Publié le dimanche 07 février 2010 à 10H23
MER - Le Ariimoana en panne dans l’oeil du cyclone
Arrivée un peu particulière, hier matin, pour le thonier Ariimoana au port de pêche de Papeete. Partis pour une campagne de pêche de neuf jours au début de la semaine et malgré les conditions météorologiques, le navire, son capitaine Teva Hamblin et trois marins pêcheurs se trouvaient jeudi entre Tahiti et les Australes en plein dans la trajectoire du cyclone Oli.
> En 3 points
- Le thonier parti en campagne pour neuf jours était en panne entre Tahiti et les Australes et se trouvait sur la trajectoire du cyclone Oli.
- Un mécanicien de la société Tahiti Nui Rava’ai (TNR) entré en contact avec le capitaine par Radio Mahina a pu à distance redémarrer le navire victime d’une voie d’eau.
- Le thonier est arrivé hier matin au port de pêche de Motu Uta accueilli par le ministre des Ressources maritimes, Temauri Foster, et tous les représentants de la cellule de crise.
Lorsque se produit le pire : une voie d’eau dans la salle des machines mettant le bateau en panne. Le moteur ne fonctionnait plus et c’est à partir de ce moment que le capitaine a tenté de prendre contact avec Tahiti Nui Rava’ai via Radio Mahina et le MRCC, lesquels ont tout de suite déclenché une cellule de crise dont le quartier général se trouvait dans les locaux de TNR. Ensemble, ces représentants ont suivi, heure par heure, la position du bateau qui se trouvait à 300 km au sud-ouest de Tahiti dans des conditions de mer extrêmes, près de l’oeil du cyclone. Le MRCC envisageait une évacuation de l’équipage par le super Puma de l’armée ou l’intervention d’un navire de la marine, prêt à se porter au secours des Australes après le passage du cyclone.
Moteur noyé et creux de 7 mètres
De son côté, la SMEL Tahiti Nui Rava’ai proposait de mettre à disposition un de ses thoniers de 24 mètres pour se rendre sur place et remorquer le Ariimoana dès que la météo le permettrait. D’autres solutions ont été également envisagées car la communication radio passait mal. Puis, un des thoniers à quai de la SAS Ava’ia (filiale de TNR), le responsable technique de la SMEL TNR José Cuelho De Castro, réussit à prendre contact avec le Ariimoana.
Analyse de la situation et dépannage par radio
Il analyse la situation et en déduit qu’à l’arrêt, de l’eau est entrée par l’échappement du moteur, le noyant. Il indique la procédure à suivre : démonter les injecteurs, démarrer pour vidanger toute l’eau qui a noyé le moteur principal, remonter les injecteurs et forcer le redémarrage. C’est ainsi qu’après deux essais, l’équipage réussit à remettre en route le moteur. Quatre heures après les travaux, le Ariimoana redevient opérationnel et affronte la deuxième phase du cyclone. Tout au long de cette opération de secours, l’équipage a fait preuve de beaucoup de calme et de sang-froid. Dans ces conditions de mer, avec une houle de 7 mètres, en panne près de l’oeil du cyclone, les conséquences auraient pu être dramatiques. Cette affaire illustre une solidarité exemplaire entre armateurs et leur ministère de tutelle dans des conditions difficiles. Une remarquable conduite de cette assistance technique a pu être efficacement menée avec des moyens réduits, en parfaite coordination avec toutes les parties concernées et en premier lieu le MRCC.
Une trentaine de thons malgré tout !
Cette belle infortune de mer polynésienne qui se termine bien, sans blessés, ni dégâts matériels importants a été ainsi écrite au coeur de la tempête. Au niveau du ministère des Ressources humaines, il apparaît indispensable de disposer d’une salle opérationnelle au port de pêche pour gérer les événements graves comme c’était le cas pour le Ariimoana et pouvoir assurer la sécurité de la flotte de pêche hauturière dans sa zone de pêche. Le capitaine et son équipage ont tout de même effectué un lâcher avant leur panne et sont revenus avec près d’une trentaine de thons dans la cale. Tout lemonde, sans exception, reconnaît, encore sous le choc, avoir ressenti une sacrée peur, plus que légitime. Mais tous sont prêts à reprendre la mer pour une nouvelle campagne de pêche.
