Publié le vendredi 12 septembre 2008 à 08H37
ATN - La compagnie dévoile des axes stratégiques très ambitieux Les tant attendues stratégies de d’Air Tahiti Nui (ATN) ont enfin été dévoilées hier soir à la présidence. Après un discours réaliste mais surtout encourageant, le président du Pays Gaston Tong Sang a laissé la parole au PDG Christian Vernaudon qui a révélé les grandes lignes.
Avec un vocabulaire plutôt mortuaire, il a insisté sur le fait que c’est grâce aux actionnaires et au Pays que la compagnie n’est pas morte. “ATN était dans l’antichambre de la mort. Sans les 2 milliards Fcfp du collectif budgétaire et les 1, 5 milliard d’augmentation du capital, nous serions en cessation de paiement”, a-t-il lancé en préambule. L’ambiance macabre était jetée. Une manière de demander à l’ensemble du personnel réuni de se savoir chanceux qu’aucun licenciement ni plan social ne soit prévu et d’admirer l’audacieux programme. Malgré un langage très funéraire, il a rappelé que c’est grâce à une période de crise qu’à ses débuts ATN a pu acheter ses avions à meilleur marché et survécu grâce à la disparition de grandes compagnies. La direction de la compagnie au tiare espère équilibrer son budget d’ici deux ans et devenir bénéficiaire en 2011. Gaston Tong Sang a annoncé l’objectif de doubler la part du tourisme dans le PIB du Pays en 10 ans.
“Aging” pour limiter les hausses du coût du pétrole
L’augmentation du prix du pétrole représente le facteur le plus lourd dans la crise mondiale que vit le secteur aérien. De 2002 à 2004, le carburant représentait 20% du CA (chiffre d’affaires) contre presque 50% cette année, soit une facture de 15 milliards CFP. La légère baisse du prix du carburant s’est répercutée sur le prix du billet, mais évoluera dès que le coût du carburant remontera. L’augmentation des prix billets aux Étatsunis a pourtant été dans des proportions moindres des 25 à 30% de l’augmentation du surcoût dont ATN a absorbé près de 70 %. Les surcharges qui s’élevaient à 3 milliards CFP en 2007 sont de 4 milliards cette année mais ATN n’a répercuté qu’un milliard sur le prix du billet. Ce sont donc 3 milliards de déficit qui sont dus uniquement à la hausse du prix du carburant. Pour se couvrir des risques d’augmentation à venir, ATN va pratiquer le “aging” (achat à l’avance). Air France, qui le pratique déjà, a ainsi payé un baril à 85 dollars pendant qu’ATN le payait dans le même temps 145 dollars. La compagnie polynésienne a donc suivi l’exemple de la compagnie française en achetant 45 millions de dollars de pétrole pour l’année prochaine, soit 20% de la consommation. Un carburant estimé à 136 dollars pour 2009 alors qu’il est prédit à près de 200 dollars.
Cinq nouveaux appareils pour 2017
Dans cette même politique d’économies de carburant, la compagnie prévoit l’achat de nouveaux appareils ; les A350 et Boeing Dreamliner consomment en effet 25% de carburant en moins que les appareils actuellement utilisés. Mais les délais de livraison sont 2016 voire 2017. En juin Gaston Tong Sang a déjà évoqué l’application de la défiscalisation à Paris. Ce sont cinq airbus d’un coût de 60 milliards Fcfp qui sont commandés. Ils seront financés avec 20% de fonds propres, venant notamment du produit des quatre appareils à 9 milliards Fcfp et de 3 milliards Fcfp en sollicitant les actionnaires. Le reste sera financé par un emprunt.
Fin de la liaison avec Osaka et fiu de Los Angeles
Les prix de revient étant à la hausse, le taux de remplissage se doit de l’être. Les compagnies aériennes ont un taux de remplissage moyen de 80%, mais celui d’ATN n’est que de 66%. La compagnie vise les 75 % pour 2009 et davantage pour 2010. La solution : couper certaines lignes comme Osaka. Au lieu de se séparer d’un appareil et de licencier 20% du personnel, la compagnie mise sur de nouveaux marchés, notamment asiatiques. En 2010 trois fréquences sont prévues sur Tokyo, avec un départ plus tard pour les correspondances vers la Chine. Il n’est par ailleurs plus question que la liaison entre New York et Papeete fasse une halte à Los Angeles, une ville qui n’est plus en odeur de sainteté selon Christian Vernaudon. Il faut des destinations “plus sexy comme Las Vegas et New York !”
Alliance avec les grands groupes
Le marché local couvre 30% et les touristes 60% des passagers d’ATN. Le marché local, limité, peut difficilement s’étendre. Pour éviter que la fréquentation des avions ne baisse autant que celle des touristes, la compagnie veut s’attaquer aux marchés transitaires, notamment trans- Pacifique, qui représentent moins de 10% à l’heure actuelle. Ce sont 2 millions de touristes européens qui se rendent chaque année en Australie et en Nouvelle- Zélande par l’Asie, par manque de produits aériens via les États-unis. Les trois mastodontes Star Alliance, Sky Team et One World se partagent le marché. ATN envisage de grignoter le marché d’Air New Zealand (groupe Star Alliance), qui passe de Los Angeles par Rarotonga. Il compte également sur une alliance avec Qantas (One World) pour le marché dans le Pacifique. Enfin, la compagnie au tiare pourrait devenir partenaire de Skyteam, à condition qu’elle prouve sa stabilité. Elle vise la “colonne vertébrale” des passagers comme du fret : Paris/États-unis/Tahiti/Australie et Nouvelle Zélande. Des fréquences de vols supérieures pourraient être envisagées.
