Hilton Tahiti : une fermeture inévitable

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Publié le mardi 02 mars 2010 à 10H20

HÔTELLERIE - Avec 2,31 milliards Fcfp de pertes en 5 ans

hilton150.jpgDélégués du personnel, responsables syndicaux et direction se sont réunis hier matin pour évoquer l’avenir du Hilton Tahiti.  En sortant de ce Comité d’entreprise exceptionnel, la décision annoncée était que l’hôtel fermera bien ses portes. Raison principale : le manque de fréquentation et les pertes qui s’élèvent à 2,31 milliards sur les 5 dernières années.
Journée grise hier pour le tourisme polynésien, et pas seulement en raison de la pluie incessante. L’un des fleurons du tourisme local devrait bel et bien fermer ses portes à une date qui reste à déterminer. Telle est en tout cas la décision qui a été annoncée hier en fin de matinée à l’issue de plus de deux heures d’un comité d’entreprise extraordinaire, qui a démarré à 9h30 dans un des salons VIP, et auquel participaient les délégués du personnel, la direction de l’hôtel et plusieurs responsables syndicaux. Ronald Terorotua (O oe to oe rima), Yves Laugrost (A tia i mua) et Cyril Legayic (CSIP) étaient en effet présents à cette réunion “de la dernière chance”, qui, hélas, n’a pas porté ses fruits. “Nous n’avons pas pu éviter la fermeture”, déclarait ainsi Ronald Terorotua à midi, en sortant d’une rencontre que le leader syndical décrit comme ayant été “tendue”. “Cette fermeture, cela fait mal, et les salariés sont très mal dans leur peau. Mais sincèrement, je pense qu’il y a encore une chance, car, si on vendait cet hôtel, il n’y aurait pas fermeture, et les salariés pourraient encore travailler un ou deux ans.” Durant la réunion du CE, le personnel et ses représentants avaient ainsi demandé à la direction de produire des documents : ceux-ci, une fois dévoilés, ont démontré les mauvais résultats qui ont conduit à cette impasse. Les résultats sont en effet peu glorieux puisque l’établissement aurait perdu plus de 2 milliards de francs cfp en 5 ans.

Dernier espoir côté Tong Sang ?

Pour autant, la réunion, qui devait reprendre hier après-midi pour fixer les modalités et date de fermeture ainsi que le devenir des personnels, n’a finalement pas eu lieu comme initialement prévue. “Elle a été reportée à demain matin, 9 heures (aujourd’hui, ndlr), et on ne peut pas encore véritablement parler de fermeture” , nous laissait-on entendre en fin de journée du côté de la direction de l’hôtel. Un dernier espoir serait-il encore possible, alors que le personnel se prépare déjà à chercher un autre emploi, et cela dans un contexte particulièrement difficile pour ce secteur ? Peut-être viendra- t-il des États-Unis où le président du Pays s’est rendu en voyage express. En effet, Gaston Tong Sang et les ministres du Tourisme Steeve Hamblin et de l ’ É c o n omi e Teva Rohfritsch se sont envolés le week-end dernier pour un cours séjour à Los Angeles. J u s t e m e n t “afin d’y rencontrer des investisseurs dans le secteur du tourisme”, indiquait hier la présidence, qui est restée très discrète sur ce déplacement. Le président et ses ministres seront de retour ce soir avec peut-être un lapin qui sortira du chapeau, en l’occurrence un repreneur pour le Hilton ! Mais, même si c’était le cas, en cette période difficile pour le tourisme local, ce genre de voyage de la dernière chance devra alors se renouveler fréquemment étant donné que plusieurs structures touristiques sont sur le point de mettre la clé sous la porte en Polynésie.

Jean-Marc Monnier

Ronald Terorotua, leader syndical O oe to oe rima

“Le comité d’entreprise a été informé de la fermeture. La réunion a été tendue, mais nous ne sommes pas encore arrivés à en fixer la date. Nous allons maintenant discuter des chiffres, des indemnités, de la mise en place des licenciements et d’un plan social. De 2005 à 2009, il y a une perte cumulée de 2,31 milliards Fcfp rien que sur cet hôtel, et les autres hôtels Hilton en Polynésie sont aussi dans le rouge. Mais, disons que la fermeture du Hilton Tahiti permettra de sauver les autres, ou en tout cas de réduire les pertes de demain. Mais la question est ailleurs. Cela fait depuis 2006 que l’on tire la sonnette d’alarme et c’est la faute de nos hommes politiques incompétents. La crise n’a pas fait que l’on a ouvert les yeux. Tous les autres hôtels aujourd’hui sont menacés et aucun ne pourra dire qu’il ne va pas fermer demain. Le prochain sera peut-être le Radisson ou les autres, je ne sais pas, mais on est sur le pied de guerre, et O oe to oe rima se mobilisera dans les jours à venir pour secouer ce gouvernement.”

