Publié le mercredi 12 novembre 2008 à 09H45
Yves Jégo, le secrétaire d’État à l’Outre-mer, en avait rêvé : l’Assemblée nationale l’a fait en votant en catimini, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, la réforme de l’Indemnité temporaire de retraite (ITR) à l’occasion de l’examen de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009. Cette réforme arrachée au forceps n’est pas du goût des fonctionnaires d’État, qui entendent pouvoir continuer à profiter des dispositions qui avaient mises en place par le législateur en 1952, permettant aux retraités de l’État de vivre en outremer malgré la cherté de la vie.
Le malaise généré par la réforme de l’ITR parait profond dans les DOM-TOM, et le mécontentement semble se radicaliser, avec des mouvements sociaux à venir, qui pourraient paralyser l’activité économique et sociale des DOM-TOM dans les prochaines semaines.
À cela, il faut ajouter la désorganisation des services de l’État, à cause de départs prématurés à la retraite de certains fonctionnaires, qui entendent bénéficier, avant la date butoir du 1er janvier 2009, des dispositions du décret de 1952. Ce qui apparaissait hier comme un acquis, ne l’est plus aujourd’hui, et les fonctionnaires d’État en outre-mer ont la volonté de maintenir la pression contre cette réforme jugée malhonnête par certains. Petit tour des rédactions d’outre-mer pour voir comment la réforme de l’ITR est vécue par les ultramarins.
P. Martin
NOUVELLE-CALÉDONIE - La visite en novembre risque d’être mouvementée
La grogne des syndicats des fonctionnaires d’État touche aussi la Nouvelle-Calédonie, qui manifeste également contre la réforme de l’ITR. “Les Nouvelles calédoniennes” pointe du doigt le sentiment de trahison ressenti par les fonctionnaires d’État : “On a le sentiment d’avoir été trahis. Yves Jégo nous avait assuré que l’objectif était ceux qui n’avaient pas exercé outre-mer, et de mettre un plafond aux plus grosses retraites, À l’arrivée, on supprime tout. On va avoir rendez-vous avec Yves Jégo, qui vient en novembre, et on lui expliquera notre mécontentement”. Pour le sénateur Simon Loueckchote, le combat doit être mené jusqu’au bout, et il n’est pas question de pratiquer la langue de bois : “Je suis opposé à la méthode employée par Yves Jégo pour faire passer sa réforme de l’ITR”. En ce qui concerne la mise en place, sur le Caillou, d’un observatoire des prix, comme en Polynésie française, le sénateur pose la question : “Constater l’évolution des prix, c’est bien, mais que fait-on après ?”
RÉUNION - Mobilisation des syndicats et des élus
Même combat contre la réforme de l’ITR dans l’Océan indien. Les fonctionnaires d’État de l’île de la Réunion se mobilisent également, et le font savoir en défilant dans la rue. Le 15 octobre, ils étaient environ 1 500 à Saint Denis pour protester contre le projet de réforme de Yves Jégo. Après deux rendez-vous manqués, et avec seulement 600 manifestants, les syndicats avaient décidé de frapper un grand coup en mobilisant leurs troupes. “Loin de la mobilisation massive en Polynésie française”, précise le quotidien de l’île, qui se fait l’écho des déclarations des syndicats de fonctionnaires, pas toujours tendres envers le ministre : “Ce Jégo qui triche, qui manipule l’opinion publique, et qui cherche à opposer les salariés du privé à ceux du public, nous lui disons ceci : s’il n’est pas capable d’exercer sa fonction en toute sérénité, qu’il s’en aille”. Du côté des élus, même combat. Certains le font savoir, tel Didier Robert, député maire du Tampon, qui tacle le gouvernement : “Aujourd’hui, l’ITR est un acquis social, et toute réforme précipitée et unilatérale sans concertation véritable, est de nature à déstabiliser un peu plus l’économie et la cohésion sociale de la Réunion”.
GUADELOUPE - Se battre pour conserver un “droit acquis”
En Guadeloupe, la réforme de l’ITR ne passe pas non plus. La Fédération syndicale unitaire (FSU) a même chiffré à 30 % la perte de revenus des retraités concernés par l’ITR. Selon le quotidien de l’île “les fonctionnaires entendent se battre pour conserver ce droit acquis à la sueur de leur front”, tout en relevant l’absence de communication de la part du secrétaire d’État, qu’ils assimilent à une goutte de trop. Quant au député de l’opposition Victorin Lurel, il dénonce la réforme, et considère que, sur un “simple alinéa, l’ensemble des fonctionnaires de tout l’outre-mer verront leur retraite considérablement modifiée”.
