Fiasco pour la réunion de Tong Sang

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Publié le mercredi 01 septembre 2010 à 11H38

LOI ÉLECTORALE - Seuls sept partis politiques se sont présentés hier matin à la présidence

pol150.jpgDéjà, la réunion de Bruno Sandras au CESC, où les élus de petits et très petits partis s’étaient pris des airs de géants en droit d’imposer leur volonté à la ministre de l’Outre- mer, avait un goût aigre. Hier, la réunion demandée par Gaston Tong Sang à la présidence a viré au fiasco. Sept formations politiques représentées ; un consensus mou sur des points sur lesquels tous sont d’accord depuis des mois ; deux heures de discussion pour ne pas trouver de position commune ferme.

Le bilan n’est pas flatteur. À neuf heures, seul, Teiva Manutahi attendait à la présidence dans la grande salle de réunion. Un à un, les autres chefs de file sont arrivés. Bruno Sandras, les représentants de No oe e te nunaa, Robert Tanseau, Nicolas Bertholon, Aldo Tirao et enfin, Gaston Flosse, Édouard Fritch et René Temeharo fermaient le défilé. Gaston Tong Sang pouvait alors contempler le tableau… Seuls sept partis étaient représentés sur les 26 recensés en Polynésie française. À quatre jours du déplacement à Paris pour rencontrer Marie- Luce Penchard et discuter de la modification de la loi électorale, la défense d’une grande cause commune à Paris a pris du plomb dans l’aile.

Bruno Sandras le premier le reconnaissait à la sortie de la réunion : “Dans notre pays, dès qu’on essaie de faire des choses en commun, ça ne marche pas”, regrettait-il avant de lâcher : “Si tout le monde continue de ramer tout seul dans son coin…” La loi Estrosi et la réforme électorale qui l’accompagnait n’ont pas eu de meilleur sort. À l’Assemblée de Polynésie française, l’ex secrétaire d’État à l’Outre-mer avait été chahuté. La loi avait recueilli un avis défavorable avant d’être votée à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, ce n’est pas une découverte que, pour une histoire de pourcentage et d’électorat, chaque parti voit midi à sa porte. Tout en se regardant le pito, chacun a essayé de faire comprendre que c’est pour l’intérêt général du Pays qu’à quelques jours de la présentation des conclusions de la mission Barthélemy, la loi électorale devait être discutée. Elle ne l’a pas été en interne depuis le mois de février et sa première évocation, elle ne pouvait pas l’être plus hier.

Bertrand Prévost

Bruno Sandras

“Si tout le monde continue de ramer tout seul dans son coin…"

Vous êtes satisfait de cette réunion ?

(Visiblement énervé) Non. Non, parce qu’encore une fois nous avons montré notre incapacité à nous retrouver sur des sujets essentiels. Je ne me sens pas mandaté par qui que ce soit la semaine prochaine à Paris. Je vais aller écouter ce que Mme Penchard va proposer, puisque tel était le sens de notre invitation. J’espère, par contre, qu’à notre retour, très rapidement, il y ait une autre réunion de toutes les formations politiques avant que la ministre de l’Outre-mer vienne nous voir.

Quels sont les points de divergence ?

On n’en a même pas parlé. On était trop peu nombreux ce matin. J’ai initié le mouvement. J’ai pensé que si le président le faisait à son tour, nous serions plus… On était encore moins. C’est dommage. La semaine prochaine, personne n’ira devant le ministre pour s’exprimer au nom de toutes les formations politiques. Dans notre pays, dès qu’on essaie de faire des choses en commun, ça ne marche pas.

Vous n’avez pas peur que la France impose un nouveau mode de scrutin ?

Si tout le monde continue de ramer tout seul dans son coin… J’essaierai de défendre les intérêts par la suite de la Polynésie en déposant des amendements à l’Assemblée nationale.

La loi électorale Estrosi en 2007 avait déjà divisé. Pourquoi croire qu’aujourd’hui ce sera différent ?

En 2007, c’était une volonté de Paris. Cette fois-ci, c’est une volonté de toutes les formations politiques.


Gaston Tong Sang

“Reste à savoir ce que Paris va proposer”

Un mot sur cette réunion.

Il y a eu beaucoup d’invités, et peu sont venus. Une occasion de se rencontrer, c’est toujours bon à prendre. J’étais dans la démarche qui avait été initiée par Bruno Sandras. J’avais également invité l’UPLD à cette réunion. Je n’avais oublié personne. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’après la mission de Paris, on doit à nouveau se retrouver, tous ensemble, et pourquoi pas, rédiger une proposition commune, en fonction de ce qu’on aura comme information du ministère de l’Outre-mer.

Vous n’avez pas l’impression de vous être mis au travail un peu tard ?

Ah non. Je ne pense pas. Certains parlent d’élections anticipées, avant même le vote de la loi électorale. Je me souviens de la réponse du président de la République en avril dernier sur un renouvellement anticipé de l’Assemblée. Ça a été un non catégorique. Il faut d’abord ouvrir le chantier de la réforme électorale, voter la loi, et on verra si des élections se justifient ou pas.

