Polémique sur les conditions d’octroi de l’aide Oli

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Publié le jeudi 11 mars 2010 à 11H32

ASSEMBLÉE - Session extraordinaire pour aider les sinistrés du cyclone

ass150.jpgUn collectif budgétaire de 910 millions pour financer l’urgence de l’après Oli en Polynésie française. Voilà le dossier que les élus ont adopté hier à Tahiti. À l’unanimité, mais pas sans débats, ni polémique. Au contraire. Lors de sa prise de parole, tardive, la représentante Chantal Tahiata, originaire des Australes et en particulier de Tubuai, a jeté un pavé dans la mare, affirmant que le recensement de l’aide nécessaire aux sinistrés est le théâtre d’enjeux politiciens, de dérapages et de clientélisme.

“À quoi sert ce collectif ? À reconstruire les logements détruits par le cyclone Oli, ou ceux détruits par les agents de l’équipement, par les propriétaires pour d’autres et sur ordre des membres du comité que vous avez désigné”, a lancé l’ancienne tavana de l’île, aux membres du gouvernement. “Chez nous, le nombre de sinistrés varie en fonction des réunions du comité, du porte-à-porte que font ses membres dans les foyers de Tupuai et même en fonction de leur couleur politique. (…) Ne parlons pas des rajouts de semblants de sinistrés sur les P. V. hors réunion”. Pour donner du corps à son propos, Chantal Tahiata a également affirmé que sur cette île des Australes sévèrement frappée par le cyclone Oli, “on donne du matériel même à des personnes qui ont juste des abris démolis, et l’on propose à d’autres de rénover entièrement les toitures de leurs maisons non détruites”.

Des erreurs confirmées, mais corrigées

De son côté, le gouvernement n’a pas nié qu’il y avait eu des erreurs. Mais, le ministre du Développement des archipels, qui préside la commission des aides, ne dénombre que trois cas douteux, qui auraient été corrigés à la date d’aujourd’hui. “Je ne nie pas qu’il y a eu une erreur d’interprétation de la commission sur place, qui confond le programme CAVC et le programme normal AHD (aide à l’habitat dispersé, ndr). On a recadré la commission. Il y a eu trois cas, sur 800 qui seront traités… Je dis qu’on n’est pas à l’abri de certaines dérives. Mais je remercie Chantal Tahiata et Juliette Tahuhuatama (élue des Australes aussi) de m’avoir informé, et nous avons tout de suite corrigé. Ce n’est pas volontaire, mais c’est une confusion du cadre d’aide (entre le financement par le CAVC et celui du AHD)”, répond ainsi Louis Frébault.

Tearii Alpha, ministre de l’Équipement, a lui aussi souhaité désamorcer la polémique. “Forcément, la commission d’attribution veille à ce que tout se fasse dans la plus grande transparence. (…) Il y a des gens qui profitent. C’est la nature humaine. Lorsqu’on sait qu’il y a une aide, on essaie de se glisser au milieu. Mais, il faut essayer de rester le plus objectif possible.” Désormais, les listes d’attribution d’aides régulièrement mises à jour pourraient être diffusées publiquement dans les mairies, voire dans la presse. C’est en tout cas la proposition qu’a faite hier le président Tong Sang.

Y. R.

Louis Frébault ministre du Développement des archipels président de la commission d’attribution des aides

“On est là pour aider la population”

La Dépêche de Tahiti. Quand on entend Chantal Tahiata, on a l’impression que les dérives sont importantes…

Louis Frébault. Non, pour l’instant, il y a trois cas. Par exemple, il y a une maison qui a été attribuée pour une personne que la commission a refusée, car ce n’est pas l’habitation principale et qu’elle est en location. Pourtant, la commission du maire l’avait retenue. Mais pas nous, car ça ne rentre pas dans le cadre.

Donc, pas de clientélisme derrière les aides accordées à Tubuai ?

Non, pas du tout. (…) Je n’ai rien à cacher. Surtout, moi et Tearii, on n’a aucune ambition politique sur place. Oli a choisi Tubuai, hélas pour eux. On est là pour aider la population. Et de notre part, il n’y a pas d’arrière-pensée politique.

Quant à l’idée de Gaston Tong Sang de diffuser publiquement les listes d’aide en cours ?

