Les mauvaises surprises de Monsieur Oli

Publié le vendredi 05 février 2010 à 08H18

Oli n’a pas fait que changer de sexe en quelques jours, il est aussi entré brutalement dans l’histoire de la Polynésie, et risque hélas d’être gravé dans les mémoires. On croyait, en effet, avoir affaire à la dépression tropicale Oli, un peu agitée, mais pas méchante, finalement, un peu à l’image de sa petite soeur Nisha. Mais dès mercredi, il est devenu un monsieur, c’est-à-dire un vrai cyclone que l’on redoute et que l’on respecte. Et il a surtout réussi à se renforcer considérablement en passant au large de la Société, même sous des latitudes normalement déjà trop basses pour cela. Résultat, Oli est devenu un véritable monstre nuageux, le deuxième cyclone le plus puissant qu’ait connu la Polynésie nous ont dit hier les spécialistes de la météo. Un monstre nuageux et une machine à détruire. On tremblait, hier soir, à l’idée de ce qui attendait les 4 400 habitants de Tubuai et Rurutu, placés sur la trajectoire du cyclone, et le bilan risque d’être malheureusement catastrophique. La dernière fois qu’un cyclone est passé sur une île, c’était à Maupiti en 1997. Et lorsque les premiers secours sont arrivés, ils ont trouvé un village entier dont il ne restait plus que des dalles en béton et des WC. Tout le reste avait été emporté par les vents. Les habitants, eux, étaient hébétés par cette furie des éléments. À côté de ce qu’ont traversé les taata tuhaa pae la nuit dernière, les dégâts et soucis à Tahiti semblaient bien dérisoires, surtout que d’autres îles ont aussi beaucoup souffert (Moorea, Bora Bora). D’où la question qui surgit déjà de l’utilité d’avoir déclenché un couvre-feu sur l’île depuis mercredi soir, en sachant que la trajectoire du cyclone le faisait forcément passer au large de Tahiti (lire ci-dessous). La dernière fois qu’une interdiction de se déplacer a été décidée c’était en 1997 toujours, lors du cyclone Oséa. Car celui-ci fonçait tout droit en effet sur Tahiti. Juste avant de prendre un virage inattendu à 18 heures, pour épargner l’île. Disons donc que cette alerte était un bon exercice, histoire de retrouver vos cordes, vos clous et vos lampes torches. Car hélas, les services de Météo France redoutent que la suite de la saison chaude soit encore agitée… Yves Fortunet

Yves Fortunet
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