C. T
Réactions…
Teva Hamblin Capitaine du Ariimoana
“Je n’ai pas du tout paniqué”
“Les opérations de secours effectuées à distance avec le technicien de la TNR – que je remercie beaucoup – nous ont permis de réparer la panne et, surtout, d’éviter le pire. Personnellement, je n’ai pas du tout paniqué. J’ai 30 ans d’expérience au niveau de la pêche. Tout s’est très bien déroulé. Nous avons été ballottés par des vagues de 7 mètres et je vous assure que cela n’est pas du tout plaisant. Ce qui est satisfaisant, c’est que tout le monde est sain et sauf. Dès que le moteur a pu démarrer, nous avons mis le cap sur Papeete à faible vitesse. Je remercie beaucoup la cellule de crise, le MRCC, Radio Mahina et TNR de nous avoir porté secours. Maintenant, l’heure est au bilan. Nous avons déjà déchargé notre cargaison et j’avoue que l’expérience que nous avons vécue est exceptionnelle. Cela ne nous empêchera pas non plus de repartir en mer pour d’autres campagnes qui, je l’espère, seront beaucoup clémentes”.
José Cuelho De Castro, Technicien de Tahiti Nui Rava’ai
“Il a suivi toutes les consignes qu’on lui donnait à la radio”
“Je suis entré en contact avec le capitaine du Ariimoana à 9h du matin et, ensemble, nous avons communiqué par radio pour tenter de réparer le moteur qui, visiblement, avait pris l’eau. Je lui ai demandé de démonter les injecteurs, chose qu’il a faite. Et, heure par heure, je suis resté en contact avec lui. Je lui tire aujourd’hui un coup de chapeau, car il a eu le réflexe de ne pas redémarrer le moteur après la panne. Je craignais aussi qu’il n’ait pas les outils nécessaires pour démonter les injecteurs. Ce sont généralement des travaux que nous effectuons à terre. Le capitaine connaissait bien le moteur de son bateau et je pense que cela nous a beaucoup aidés dans nos interventions. Franchement, tout s’est bien passé comme nous l’envisagions de Papeete.”
Moana Maamaatuaiahutapu, Gérant du Ariimoana
“Tout le monde a joué le jeu”
“J’étais à la presqu’île lorsque j’ai appris la nouvelle. À partir de mon portable, j’ai pu entrer en contact avec le capitaine qui m’a informé de ce qui leur arrivait et puis plus rien. Il était à près de 200 nautiques au nord de Tubuai. Il m’a dit que la houle était assez forte. Je savais aussi qu’une cellule de crise avait été déclenchée par le MRCC, TNR via Radio Mahina. Ensemble, je crois que l’opération de secours a très bien fonctionné. C’était exemplaire. Je salue l’efficacité de toutes les personnes qui ont travaillé autour de cette crise, en particulier José Cuelho De Castro qui a très rapidement maîtrisé la situation. Le bateau a pu redémarrer et je pense que le contact pris avec le capitaine était capital. Franchement, tout le monde a joué le jeu. Le résultat, l’équipage est arrivé sain et sauf.”
Vidéo après le passage Oli à la digue de Motu Uta
Charles Taataroa





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Commentaires anonymes
09/02/2010 à 11h19
Je suis ravi de savoir que finalement ils sont arrivé saint et sauf. Merci SEIGNEUR.
Et j'ai entendu dire que le capitaine sera sanctionné pour avoir mis des vies en danger??? Attend la, le capitaine était serein et à tout fait pour que ça se passe bien. A mon avis c'est pas une sanction qu'il lui faut mais une médaille de mérite... N'est ce pas? Alors arrêtez y a mieux à faire que de sanctionner ce bon capitaine. Ayez pitié de lui SVP et allez plûtot sanctionner les délincons et les politicons
Commentaires anonymes
09/02/2010 à 07h55
Je suis très heureux que cette mésaventure se soit bien terminer ....
Mais quelle inconscience et irresponsabilité de ce capitaine qui malgré les avis de tempête et cyclone ne se met pas à l'abri pour la sécurité de son équipage et de son navire ... D'autre part , quelle incompétence ! De stopper son moteur la nuit pour de économies de gas-oil ,alors que dans le mauvais temps toujours conserver une vitesse pour présenter à la mer sa partie la moins vulnérable . Même si l'issue s'est bien déroulée , je ne confierais pas le commandement de mes navires à de tel inapte .