Yves Laugrost leader,  syndical A tia i mua

“La fermeture n’est pas inévitable. Il y a des repreneurs qui se sont manifestés pour leur intérêt sur l’hôtel. Maintenant, il faut qu’ils puissent se mettre en contact avec le propriétaire de l’hôtel pour voir si un accord peut se faire. On peut également l’y forcer par le tribunal du commerce, mais on ne sauvera pas tous les emplois même s’il y a un repreneur. Il faudra alors avoir un plan de reprise avec le plan social qui va avec. À mon sens, c’est le début d’une série si rien n’est fait dans le tourisme en Polynésie pour attirer les touristes. Il faut dire ce qui est, on est mauvais dans le tourisme, même plus que mauvais. Il faut donc repenser toute la chaîne du tourisme en Polynésie. Cela va prendre du temps et il faut donc réagir dès maintenant.”

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Commentaires anonymes

04/03/2010 à 11h02

On pourra ainsi y mettre les "habitants" des bidonvilles pour qu'ils aient un habitat décent.

:o:o:o;D;D;D :P

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03/03/2010 à 20h40

Et toujours un gouvernement stérile qui n'a aucune solution , aucune idée , et qui contemple impuissant la débâcle du pays , mais qui contre toute attente , crée et vote des lois indispensable pour remonter l'économie ...
La dernière en date , l'indispensable loi anti tabac ...
C'est sur que ça va attirer les touriste et sauver nos hôtels !

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02/03/2010 à 18h25

@ Guys
C'est vrai : le problème c'est les prix ! Mais pourquoi les prix sont-ils donc si élevés dans l'hôtellerie internationale? (en dehors des habituelles et bien réelles considérations sur le coût de la vie, de l'emploi etc...)
Tout simplement parce que on a mis en place la défiscalisation, sans réfléchir aux conséquences ...
Je m'explique : Pendant 5 ans, le propriétaire ou promoteur qui a construit son hôtel en "défisc" a tout intérêt à présenter des bilans à peine en équilibre. La plupart du temps, le meilleur moyen est de créer des sociétés intermédiaires qui factureront les divers services avec une bonne marge. Le propriétaire gagne ainsi sur les 2 tableaux. Les problèmes arrivent avec la crise du tourisme ! Comment justifier une soudaine baisse des prix des matières premières, des services etc... Du coup , très rapidement, les pertes deviennent énormes et la fermeture de l'hôtel,(au bout des 5 ans),inévitable.
Le seul qui ne perde pas d'argent dans l'histoire, c'est bien le propriétaire ! Car pendant 5 ans, il s'est rempli les poches avec les marges de ses diverses sociétés, et en plus, il peut toujours espérer revendre les murs !
C'est un peu simpliste comme explication mais, malheureusement, c'est souvent la triste réalité avec ces hôtels défiscalisés !

02/03/2010 à 14h38

Il faut appeler un chat, un chat!

Ce qui est mauvais dans le tourisme ce sont les prix, et tout le mode le sait, mais curieusement, à part le peuple, personne n'en parle, ou plus exactement, personne n'ose le dire.

Cela se comprend, diminuer les prix, c'est d'abord diminuer les bénéfices, et là, personne n'a l'intention de diminuer sa marge.

Alors que, diminuer sa marge, c'est diminier les prix, et donc c'est augmenter le nombre de touristes, et donc ses revenus. Mais c'est aussi augmenter la charge de travail, et c'est là le problème, et c'est toute la diffétence avec les autres destinations touristiques.

Ici on aime bien gagner beaucoup d'argent, mais sans beaucoup travailler.

C'est fini l'époque du CEP ou l'argent coulait à flot, car c'est à cette époque que les prix ont flambés, sans raison direct d'ailleurs, mais seulement parce que chacun voulait sa part du gateau.

Mais cette époque est révolue, et paradoxalement, le tourisme est redevenu notre principale source de revenu, alors aujourd'hui, il faut faire machine arrière, il faut diminuer les prix pour maintenir un pouvoir d'achat correcte aux Polynésiens, afin d' éviter une crise sociale sans précédent. L'augmentation des salaires serait une grâve erreur, car elle engendrerait une nouvelle flambée des prix.

Il faut instaurer un encadrement et un contrôle des prix. Quand on voit que le kg pastèque ou d'ananas produit localement, est deux fois plus cher qu'un kilo de viande importé, il y a quand même un problème quelque part non ?

La solution du problème est entre les mains de nos pourriticards, et si rien n'est fait dans l'urgence, le retour des touristes, c'est pas encore pour demain.

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02/03/2010 à 14h27

Tahitipresse: Paul Gauguin sold out:
Each cruise goes from the ship's homeport of Papeete to the Leeward Islands of Raiatea, Taha'a and Bora Bora and Tahiti's sister island of Moorea before returning to Papeete Harbor. Each cruise also offers up to 45% standard cruise fare discounts and [b]"2-for-1" roundtrip airfare from Los Angeles[/b].

Donc deux billets a/r Los Angeles sur ATN pour le prix d'un si vous décidez de voyager à deux sur le Paul Gauguin?
C'est que le groupe Beachcomber qui en peut profiter?

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02/03/2010 à 13h32

Le premier d'une longue série ... Accrochez vous à vos emplois, Oli et le Tsunami c'était de la rigolade ... çà va souffler fort ...

Dommage que tous ces hôtels ne soient pas des SEM, EPIC ou à capitaux de Pays (comme ATN par exemple)

1 ou 2 petits milliards et çà repart ... je déconne bien sûr ;D

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