De nouvelles cabines et de nouvelles classes
Christian Vernaudon a rappelé que c’est grâce à Nelson Lévy que la compagnie avait gagné cette authenticité qui lui a valu plusieurs prix Skytrax. Il a demandé au personnel de la conserver, mais d’appliquer aussi la notion d’excellence. C’est, notamment, grâce aux belles cabines neuves qu’à ses débuts la compagnie a brillé. Elle est depuis dépassée par les autres compagnies. Les avions api n’étant pas disponible avant 9 ans, dès l’année prochaine, 3 milliards Fcfp sont investis pour équiper les 5 appareils de cabines modernes. Il ne s’agit pas seulement de changer les sièges et les vidéos mais de revoir toute la configuration des cabines. Les avions comptent actuellement 6 places en première classe, 24 en business et 264 en économique. Le nouvel agencement prévoit 30 sièges de première et la création de deux classes intermédiaires : une classe éco avec des sièges qui s’inclinent davantage ainsi qu’une nouvelle classe intermédiaire avec des sièges plus larges et un prix 60 % plus cher que la classe économique classique. L’avion en sera allégé de quelque 800 kg.





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14/10/2008 à 18h21
c clair comm strategi, les tax airport sur vegas sont moins cher qu'a lax...alors pourkoi pa?
maintenant la config cabin doit etr ameliorer, n'avons nous pas des hotels a 1 millions la nuit? tahiti est un produit de luxe avec des prix de luxe et il faudrai un avion de luxe mais pas trop cher pour nous petit polynesiens ok
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20/09/2008 à 21h21
Il est clair que TN change ainsi de stratégie : au lieu de faire venir des touristes (but de la création de l'entreprise), il s'agit désormais de remplir les cabines. Parce que personne ne peut raisonnablement imaginer que des touristes viendront de Las Vegas vers Tahiti. La capitale du jeu est en effet connue comme étant une "destination", au sens premier du terme.
Alors, mauvaise idée ? :(
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15/09/2008 à 15h49
Iaorana,
Les erreurs de syntaxe sont peut être dû au montage web.
Le reste... Le journaliste vous en donnera peut être plus.
@micalement,
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15/09/2008 à 15h38
Bonjour. Quel bonheur de retrouver la Dépêche en ligne...
Cet article est intéressant, mais j'en déplore la forme qui dénote parfois un certain amateurisme. J'ai du mal à croire que le/la journaliste ait relu son texte comme il se doit.
"stratégies de d’Air Tahiti Nui" = stratégies d'Air Tahiti Nui
"L’augmentation des prix billets aux Étatsunis" = l'augmentation des prix des billets aux États-Unis
"Les avions api n’étant pas disponible avant 9 ans" = disponibles
Et le meilleur pour la fin...
"“Aging” pour limiter les hausses du coût du pétrole" = il fallait écrire HEDGING et non aging (vieillissement). J'invite le/la journaliste à se renseigner sur les stratégies de hedging.
Quant au fond de l'article en lui-même:
"Il n’est par ailleurs plus question que la liaison entre New York et Papeete fasse une halte à Los Angeles, une ville qui n’est plus en odeur de sainteté selon Christian Vernaudon. Il faut des destinations “plus sexy comme Las Vegas et New York !”"
Comment Los Angeles pourrait ne plus être en "odeur de sainteté" chez ATN alors que c'est la route qui génère le volume le plus important ? Et que la majorité des touristes polynésiens sont des américains qui embarquent à LAX ? Je trouve également consternant que le choix d'une nouvelle destination semble être guidé par la recherche de quelque chose de plus "sexy", alors que les mots qui doivent revenir le plus souvent lorsque l'on élabore la stratégie d'une entreprise sont "profitabilité", "revenu", etc...
"ATN envisage de grignoter le marché d’Air New Zealand (groupe Star Alliance), qui passe de Los Angeles par Rarotonga."
ANZ a en effet un vol LAX-RAR-AKL, mais elle opère également des vols directs sans escales Los Angeles - Auckland.
"Le nouvel agencement prévoit 30 sièges de première et la création de deux classes intermédiaires : une classe éco avec des sièges qui s’inclinent davantage ainsi qu’une nouvelle classe intermédiaire avec des sièges plus larges et un prix 60 % plus cher que la classe économique classique"
Dans ce cas-là on doit parler d'une configuration Business/Economie +/Economie. Libre à ATN de leur donner des noms exotiques pour les rendre plus attractives, mais à l'heure actuelles très peu de compagnies au monde peuvent se targuer d'avoir une vraie Première Classe, et le type de clientèle que transporte ATN ne justifie en aucun cas la présence d'une première classe à bord. Quand je parle de Première Classe, il s'agit d'un produit similaire à celui offert par Lufthansa, Singapore Airlines, Cathay Pacific, Emirates ou Air France. Ces grandes compagnies ont toutes accès à des marchés qui sont de gros réservoirs en clientèle à haut revenu.