Publié le jeudi 25 février 2010 à 10H46
Exonérations refusées, horaire des bateaux non concordant, attente d’aides du Pays…
Le 26 juin 2009, le conseil des ministres prenait un arrêté relatif à l’exonération de fret de certains matériaux de construction (ciment, tôles, bois traité, bois en feuilles et contreplaqués). L’exonération qui concerne aussi les productions agricoles et artisanales ne s’applique qu’aux produits commercialisés, la prestation de l’armateur étant payée par les affaires économiques sous présentation du connaissement et de la facture des marchandises. Ce dispositif n’est pas pratiqué par la flottille administrative qui ne peut pas faire concurrence aux entreprises privées.
C’est pourquoi les habitants de Maupiti sont à nouveau pénalisés par leur desserte maritime puisque le Maupiti Express 2 est le seul bateau privé à desservir le fenua mais seulement à partir de Raiatea. Bien que dédié au transport de passagers et disposant d’un volume restreint de cale, il supplée déjà le Tahiti Nui VI pour l’acheminement des pastèques et des petites quantités de bois ou de tôle qui, transportées conjointement avec l’Hawaiki Nui, peuvent ainsi bénéficier de l’exonération. Mais pour les grosses quantités et les palettes de ciment, leministère de l’équipement, qui gère les cargos rouges et blancs, ne semblemalheureusement pas disposé à renoncer au montant du fret, la ligne n’étant déjà pas rentable. Si les agriculteurs membres de l’association Hoturau Nui No Maupiti bénéficient depuis quelque temps de l’exonération, le transport de leur production par le biais des deux bateaux précités est plus compliqué et plus coûteux que pour leurs homologues des autres îles.
En effet les pastèques doivent être transbordées manuellement à bord de l’Express, ensuite elles doivent être gardées sur le quai de Raiatea en attendant le chargement sur l’Hawaiki Nui car les horaires des deux bateaux ne correspondent pas. Pour eux la solution s’appelle Maupiti Express 3, un navire de charge du même type que le Tapuaemanu 3 qui dessertMaiao. Les pastèques pourraient y être embarquées dans de grands casiers qui seraient transférés directement sur l’Hawaiki Nui. Le projet déposé il y a environ deux ans a déjà obtenu la défiscalisation Loi Girardin dont le montant n’est pas encore fixé mais ne pourra pas se concrétiser sans une aide supplémentaire du Pays.
L’armateur estime qu’il ne serait pas raisonnable d’augmenter le tonnage du bateau pour bénéficier de la loi de Pays qui exige un investissement minimum de 250 millions de francs alors que la construction de l’express n’en nécessite que 150. L’instabilité politique n’a jusqu’à présent pas permis de réévaluer à la baisse ce minima ou d’obtenir une autre forme d’aide. Pourtant tout le monde à Maupiti continue d’espérer que le miracle se produise bientôt. Ils se prennent à rêver d’une vie sans pénurie chronique d’essence, de gaz ou même de nourriture de base, sans plusieurs mois d’attente d’une voiture neuve ou de matériaux de construction livrés uniquement par le Tahiti Nui VIII, bref d’une île où l’on pourrait enfin exercer une activité pérenne de qualité, où l’on ne serait plus obligé soit de stocker, soit de payer le prix fort.
De notre correspondante Véronique de Santana





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Commentaires anonymes
26/02/2010 à 14h18
Iaorana,
Et oui bien souvent (même trop souvent) oubliés les habitants de Maupiti et des autres îles éloignées, de la capitale! Pourtant, quand il s'agit de récupérer des voix lors des élections, tous les moyens sont mis en oeuvre pour aller chacun son tour, "prêcher la bonne parole" dans nos petites îles!
Pour avoir vécu ce désintérêt des élus lors de mon dernier séjour sur mon île, je dis que celà ne devrait plus exister en 2010!
Maururu