Gaston et Émile : le virage et le dérapage

Publié le jeudi 04 décembre 2008 à 08H25

Émile Vernaudon a finalement été rattrapé par la justice hier à Paris, après avoir tant de fois échappé à l’inéligibilité. Et ce n’est peut-être qu’une première étape, compte tenu des autres affaires en cours, notamment la gestion de l’OPT. Mais ce sera bien ce cabanon où il aimait se ressourcer à la manière de la vie dans les îles – en fait quelques tentes aux couleurs bleues à Tautira – qui l’auront fait tomber pour la première fois. Une sortie de route pour rien ou presque, et il pourra d’ailleurs continuer à profiter de son terrain, après une nouvelle régularisation obtenue en août dernier. Pendant ce temps, le sénateur de la Polynésie a continué cette semaine au Sénat sa lente glissade vers le discours indépendantiste, à l’occasion du débat sur le projet de loi de finances : il s’est ainsi demandé à haute voix si les Polynésiens ne doivent pas “se préparer à assumer seuls leurs destins de peuple océanien” (voir notre édition d’hier). Ce n’est qu’une suite logique, après être allé se recueillir sur la stèle de Faa’a à la mémoire des Tahitiens victimes des soldats français, puis déclaré avoir été “trompé” par la France au sujet des essais nucléaires (ndlr : mais alors bien trompé, pendant quarante années au cours desquelles il ne s’était rendu compte de rien ! ) La prochaine étape, ce sera peut-être la demande d’un référendum d’auto-détermination, lui qui y avait été si farouchement opposé. Mais “lâché” par Paris à 77 ans – après pourtant de bons et loyaux services – il n’a plus rien à perdre. Juste quelques comptes à régler avec les nouveaux dirigeants parisiens, à qui il avait amené tant de voix lors des élections présidentielle et législative de 2007. Ainsi va la politique : pas d’amis et pas de mémoire, à Papeete comme à Paris… Yves Fortunet

Yves Fortunet
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