Publié le mercredi 24 février 2010 à 12H09
PUNAAUIA - Isolés entre l’hôtel et la grande surface
C’est un monde à part qui se niche entre deux symboles du développement du Pays. Entre le magasin Carrefour et l’hôtel Maeva Beach à Punaauia, un village dans la ville s’est organisé. Une enclave, comme d’autres, où la vie coule au rythme des ukulele des uns et des jeux des autres. Ils sont peut-être 300 aujourd’hui à habiter dans le quartier qu’eux-mêmes nomment quartier Maeva Beach.
Certains l’appellent même le village. L’eau y arrive de façon détournée et l’électricité tourne à grand renfort de billet de 1 000 francs, convertis en essence le soir dans les groupes électrogènes. Coincés entre deux temples dédiés au dieu consommation, quelques familles ont élu domicile dans des conditions difficiles. La petite semaine de vacances scolaires anime un peu l’endroit où beaucoup d’enfants courent et jouent, sous le regard des adultes, penchés au-dessus des jeux de cartes ou ensommeillés dans l’entrebâillement d’une porte. Le cyclone Oli est déjà loin, mais quelques maisons gardent encore les marques de son passage. “Cela aurait pu être très difficile pour nous, nous explique un jeune du village. Mais à part la montée de l’eau qui a progressé de quelques mètres dans les terres, seules quelques tôles sont parties.” Une chance pour ces habitants qui n’ont justement que ces tôles comme logement.Bertrand Prévost
Deyana
”Ici, tu ne paies rien”
“Cela fait dix ans que j’habite ici. En fait, on se débrouille, mais c’est un peu compliqué. On attend des nouvelles du gouvernement. On devrait être relogés, mais on attend toujours que le gouvernement se manifeste et nous propose un fare ailleurs. Cela fait six ans que j’attends. La vie ici ne se déroule pas si mal que ça. On a l’eau et l’électricité. Tu ne paies rien, à part l’essence pour le groupe électrogène et les repas. Ici, c’est comme un petit village, tout le monde se connaît. Il y a beaucoup de personnes qui sont de la même famille”
Rony Tumahai maire de Punaauia
Existe-t-il un plan de relogement pour ces habitants et combien sont-ils ?
Ils sont peu près une centaine de personnes, peut-être 150. Mais, pour l’instant, il n’y a pas de plan de relogement parce qu’ils habitent sur une parcelle de terre domaniale, et donc ce sont des squatters. C’est au Pays à chercher une solution : je sais que l’OPH va construire bientôt des structures collectives sur les hauteurs de Outumaoro. Une près du fare amuira’a de Riveta et une autre structure d’une vingtaine de logements du côté du centre Te Tiare. Cela dans le cadre de la résorption de l’habitat insalubre consacré aux familles de Punaauia qui sont dans la zone de Outumaoro. Il y a un vaste programme d’aménagement et cela fait longtemps, et pour l’instant il y a l’OPH qui va construire des structures de transit, mais pour les familles de Faa’a.
Paul Tetahiotupa directeur du service territorial des affaires sociales
Combien de personnes vivent dans ce quartier ?
Alors là, franchement je ne sais pas. Il me semble que c’est un domaine public, et donc a priori, c’est du squat : la DAF doit avoir des informations à ce sujet. À notre niveau, nous menons des actions qui sont applicables partout. Elles consistent à fournir de l’aide alimentaire, vestimentaire et également tout ce qui concerne l’hygiène. Nous assurons de même une assistance au niveau des loyers s’ils sont vraiment en difficulté. Nous sommes aussi parfois sollicités lorsqu’il y a des expulsions pour les aider à trouver des solutions de relogement, par exemple dans des foyers comme la Samaritaine. S’il y a des situations de danger pour les enfants ou pour les handicapés, il peut y avoir une prise en charge. En l’état actuel des choses, nous intervenons individuellement. Mais, en réalité, cela concerne le Pays, puisque c’est du domaine territorial. Dans le cas d’un relogement, c’est l’OPH, une entité qui relève du logement social, qui interviendrait. Notre partie se situe dans l’accompagnement des personnes, ainsi, nous suivons un certain nombre de familles.
Affaires foncières
“No comment !”
Contactée en fin de semaine dernière au sujet du devenir de ce terrain domanial, la direction des affaires foncières a botté en touche en indiquant “qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer sur le sujet”. L’idée de contacter ce service au Pays avait pourtant été émise par le service des affaires sociales afin de recueillir des informations sur les habitants de ce terrain qui appartient bien au Pays…
Équipement
“Voyez avec les affaires sociales”
Contacté au sujet de l’utilisation de ce terrain appartenant au Pays par des squatters et cela depuis de nombreuses années, le ministère des Affaires foncières, de l’Aménagement, de l’Habitat et de l’Équipement, a préféré “refiler le bébé” au service des affaires sociales. Celui-ci a bien voulu répondre à nos questions (voir par ailleurs), même si le devenir de cette terre domaniale n’est en rien de son ressort.