Moi, ça ne me gêne pas. Mais est-ce que ça ne gênera pas les bénéficiaires… Je préfèrerais informer les élus quand ils le demandent.

(Y. R.)

Flosse et son bon vieux temps…

Six ans après sa défaite de 2004, il demeure le meilleur. Personne d’autre que lui ne peut répondre à l’urgence, à la détresse des populations touchées par une catastrophe naturelle, avec toute l’efficacité nécessaire. C’est ce qu’il pense et affirme… Maniant l’ironie avec délectation, Gaston Flosse a ainsi commenté l’action de l’État, des communes et du Pays comme étant surtout beaucoup de gesticulation médiatique… Il fallait oser. Surtout lorsque, au moment où Oli frappait la Polynésie française, lui-même demeurait à l’extérieur du Pays et n’adressait pas un communiqué officiel exprimant sa compassion pour les sinistrés. Mais Gaston Flosse ose tout. D’abord, une critique en règle de l’État. Ainsi, déclarait-il hier que “en accompagnement de son intervention, on peut observer que l’État n’a pas lésiné pour organiser sa communication, pour mettre en garde la population, donner des ordres et des conseils au Pays et aux communes, pour rappeler ses compétences et ses prérogatives, pour exiger la transparence dans l’utilisation des aides qu’il promet de donner, mais qui se font attendre”. Ensuite, une mauvaise note au gouvernement, mais enrobée : “La collectivité qui jusqu’à ce jour a joué le rôle essentiel dans l’organisation des secours, c’est le Pays”, a-t-il ainsi déclaré, ajoutant aussitôt que “Il aurait fallu, beaucoup plus vite et en plus grande quantité, envoyer sur place du ravitaillement, du personnel, des outils et des engins”. Tout ça pour faire comprendre que lorsque c’était lui le “patron” du Pays, c’était beaucoup mieux... Comme à son habitude. Ce qui a provoqué, ici et là, des échanges de sourires discrets dans l’hémicycle pendant qu’il rappelait que la création du compte d’aide aux victimes des calamités, ou le GIP, c’était “Lui”. Au passage, il a étrillé Temaru - un allié pas si lointain pourtant, mais il ose, Gaston Flosse - en affirmant que si le CAVC avait été dépouillé de ses moyens, et le GIP dissous, c’était sa faute. Fustigeant les convictions indépendantistes de Temaru, Flosse a fait d’une pierre deux skuds : “Jamais l’État n’a été aussi présent et arrogant que depuis votre présidence. Vous vous êtes laissé écraser par l’État.” Allez, hop. Pour fermer le ban, il ne restait plus qu’à féliciter, quand même, pour la forme, le gouvernement.

Y. R.

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Commentaires anonymes

12/03/2010 à 19h57

Pas mal la réponse de Louis Frébault à la Dépêche sur la question : " Donc pas de clientélisme ....? " Non pas du tout( ..) . Je n'ai rien à cacher . Surtout moi et Tearii , on n'a aucune ambition politique sur place ..." Pour moi cela sous entends qu'ailleurs pourquoi pas ! et ici à Tubuaï pour certains c'est possible !
Vraiment tous des charlots !!
A räpae ana'e !

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12/03/2010 à 10h24

chantal s'est toujours occupé de la population de tubuai sans faire de favoritisme,merci à chantal pour son intervention a l'assemblée,bon courage a chantal et aux sinistrés.

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11/03/2010 à 22h30

Enjeux politiciens, dérapages, clientélisme : Chassez le naturel, il revient au galop. CQFD

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11/03/2010 à 21h19

On le sait déjà, il faut sentir le parfum d'un groupe politique, sinon, ben ta maison tu peux toujours attendre...

Dégueulasse!!! des gens de Tubuai qui ont à peine une éraflure sur leurs maisons, ont obtenu un fare MTR...

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11/03/2010 à 21h11

aaaah, enfin la presse parle de ce scandale !

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11/03/2010 à 16h49

Celle là elle ferait mieux de se taire, le clientélisme elle connait elle l'a suffisamment pratiqué, tout pour ses amis et rien pour les autres, ce n'est pas pour rien qu'elle a perdu sa mairie.

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11/03/2010 à 13h17

on ne change pas les bonnes vielle recettes,
tu veux tous gratos, tu vote pour mois.
tu vote pas pour moi, ben tchao.

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