Gerboise bleue le désenchantement

Publié le samedi 13 février 2010 à 13H42

Editorial “Un magnifique champignon, mauve et blanc”, “On dirait de la neige au sommet, c’est cotonneux, c’est merveilleux”... En ce 13 février 1960, des journalistes commentent le premier essai nucléaire français. L’exploit scientifique aveugle ces spectateurs privilégiés. Cette description “poétique” de l’explosion atomique sera diffusée quelques semaines plus tard sur les ondes des transistors français. Après les États-Unis, l'Union soviétique et le Royaume-Uni, la France devenait alors la quatrième puissance nucléaire. Elle pouvait pavoiser et ne s'en privait pas... Le “hourra pour la France” du Général de Gaulle restera célèbre.


Au total, le pays va effectuer 210 essais nucléaires aériens et souterrains. Cinquante ans plus tard, la Gerboise Bleue ne fait plus rêver. Il y a eu des retombées radioactives, des populations et des soldats ont été contaminés. Cinquante ans plus tard, les essais nucléaires hantent encore les esprits des vétérans et des populations exposées du Sahara au fenua.

En ce 13 février 2010, des journalistes du quotidien Liberté Alger se souviennent : “Il était 6 heures du matin, ce jour 13 février 1960, les militaires français somment les habitants de Reggane à accrocher à leur cou des pendentifs en forme de clichés. Quelques instants plus tard, une violente déflagration a été entendue. Ce fut le premier tir nucléaire de la France. 50 ans plus tard, la population de Reggane (ville située à 40 km de l’explosion) vit encore sous l’onde de choc des retombées dramatiques de ces essais.

La localité continue à compter encore un taux important de cancéreux, d’hypertendus et d’innombrables cas pathologiques liés à cette catastrophe que la France coloniale a réalisée au vu et au su de toutes les puissances de l’époque”.

Au fenua, cet anniversaire arrive au moment où est publiée la première loi sur l'indemnisation des victimes... Une nouvelle bataille pour les victimes des essais car la liste des pathologies est au coeur d’un nouveau bras de fer avec l’État.

Claire Chunlaud

(Lire aussi un courrier de Bruno Barillot, le délégué polynésien pour le suivi des conséquences des essais nucléaires, dans La Dépêche de Tahiti de ce samedi 13 février)

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