Vous partez à Paris sans un message commun.

Il ne faut surtout pas de liste unique, ni de circonscription unique, pour préserver les archipels. Ça, c’est clair et net. Sur le nombre d’élus, les avis sont partagés aussi. Nous avons quand même des points de convergence. Reste à savoir ce que Paris va proposer.

Comment va réagir la ministre devant votre absence de consensus ?

Mme Penchard n’a pas demandé de consensus. Elle veut rencontrer la représentation officielle dans les institutions, plus deux partis qui se sont présentés en 2008. Après, elle s’est engagée à venir nous rencontrer, ici, en Polynésie française, pour présenter un projet qui pourra aboutir à une stabilité de nos institutions.”

Édouard Fritch

“Au fond de leur coeur, ils sont d’accord”

Le président délégué du Tahoera’a a-t-il apprécié cette réunion ?

C’était une bonne chose. Tout le monde était invité ce matin pour faire un tour de table sur les points clés de cette nouvelle loi comme le nombre de tours, de circonscriptions, la prime majoritaire, etc. L’objectif était d’avoir une vision commune. Nous avions commencé à travailler avec les parlementaires. Je pense que les choses évoluent vers quelque chose de commun, bien que sur les chiffres, il y a encore des tendances différentes. Les uns et les autres ont tout de même une volonté de trouver une solution pour stabiliser la vie politique dans notre pays.

La solution serait de se rapprocher du projet de réforme du Tahoera’a ?

Non, parce que, en fin de compte… nous avons tous les mêmes envies. Nous sommes pratiquement tous d’accord sur plein de sujets. Le nombre de circonscriptions… Au fond de leur coeur, ils sont d’accord. C’est la porte ouverte à l’émergence des nouveaux élus. Cela freine la mainmise des grands partis sur les élus. Propos recueillis par Bertrand Prévost

Le Tavini à fond dans l’indépendance

Le Tavini a profité hier de l’échec des discussions des autonomistes dans le questionnement, “on y va ? on n’y va pas ?” via un communiqué. Raillant les “toutous de la République”, le Tavini, dans un courrier du 28 mai 2010 ( ! ) revient sur le changement de gouvernement annoncé en métropole, et voit déjà Marie-Luce Penchard passer à la trappe. “Avec qui le président Tong Sang discutera-t-il des problèmes de l’aéroport ?” demande le parti du président Temaru pour qui c’est devenu une obsession, un symbole d’indépendance de plus à conquérir. “Nous continuons de soutenir que le fait colonial reste l’entrave principale du développement politique, économique, social et culturel de tous les peuples sous tutelle”, conclut le communiqué.

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Commentaires anonymes

03/09/2010 à 04h00

Je suis de ton avis Pato. Pourquoi ne pas essayé ce modèle? Un exemple fort, est bien la Suisse.
Mais je te dis que nos politiciens ne savent même pas ce que c'est. Ils n'ont aucune imagination et ne savent pas comment s'y prendre. Surtout pas de vagues, ils ronronnent dans leurs fauteuils et préparent les futurs élections à coup d'UNESCO et de projets mirobolants qui font que l'argent du contribuable est dilapider sans contestation, ni mesure de prévention. Si tu as lu le statut 2004, tu comprendras que les dépenses gouvernementales font l'effet du prince...iaouhhhhhhhhhhh. Il y en a qui profite sans en être inquiété...

02/09/2010 à 09h21

Plus de 2 mandats, c'est de la dictature.>:(
Même Poutine a laissé sa place !:o)
Quant au fenua, pour redistribuer les privilèges ;o)un seul mandat est souhaitable, y compris pour les communes.
Si on ne peut empêcher le clientélisme, alors redistribuons les droits, en n'omettant personne.
La confédération est un modèle d'avenir, pourquoi ne pas l'essayer ?

Commentaires anonymes

02/09/2010 à 07h50

Comment peut-on, lorsque l'on a réussi à passer un diplôme d'ingénieur, prétendre que l'on peut assurer la stabilité des institutions en conservant les circonscriptions actuelles, qui rendent inopérante la prime majoritaire. C'est de la mathématique élémentaire.
Seule la circonscription unique peut nous sortir de cette errance. Aux partis d'avoir le courage de mettre des îliens en bonne place.
La mise au point du nouveau mode de scrutin ne doit pas être politique, mais purement technique. C'est aux spécialistes de proposer un mode scrutin et aux législateurs de le valider.

Commentaires anonymes

02/09/2010 à 00h07

Le nouveau statut 2004 a été une recolonisation de la Polynésie. Aucun parti politique n'a soulevé les vrais problèmes de ce statut. C'est du coup par coup...E pa'i e ):+( Bouches cousus, futur foutu.
Ni Oscar, Ni les deux Gastons, ni les autres leaders politiques. Il n'y a encore personne qui n'ait l'étoffe d'un grand maître ou métua pour porter haut LE BONHEUR de TOUTE la Polynésie.
Et les membres de l'Etat eux aussi ne savent pas qui soutenir...

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