Publié le mardi 31 août 2010 à 10H19
PROSTITUTION - Tourner la page et s’en sortir : Esther l’a fait
“J’ai hâte de m’en sortir. Ce n’est pas évident d’avoir une vie comme ça. C’est plutôt de la survie, on va dire…”. Pas complètement détendue, mais souriante et déterminée, Esther, ancienne prostituée âgée de 30 ans, aperçoit le bout du tunnel.
> En 3 points
- Prostituée à Papeete depuis ses 16 ans, Esther*, âgée de 30 ans aujourd’hui, est sur le point de tirer un trait sur ces années de galère.
- À force de volonté, épaulée par les services sociaux de la ville et du Pays, la jeune femme s’est donnée les moyens de partir en métropole suivre une formation professionnelle.
- Son ambition : devenir monitrice d’auto-école à Tahiti, vivre comme tout le monde et en finir avec la rue. Rencontre.
“Elle a fait tomber des barrières”
Courageuse, Esther n’a pas flanché pendant l’année qu’elle a consacrée àmonter son dossier, et vendre son projet pour bénéficier des aides sociales à la réinsertion professionnelle. Etmaintenant qu’elle touche au but, elle veut répandre le message : en finir avec le trottoir, c’est possible. “Son expérience a déjà fait des émules puisqu’une dizaine d’autres femmes se sont déjà intégrées dans ce programme”, confie Mata Ganahoa, directrice de la Jeunesse, de l’emploi et de la cohésion sociale à lamairie de Papeete. “Depuis qu’elle s’est engagée dans ce processus avec nous, sa démarche fait des petits, elle a fait tomber des barrières et c’est très important.”
Une promesse d’embauche à son retour au fenua
“Ce n’est pas facile, et ce n’est pas fini, il fautmaintenant réussir la formation”, poursuit Esther, la tête sur les épaules. Grâce aux associations de quartier, aux services sociaux de la mairie de Papeete, au Sefi… et à des mois de persévérance, sans jamais se décourager devant les incontournables lenteurs administratives –“Il fallait quemon dossier soit accepté, ma motivation approuvée, les budgets votés”, souffle la jeune femme - Esther est en passe de réussir son pari. Et comme elle ne compte pas que sur les autres, la jeune femme a mis la main à la poche pour se loger elle-même en métropole, “un petit logement étudiant” précise- t-elle. Avec cettemotivation de taille : une promesse d’embauche dans une auto-école de la place en cas de réussite.
Raphaël Pierre
* Le prénom a été modifié
Trois questions à…
Esther*, 30 ans, ancienne prostituée
Quand as-tu décidé d’arrêter de te prostituer et pourquoi ?
“Cela fait un an que je suis dans cette démarche d’en finir avec la prostitution. J’ai hâte de m’en sortir. Ce n’est pas évident d’avoir une vie comme ça. C’est plutôt de la survie, on va dire… J’ai commencé à 16 ans, après avoir quitté l’école très tôt. J’ai arrêté une première fois à 18 ans, je suis partie en métropole pendant six ans vivre avec un homme. Eh puis on s’est séparés. Je suis rentré au fenua et j’ai dû redescendre dans la rue, j’étais en dépression, je ne savais pas quoi faire, j’étais perdue. Je n’avais pas de diplômes, c’était dur de trouver du travail. C’était de l’argent facile et une fois que tu as mis le doigt dans l’engrenage, c’est difficile d’en sortir.”
Justement, quel a été le déclic qui t’a permis de franchir le pas ?
“J’avais ce projet de monitrice d’auto-école depuis cinq ans, et j’ai rencontré des gens qui m’ont aiguillé vers le Sefi, en m’indiquant qu’il y avait un programme pour financer des formations, pour les filles dans ma situation qui proposaient un vrai projet. J’ai commencé à monter mon dossier il y a près d’un an maintenant, et je pars suivre ma formation à la fin du mois en métropole. En attendant je bénéficie d’un contrat CDL (Chantier de développement local, Ndlr) à la mairie de Papeete. Cela me permet de participer au financement de mon projet tout en vivant, en attendant.”
Tu es donc sortie d’affaire maintenant ?
“Il va falloir que j’obtienne mon diplôme d’abord ! Mais je suis motivée. En échange de mon assiduité, j’ai déjà une promesse d’embauche à mon retour à Tahiti.”
