En hommage à “Bombardier B52”

Publié le mercredi 15 octobre 2008

Rocky aura sûrement un gros pincement au coeur en montant sur scène vendredi 14 novembre au Sofitel Tahiti. Non pas qu’il ait le trac, mais parce que ce concert sera dédié à son père, Hubert Gobrait, disparu le 13 septembre dernier. Notre Elvis tahitien se souviendra alors de celui qu’on surnommait le Bombardier.

Avant d’être le boxeur de talent qu’on a connu, il eut une enfance et une adolescence plutôt difficiles. Peut-être pour cette raison, sut-il se forger un caractère et une force hors du commun. Dès 16 ans, il commença à s’entraîner durement à la boxe et ses exploits pugilistiques se révélèrent durant les fêtes du Tiurai, dès les années 50. Le clou de cette manifestation résidait dans la venue des îliens sur Papeete pour des confrontations de boxe, dont la seule règle consistait à mettre son adversaire KO au terme généralement de rudes combats sans règle bien précise. Ce fut l’occasion pour Hubert Gobrait de démontrer son savoir-faire, mais aussi d’apprécier pleinement ses entraînements personnels. À cet effet, il eut à maintes reprises l’occasion de tester in situ l’efficacité de sa droite redoutable, puisqu’il réussit l’exploit d’aligner 18 soirées consécutives de combats en restant invaincu. Par ailleurs, il détient aussi le record de KO successifs, avec 7 KO… en une seule soirée, ce qui lui valut le surnom de “Bombardier B52”.

Passionné de boxe et chansons

En secondes noces, il épousa le 13 juillet 1973 Suzanne Renvoyé qui donna naissance à 6 enfants, avec lesquels il partagea sa passion de la boxe et son admiration pour la chanson, notamment pour le King Elvis Presley. C’est tout naturellement que Tyrone Gobrait devint champion de Polynésie de boxe, en mi-lourds et en poids lourds durant plusieurs années, et quitta le ring invaincu au même titre que son père. Rocky quant à lui, bien qu’excellent boxeur et technicien hors pair, préféra se lancer dans le monde de la musique, et est devenu très rapidement le King polynésien, imitateur d’Elvis Presley. Corinne se lança également dans la musique et gagna un des premiers concours de chant organisé sur la Polynésie en 2003, “Fetia”. Orama, Priscilla et Sabrina ont, été de jeunes espoirs du tennis local.

Sur le plan professionnel, Hubert Gobrait n’est pas resté inactif. Après avoir monté un des premiers garages de Mini d’occasion dans les années soixante-dix, il lança par la suite le premier jus tahitien sous l’appellation Discorange, et enfin développa une activité dans la perliculture. En somme, Hubert Gobrait fut un exemple, non seulement pour ses enfants mais aussi pour tous ceux qui l’ont bien connu. Ce qui vaut pleinement un hommage en chansons. Concert hommage de Rocky vendredi 14 novembre, à 20h au Sofitel Maeva Beach.

Th. D.

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