur la possibilité de se doter d’un moyen plus performant pouvant accueillir des bâtiments plus grands. Au niveau des moyens de la Marine nationale, il restera toujours l’atelier militaire de la flotte qui permettra d’avoir une capacité de réparation navale qui propre à la marine.

Le COMSUP restera-t-il Polynésie ?

Absolument, il n’est pas question de le transférer ailleurs. Le Pacifique ne cesse de prendre de l’importance avec des flottes étrangères qui comptent de plus en plus de bâtiments dans cette zone, à l’exemple de la marine américaine qui a transféré ces navires de l’atlantique en direction du Pacifique. Il ne serait pas raisonnable à mon point de vue que la France se désengage du Pacifique.

Il y a beaucoup de départs naturels à la retraite dans le personnel civil de la défense, mais peu d’embauche. Ce déséquilibre est-il compatible avec la continuité de la mission ?

Le nombre de personnels civils est actuellement de 550, et l’objectif à l’horizon 2020 est de le ramener à 250 personnes. Les départs à la retraite permettent effectivement de se rapprocher de l’objectif de 2020, mais il est bien évident qu’il faudra procéder à des embauches pour continuer à assurer la mission. Nous avons déjà effectué quelques recrutements qui vont croître dans les prochaines années pour arriver à une quinzaine chaque année, et cela dès 2010.

Que va devenir la piste de Hao ?

Il est prévu normalement qu’elle devienne la piste de dégagement de celle de Tahiti Faa’a, au lieu de Rarotonga.

Peut-on envisager de récupérer les hangars avions de Hao pour les installer à Tahiti ?

Non, cela me paraît difficilement envisageable, compte tenu de leur état actuel. Toutes les tôles ont été pillées. Et ils ont été livrés à la merci des éléments, ce qui a fragilisé la structure à certains endroits.

Quand vont, véritablement, commencer les grands travaux de déconstruction ?

Une entreprise a été retenue pour faire une étude d’impact avant que d’autres études ne soient menées, notamment au niveau de la pollution par l’amiante ou les hydrocarbures. Ensuite, pourront intervenir les gros travaux. Les appels d’offres concernant les entreprises pourraient être lancés, au début de l’année prochaine, avec un début de chantier à l’été 2010. Du côté de l’emploi, nous avons prévu des clauses particulières dans les marchés qui prévoient l’embauche d’habitants de Hao, et plus largement de la Polynésie française.

Vous confirmez la durée du chantier sur Hao et le montant de celui-ci ?

Il est prévu que le chantier se déroule sur sept ans et qu’il se chiffre à 7 milliards Fcfp. En termes d’effectif, il y aura quarante militaires en permanence et environ 200 à 300 salariés pour les entreprises.

L’étendue des chantiers et leur nombre sont relativement importants. Y aura-t-il une limite à la déconstruction ?

C’est pour cette raison que nous avons demandé une étude d’impact qui sera effectuée en partenariat avec la population et la commune. Il faudra que celle-ci et les propriétaires disent ce qu’ils entendent faire de leur parcelle pour que nous effectuions les travaux ad hoc. Il y a 17 zones de chantiers répertoriées, dont certaines concernent le lagon où ont été immergés des objets, notamment des batteries. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement pour savoir ce qui peut-être fait et ce qui ne peut pas l’être. À titre d’exemple, il y a des récifs artificiels qui se sont formés sur des objets métalliques et il serait aujourd’hui dommageable pour la faune et la flore de retirer ces objets du lagon.


Adolphe Colrat haut-commissaire

“Je pense que c’est une chance historique pour Hao de définir les voies d’un développement durable”

tuam300.jpgQuel était l’objectif de cette journée ?

Mon premier objectif était de voir sur place l’installation de l’armée et le début des travaux sur l’atoll de Hao. Il y a un très beau programme à accomplir sur cet atoll, et cela bien entendu en concertation avec la population et son conseil municipal. Je pense que c’est une chance historique pour cette île de définir les voies d’un développement durable.

À propos de développement durable, les communes ont l’obligation de fournir une eau potable à leurs administrés en 2012. Cette échéance pourra-t-elle être respectée ?

L’eau potable est un service de proximité qui est dû aux concitoyens. Il faut effectivement rattraper les retards dans la distribution de cette eau de qualité. Nous disposons de nombreux moyens pour cela, notamment la conjugaison du FIP et du contrat de projet. Les projets sont complexes techniquement, et diffèrent par la nature de la ressource. Certaines îles ont la possibilité de faire des captages ou des forages alors que d’autres, je veux parler des atolls, ne l’ont pas. Il est donc indispensable que les communes soient aidées dans leurs projets, afin qu’elles puissent remplir leurs obligations.

Le projet de la prison à Papeari se heurte à l’hostilité d’une partie de la population. Avez-vous un plan B à proposer ?

Il s’agit de donner aux personnes qui sont incarcérées un cadre de détention qui soit digne. Nous sommes tous d’accord pour constater que les conditions d’incarcération à Nuutania sont loin d’être satisfaisantes. Nous avons demandé aux élus de venir faire ce constat. 24 élus se sont déplacés, et tous les témoignages à l’issue de la visite ont été éloquents. Je comprends les craintes qui ont été exprimées par la population. L’administration pénitentiaire a le devoir répondre aux interrogations et aux craintes des citoyens concernés par la construction de cette nouvelle prison. Ce projet se fera en partenariat avec les élus et la population. Je suis très confiant quant à son issue parce que son objectif ne peut être contesté par personne. En termes d’activités et d’emplois, ce projet représente une formidable opportunité pour la commune concernée et je considère que compte tenu de la crise économique que traverse la Polynésie, il n’est pas raisonnable de refuser par principe la construction d’un tel établissement.