De l’étude d’impact … aux actes
La fin de la galère pour Esther s’inscrit, notamment, dans le prolongement d’une étude socio-anthropologique de la prostitution à Papeete, commandée en 2008 par la municipalité. En 2009, un long rapport était rendu après des mois d’enquête sur le terrain, proposant aux autorités de la ville un état des lieux complet des moeurs et des attentes de ces acteurs incontournables du monde de la nuit que sont les rae rae, et les prostitués hommes et femmes. Il répondait aussi avec intérêt à une proposition du maire, Michel Buillard, de mettre en place un dispositif humain permettant d’identifier les personnes les plus à même de réussir une insertion sociale et professionnelle à travers des dispositifs d’aide existants, et l’accompagnement des collectivités (commune de Papeete, Pays…). “Il faut leur tendre la main”, insistait d’ailleurs le tavana, présent hier aux côtés d’Esther, dont il se considère un peu et avec humour comme “le parrain, sans mauvais jeu de mot !”. Associations, communautés religieuses ou encore animateurs de rue ont ainsi été mis à contribution pour signaler les filles qui présentaient le profil idéal, avaient le projet de s’en sortir. “Il ne faut pas porter de jugement”, poursuit le tavana, qui dénonce les attaques incessantes contre ces travailleuses du sexe qui se sont, qu’on le veuille où non, bien installées à Papeete. “C’est comme ça, il faut faire avec et ne pas regarder vers le passé. Il faut en parler ouvertement, s’ouvrir l’esprit et tendre la main.” Une main qu’Esther a saisie, sans se faire prier, espérant avoir ouvert la voie à de nombreuses autres filles.





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Commentaires anonymes
10/09/2010 à 15h27
Tout-à-fait d'ac avec TOA !!! hahahaha !
Et puis @MOI, MATT n'a pas tort, le gardien de parking en question est effectivement devenu steward et il A obtenu son diplôme de pilote, alors !
Le "MOA" par excellence qui veut faire du zèle !
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07/09/2010 à 16h46
faut toujours qu'il y est des personnes qui se "CROIVENT" plus intéressant que les autres, c'est à cause des gens comme toi que l'on "CROIVENT" qu'on est débiles, tellement tu parfait"MOA"
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06/09/2010 à 09h54
Faut pas qu'elle se décourage ... Il y en a déjà plein qui travaillent dans le public.
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02/09/2010 à 13h37
Qui prime: Le flic ou le "MAC"? Celui qui sévie ou celui qui s'aide?
De quel côté penche la balance? Qui aide qui et qui fait quoi pour eux.
A part les prendrent en pitiés que font les autres?
Dire du mal et faire la commère ya pas mieux a faire que sa??
Sur ce ^^
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01/09/2010 à 12h40
D'un coté une justice et une police intransigeante avec les prostitués et de l'autre un parrain... Il y a là de quoi se poser des questions...
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31/08/2010 à 16h16
Je croive
Tu croives
Il croive
Nous croivons
Vous croivez
Ils croivent !!!
Nouvelle conjugaison !!!
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31/08/2010 à 16h15
tu te trompes, le jeune qui voulait devenir pilote était gardien de parking ...
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31/08/2010 à 15h35
"Que dieu te guide dans tes démarches " quelle a dit la Him
Apparemment il l'a déjà guidé sur le trottoir, alors???
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31/08/2010 à 14h41
MERCI au Tavana BUILLARD et à son équipe, sans oublier les services sociaux de Papeete et le SEFI.
C'est super de voir ce genre d'histoire à la dépêche comme le jeune stewart qui, parti de rien, veut maintenant devenir pilote de ligne. Bon courage à nos jeunes et surtout à ceux qui croivent qu'ils ne sont pas capable à cause de leurs situations où leurs physiques.
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31/08/2010 à 14h29
Bon courage à cette jeune fille, que Dieu te guide dans tes démarches.
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31/08/2010 à 14h12
« Une prostituée tourne la page » Chapeau bas, voilà une info qui va faire vendre du papier. Pauvres forêt que l’on défriche pour imprimer des infos aussi… importantes et essentielles.
A moins, bien sur qu’il y a un message subliminal qui m’échapperait ? Ou un signe caché à l’ intention de notre jeunesse qui cherche un emploi ? Allez savoir !
Une place ce libère sur le trottoir… ! Aurait été alors un titre beaucoup plus accrocheur et encourageant pour l’avenir… . C’est de l’humour.