Publié le lundi 08 mars 2010 à 08H24
Editorial Tandis que les élus du Pays se prenaient le bec mais au sec, samedi à l’Assemblée de Polynésie française à propos de la loi Morin, dehors leurs administrés tentaient de garder leur calme, les pieds dans l'eau. La nuit a été terrible pour de nombreux Polynésiens qui se sont réveillés les pieds dans la boue. À Tipaerui, deux familles assistaient impuissantes à la destruction de leur fare. Photos, jouets, cahiers d’écolier, ma’a, vêtements... le fruit d’une vie s’effondrait sous la puissance d’averses torrentielles.
24 heures après le drame, nous nous sommes rendus sur place pour rencontrer ces sinistrés du quartier de Punaea (lire page 26 de la Dépêche de Tahiti de ce lundi 8 mars). Le constat est simple et terrible : “Les malheureux ont tout perdu”. Pris en charge par les affaires sociales, ils ont été hébergés dans une maison de quartier. Désormais le relogement, attendu depuis des années, devra aboutir. Le député maire de Papeete et le ministre Teari Alpha ont admis qu’il était temps de se pencher sur ces habitations “sauvages” près des rivières, que c’était “dangereux”. Certes. Mais, la problématique est un peu plus complexe. Ce n’est pas pour le plaisir que ces familles s’entassent dans de modestes baraques de tôles, c’est bien par manque d’argent, de moyens. Les aides d’urgence ne sont pas une fin en soi. Ce dont ont besoin ces familles, c’est d'un travail durable, de sources de revenus suffisantes pour faire bouillir la marmite. Et là, ça se complique, car les deux secteurs d’activité les plus créateurs d’emploi, le tourisme et le bâtiment débauchent... Il serait peut-être temps que les politiques manifestent autant d'intérêt pour le présent de la Polynésie que pour son passé, fusse-t-il discutable.
Claire Chunlaud





Les dernières contributions
Commentaires anonymes
08/03/2010 à 15h46
Que de vérité Claire, alors que les pouvoirs publics étaient depuis des décennies au courant, que cette période de l'année, année aprè année, ce sont les mêmes inondations, glissement de terrains, les caniveaux bouchés, des canalisation d'eau brisées, les rues inondés de boue...les maisons détruites...des milliers de famillies vivant des quartiers insalubres dans les centres urbains et dans les vallées dans presque toutes le communes sont exposées constamment à ce genre de problème alors que ces pauvres familles, n'ont presque rien pour sécuriser leur vie au quotidien attendant un toit décent, et solide etc...de la part des élus et tenants au pouvoir...Hormis comme vous l'avez bien cité, Claire, de quoi se nourrir décemment au moins un bon repas par jour, et non du pain, beurre, chesdale et nescafé jour après jour!
Comment sommes-nous arrivés à ce point là, alors il suffisait d'un planning intelligent dans le temps avant l'arrivée des saisons de pluie. Nous sommes encore devant cette éventualité, les élus ne sont pas prêts à faire face aux challenges les plus durs de la nature, à commencer par ces inondations, hormis les cyclones et qu'est ce serait si un véritable tsunami viendrait frapper de plien fouet le fenua...
Déjà à l'échelle de la gestion du fenua en matière d'économie et du social, c'est un véritable désastre, alors qu'ils avaient des milliards provenant des contribuables locaux et métropolitains à distribuer à compter par les plus défavorisées, en logement, éducation, santé, et de l'emploi pour tous, on n'en serait pas là aujourd'hui! Où sont donc passés tous ces milliards ?
Qui sont les bénéficiaires pivilégiés de cette richesse, alors que le fenua glisse progressivement dans la faillite ? C'est inadmissible!
Faaitoito et bonne semaine!