Sabrina Le Bars Responsable de projets à l’OPH Office polynésien de l’habitat
Ce terrain est bien un terrain domanial. En 2005, une première délimitation de la zone de RHI (ndlr : résorption de l’habitat insalubre) avait été réalisée, mais les limites étaient tellement énormes qu’il n’était pas possible de faire cette opération de RHI en un seul projet. Du coup, la commune s’est de nouveau penchée sur le projet. Elle travaille actuellement pour déterminer une nouvelle limite qui serait réalisable en termes de RHI. Mais, ce projet n’est pas suffisamment avancé : on en est encore aux prémices. Et je n’ai aucune idée du nombre de personnes qui seraient concernées, dans la mesure où ils n’ont pas délimité encore au niveau de la commune les limites de la RHI. De notre côté à l’OPH, nous avons commencé à travailler avec la commune de Punaauia, mais cette dernière n’a pas déterminé où ça commence et où ça s’arrête. Contactez-les pour cela car il s’agit de leurs administrés. Nous travaillons en partenariat avec la commune et nous agissons selon leurs besoins.
Propos recueillis par Jean-Marc Monnier





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Commentaires anonymes
26/02/2010 à 04h45
d'accord avec tgirl, qui sont ces gens et d'où viennent-ils?
De toutes façons, c'est le même phénomène qu'en France, en Europe. Des migrants attirés par l'espoir d'une vie facile, mais travailleuse, et donc digne.Dans un fare, ils sont mieux lotis que les sdf. De même, quelles sont les motivations de ces derniers?
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25/02/2010 à 14h04
Ne vous inquiéter surtout pas, le gouvernement vient de donner 500 millions de franc de nos impots a l'église catholique de Rikitea, comme sa ils pourront prier pour votre salue.
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25/02/2010 à 12h26
Je ne vois pas pourquoi on en fait toute une histoire. Ces familles qui sont touchées par le chômage et le manque de ressources vivent dans la simplicité et la convivialité, elles n'ont rien à payer, il n'y a là pas plus de criminalité ou de mortalité infantile qu'ailleurs, ils ne dérangent personne et vivent comme vivent la pauvres dans n'importe quel pays tropical du tiers monde, ce que nous sommes en fin de compte. Peut être que ce sont eux les précurseurs;
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25/02/2010 à 10h28
Ils ont qu'à aller à l'hôtel. Ils sont pas loin et en plus ils sont quasiment vides.
:o:o:o
:P
Contribution modérée
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25/02/2010 à 08h39
Aux vues des réponses des differentes instances on se pose plusieurs questions:
d'où viennent ces gens? Ils travaillent? quels sont leurs sources de revenus?
les enfants sont scolarisés?jusqu'à quel age? ont ils droit a la cantine?
ont ils droit aux soutiens scolaires?
Est ceux qui ont des enfants perçoivent des allocations familiales?
comment font ils quand ils doivent aller voir un médecin ou être hospitalisé? ils bénéficient de quel régime sociale?
Aucun recensement de ce quartier? est ce qu'ils sont inscrits dans une commune?
Comment ont ils pu s'installer sur un terrain dont ils ne sont pas propriétaires ?
impôt fonciers? impôts communal ? eau? ordure? ils payent a qui ??
qui pourraient nous répondre?
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25/02/2010 à 02h59
Plus que 20 ans à attendre que le gouvernement décide de faire un séminaire pour trouver des solutions qui pourraient être proposées et discutées à l'assemblée, qui décidera si on peut intégrer dans un budget une somme pour construire des logements qui couteront le double de ce qui est prévu, lorsqu'ils seront réalisés.
Comme d'habitude.
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24/02/2010 à 20h54
Ce n'est pas notre problème, c'est celui du péi!
Question: La mairie reçoit des subventions du gouvernement et donc du péi?
Les oubliés du village Maeva Beach, ne vous inquiétez pas, bientôt les élections, et donc va falloir taper gros!!!
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24/02/2010 à 16h20
Je lance un coup de gueule pcq y en a marre des squatteurs ! Je ne gagne pas des masses, et comme une personne lambda, je galère à payer un terrain et fais ma demande de maison OPH, accepté 5 ans plus tard...et payé! OLI est arrivé et on me demande encore de patienter, je ne sais pas combien de temps!!!, car tous les kits sont partis sur TUBUAI ...là encore je peux comprendre.
MAIS si j'ai bien compris pour que le gouvernement/commune/??? se bouge :il faut soit squatter (un autre exemple HITIMAHANA) soit espérer qu'un cyclone arrive et détruise ta maison tte déglinguée afin d'avoir un logement décent! Il ne faut pas s'étonner pourquoi est ce qu'il y a de + en + de formation de squats.
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24/02/2010 à 14h29
Ils n'ont qu'à faire comme tout bon citoyens : se payer eux memes un logement décent et arrêter de faire la manche aux divers gouvernements qui se succèdent !
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24/02/2010 à 13h56
Et il y en a qui font la quête pour Haïti !! Histoire d'occuper le devant de la scène médiatique locale.