Avez vous des commentaires à faire en ce qui concerne le procès des travailleurs des sites nucléaires ?

Il ne m’appartient pas de faire des commentaires sur ce procès, mais je tiens à noter la façon dont l’audience à été préparée par l’autorité judiciaire, et qui a permis à tous ceux qui le souhaitaient d’être présent et aux familles de pouvoir s’exprimer.

Pascal Martin
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Commentaires anonymes

09/05/2009 à 17h00

dans l'air , sous la terre dans le lagon tout est pollué pour des millions d'années , vous n'avez pas honte de mentir , les tahitiens et l'assemblée territoriale devrait déposer une plainte à la cour pénale internatinonale afin de juger le président de la république française et la france pour génocide organisé de nos populations , pour pollution radio active des atolls de moruroa - fangataufa - tureia - cela pour des millions d'années
moruroa un jour va s'effondrer dans le pacifique ainsi que fangataufa , le pacifique entier sera contaminé,que fera la france ?????????????
çà n'est pas ton ratissage de Hao et ton développement durable qui vont nous sauver des griffes de l'enfer nucléaires que vous avez mis dans les entrailles de notre terre,
arrêtez votre idiotie 7 milliards c'est une crotte de bique pour ce que vous avez commis.

omega

Commentaires anonymes

09/05/2009 à 11h50

7 milliards pour Hao c'est vraiment se foutre de la gueule du monde , avec tous les déchets toxiques que le cep a laissé à hao et moruroa , lorsqu'on nettoyait les avions qui rentraient dans le nuage atomique tout était balançé à la mer , à lasablière on a enterré des milliers de km de câbles et de pourrutures accumulateurs , non arr^tez votre cinéma le dessus va être nettoyé en dessous c'est la mort ,
la france doit payer toute sa vie à la polynésie et aux paumotu leurs bêtises en nous prenant pour des cobayes , qui leur rapporte par areva 700 milliards de francs par an ,
le cadeau c'est l'hopital du taaone pour soigner les cancers provoqués par ces essais nucléaires , aucun cancérologue tahitien depuis , aucun cherheurs scientifique tahitiens , merci la france

votre laboratoire de recherche scientifique dans le pacifique à ciel ouvert,
arrêtez votre cinéma j'ai honte pour vous,
les jeunes tahitiens qu'on condamne pour un peu de pakalolo,
la france pour avoir polluer , contaminer Moruroa , fangataufa , hao et toutes les îles environnantes le peuple tahitien et l'océan pacifique pas de prison sacré démocratie ,
vous nous écoeurez par vos mensonges et votre fourberie , rentrez chez vous et laissez nous tranquille,

Amen

Commentaires anonymes

05/05/2009 à 08h59

Je doublerait ce que dit grincheu, l'inaction du maire de l'époque est plus que criminelle préférant laisser son "nuna'a" au milieu des déchêts de l'armée et surtout sans avoir su saisir l'occasion au départ du CEP pour donner un avenir à la jeunesse de l'atoll.

Hao est passé de l'âge moderne (du temps de l'armée)à celui des mori ava'e ou presque grâce à son maire trop occuppé à faire des "affaires" ici à Tahiti.
Espérons que ces 7 milliards que l'Etat affirme vouloir "investir" dans cette déconstruction profitent ne serait-ce qu'en partie à la jeunesse de Hao et surtout qu'il y ait de réels projets qui permettent à cette population d'avoir un avenir et un environnement plus "sain".

Les belles paroles ca commençe à bien faire, les moulins à paroles on en a assez vu depuis 30 ans svp, alors aux actes merci !

Parahi

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04/05/2009 à 09h38

en réponse a tgirl
l'Etat avait fait don a la commune de hao de toutes les installations a Hao sur demande de la commune, dans le but de les exploiter, les infrastructure laisser par les militaires étaient en tres bon etat.

Mais hélas, au lieu d'exploiter tous sa, la commune s'est regardé le nombril pendant des années tous en chantant de belles louanges de dévelopement future, on connai les politiques local, sa parle beaucoup mais pour bouger, on peut attendre.

le super Maire de l'époque étai Temauri Foster, qui est impliquer dans les magouille OPT,

tres gros gachis aujourd'hui et bel exemple de l'imconpétence de nos elus.

Commentaires anonymes

03/05/2009 à 11h17

à nettoyer tout çà !
Est ce que quelqu'un connait la raison?
Pourquoi avoir tant attendu pour faire le nettoyage ?

Commentaires anonymes

03/05/2009 à 08h55

Ce terme de durable est utilisé à toutes les sauces ... même à Hao où oui on sait que la radioactivité latente rémanente périphérique est une "activité durable" pas la peine d'avoir fait St Cyr ou l'ENA pour le confirmer ...
De là à dire que c'est une chance historique pour la population, faut pas exagérer ... ces deux là n'y finiront pas leurs jours .
Des excuses publiques seraient bien venues .

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