SAINT-PIERRE ET MIQUELON - Manifestations en guise d’accueil
“Première visite à Saint-Pierre-et-Miquelon mouvementée pour Yves Jégo” : c’est par ce titre que le journal local a commencé son article pour relater la visite du secrétaire d’État, en expliquant que ce dernier avait dû faire face à deux manifestations contre son projet de réformer des surretraites, la première ayant regroupé 150 personnes, et la seconde près d’une centaine, le lendemain. Selon le quotidien de l’île, les syndicats locaux lui reprochent de ne pas avoir pris en compte les spécificités locales, notamment au regard du coût de la vie, et regrettent la “malhonnêteté, de la part du gouvernement, de faire payer les abus de quelques fonctionnaires à tous les fonctionnaires de l’archipel”.
POLYNÉSIE FRANÇAISE - La réforme ne passe pas, la grogne s’amplifie
C’est en Polynésie française que le mouvement de contestation contre la réforme de l’ITR a pris le plus d’ampleur, comme l’ont démontré les marches de protestations des 10 et 27 octobre, qui ont réuni à elles deux plus de 7 000 manifestants, dont certains représentants de l’assemblée. Comme en outre-mer, la mobilisation ne faiblit pas, et la grève illimitée d’aujourd’hui pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le fonctionnement des services de l’État, notamment dans l’Éducation nationale. À noter, la signature, par le député Michel Buillard et les deux nouveaux sénateurs, d’une motion des parlementaires d’outre-mer sur la réforme de l’ITR, adressée au président de la République, Nicolas Sarkozy.
Pascal Martin




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19/11/2008 à 11h25
Je suis bien d'accord avec Simon : la vie en métropole n'est pas 2 fois moins chère, elle est aussi élevée qu'ici si ce n'est plus. Quand on regarde bien en polynésie les retenues salariales sont moins élevées, pas d'impôts sur le revenu,... et des dépenses moindres(eau)ou inexistantes (chauffage). Alors si c'était justifié avant maintenant ce n'est plus le cas. Le contribuable métropolitain écrasé par le cout de la vie ou le "simple d'esprit" pour reprendre l'expression de Miri ama n'a plus a payer une retraite "dorée" à certains fonctionnaires. Tenez bon Monsieur Jego!
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16/11/2008 à 03h25
C'est louable de la part de l'etat français de faire une chasse aux sorcieres et de mettre un terme aux abus des proffiteurs de l'indexation des retraites outre-mer, encore faut il ne pas se tromper de cible, les expats métropolitains, c'est eux qui ont abusé du systeme avec leur faux certifs de résidence non ? Qu'on ne vienne pas me dire que les abus viennent des CEAPF, ce serait le monde à l'envers ! Enfin, faaitoito mea ma, on va gagner !
Contribution modérée
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15/11/2008 à 17h18
Simon,
Les instits sauvegardent les cotisations indexées qu'ils ont payées pendant 30 ans.
En signant le contrat avec l'Education Nationale, ils ont respecté jusqu'au bout leur engagement.
Alors que l'Etat, sous prétexte de difficultés financières ou de réforme de la fonction publique, il se permet de changer seul les clauses du contrat et d'enlever aux fonctionnaires cotisant ce qui devrait leur revenir.
Il y a rupture de contrat sans concertation.....................
Normal que les instits disent que l'Etat ne pense pas aux élèves, puisque le contrat est rompu................
Simon, c'est trop facile de taper sur les autres quand on ne comprend pas les tenants et les aboutissants d'une situation.
Heureux les simples d'esprit.
Miri ama
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13/11/2008 à 09h38
J'espère que le gouvernement va maintenir sa position. Quand je séjourne en métrôle , la vie est loin d'être deux fois moins chère. Je dirais que sans les impôts sur le revenu, on est même gagnant. Par conséquent ces avantages ont été mis en place à l'époque, la vie était vraiment plus chère et difficile à l'outremer, je veux bien comprendre. Mais aujourd'hui il faut bien reconnaitre que ca n'a plus raison d'être. Dans le privé, on doit se défoncer, et être soumis à des pressions de production et de rentabilité assez importantes pour avoir un niveau de vie inférieur. On ne va pas pleurer sur leurs sorts!
Ca me fait rire quand les instits disent que le gouvernement ne pense pas au futur des enfants. Ils se permettent de démissionner du jour au lendemain. Pour moi ils ne pensent pas plus à l'avenir des enfants en ayant ce genre de comportement.
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12/11/2008 à 15h56
Ils n'ont même pas eu le courage d'affronter directement Jégo quand il est venu , ils ont profité pour "protester" qu'il soit aux Marquises
Petits joueurs , c'est tellement plus facile de prendre en otage la population .
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12/11/2008 à 12h29
"sortir de l'orthographe" ça la sortie tu ne l'as pas loupée, et le zoreil "popaa" tu veux la jouer créol chez moi c'est président de la République, même les créoles causent français.
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12/11/2008 à 11h23
ITR à pas confondre avec ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), nouveau réacteur nucléaire en cours d'expérimentation.
Alors avec tous nos amis de "sortir du nucléaire", on se mobilise aussi contre les projets du cher gouvernement et du Pérésident de la Républike.
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