Vingt et unième jour de grève et pas d’évolution

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Publié le mardi 31 août 2010 à 09H30

Teva I Uta

La situation n’a pas évolué depuis vendredi à Teva I Uta. Le tas de gravats que le juge des référés a ordonné de retirer, au responsable des faits, sous peine d’une astreinte de 10 000 Fcfp par heure de retard, est toujours en place.

Les clés des engins et véhicules de la mairie n’ont toujours pas été restituées au maire, malgré une décision de justice et une astreinte de 100 000 Fcfp par heure de retard. Pour les grévistes, tant que les personnes concernées n’auront pas reçu leur notification, la décision du tribunal ne sera pas exécutée. Pourtant, vendredi, un huissier de justice nous a expliqué que le Code de procédure pénale prévoit d’autres modalités de notification, notamment celle en mairie. Concrètement, les clercs d’huissiers sont passés une seconde fois chez les personnes concernées pour y déposer une lettre leur demandant de récupérer leur notification à la mairie de Teva I Uta.

Les astreintes ont été activées vendredi

À partir de cemoment-là, la notification est considérée comme applicable. Apparemment,même avec cette disposition, la décision du tribunal n’a pas du tout dissuadé les personnes mises en cause. Théoriquement, les astreintes ont été activées dans la matinée de vendredi. On parlait même d’une intervention de la force publique pour faire respecter la décision du tribunal, mais devant le refus de lever le piquet de grève vendredi, la situation est revenue au calme dans l’après-midi. Durant le week-end, tout le monde a préféré faire une trêve, ce qui explique que la situation soit restée au point mort.

Les syndicats attendent l’ouverture des discussions

Pour Ramona Putoa, porte-parole de l’intersyndicale rencontré hiermatin sur le piquet de grève, les confédérations syndicales O oe e to oe rima, la CSIP et la CSTP/FO attendent que lemaire Valentina Cross leur transmette une lettre écrite pour la reprise des négociations. La simulation sur le calcul et le chiffrage pour le départ volontaire à la retraite des 34 agents est terminée, et les syndicats attendent l’ouverture des discussions pour apporter des propositions au maire. Selon les informations recueillies sur place, les syndicats ont quatre propositions à soumettre, des propositions qui, selon Ronald Terorotua qui s’est exprimé dans nos colonnes la semaine dernière, permettront à la commune de Teva I Uta de retrouver son équilibre budgétaire, avant même deux ans et sans toucher aux 10 % sur les salaires. Pour le maire Valentina Cross, pas question de reprendre les négociations tant que la décision de justice ne sera pas respectée.

En clair, elle demande aux grévistes de lever leur barrage et de restituer les clés et, en échange, accepte de revenir sur la table des discussions. Actuellement, c’est la position adoptée par les uns et les autres, ce qui laisse dire que le conflit risque de durer, à moins qu’un événement survienne dans les heures et les jours à venir. Sur le piquet de grève, tous restent unis derrière les leaders syndicaux et sont plus que déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’au bout. Pour les grévistes, le combat est noble. Ils refusent que ce soit les employés qui mettent “la main à la poche” pour résorber la situation financière de la commune. Ce sont aux vrais responsables de la situation de relever les comptes de Teva I Uta.

C.T

Réactions

Ramona Putoa, déléguée syndicale CSIP et porte-parole de l’intersyndicale

“Nous avons 4 propositions à lui faire sur le départ volontaire à la retraite de 34 agents”

“Les pierres, dont le tribunal avait ordonné le retrait, sont toujours là. Pourquoi ? Tout simplement parce que la personne concernée n’a toujours pas reçu sa notification. Ce n’est pas nous qui sommes condamnés, c’est une personne et c’est à elle d’exécuter cette décision de justice. Concernant la mesure sur la réduction du temps de travail, c’est quand même 10 % en moins sur les salaires. Lorsque vous avez quelqu’un qui gagne le Smig et qu’on lui retire 10 % ; pour son portefeuille ça fait beaucoup. Il ne faut pas oublier que ces travailleurs, c’est la population de Teva I Uta. Ils payent des impôts à la commune et, aujourd’hui, on leur retire les 10 % sans oublier les charges à la CPS. Ça fait beaucoup pour les petites familles. Elles ont des enfants et des crédits aussi à la banque. Si aujourd’hui, le maire de Teva I Uta arrive à retirer les 10 % sur les salaires de son personnel, c’est une porte ouverte au niveau des autres communes. Je ne pense pas qu’elles aient besoin de ça. Ces 10 %, c’est pour soidisant remplir un trou. Entre nous, ce ne sont pas les salaires qui sont la cause de tout ça. Qu’elle s’adresse aux bonnes personnes. Ce n’est pas aux salariés de payer pour les autres. Lorsque vous faites un crédit à la banque, vous le remboursez vous-même. Ce n’est pas à quelqu’un d’autre de le faire. Sur le chiffrage et calcul des départs volontaires à la retraite, le travail est fait. Le contenu, il s’agit de personnes qui ont tant d’années de services dans la commune. On a tout chiffré sur celui du Code du travail à un demi-mois de celui que la convention Anfa propose.”


Valentina Cross, maire de Teva I Uta

“J’en appelle au sens des responsabilités des leaders syndicaux”

“Cela va faire 21 jours que 48 agents communaux de Teva I Uta sont en grève. Le mouvement a vite pris une tournure illégale, puisque le juge des référés a décidé depuis jeudi que le piquet de grève et les entraves doivent être enlevés et surtout les véhicules, propriétés communales, doivent être restitués au maire ainsi que les clés. Je regrette aujourd’hui que les agents communaux sur instruction des leaders syndicaux, c'est-à-dire Ronald Terorotua, Patrick Galenon et Cyril Le Gayic, refusent de respecter la décision de justice. D’autre part, je suis contre l’intervention des forces de l’ordre, parce que je ne pense pas que c’est par la force qu’on va régler le conflit. Par contre, j’appelle encore les syndicats à venir m’apporter leurs soi-disant solutions miracles pour éviter la baisse de l’activité, c'està- dire passer de 39 heures à 35 heures. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai rien, si ce n’est des menaces de faire la grève dans toutes les communes de la Polynésie, des blocages, la prise en otage de la population de Teva I Uta qui est obligée de passer par une servitude privée pour arriver à la mairie. J’en appelle au sens des responsabilités des leaders syndicaux. Si ce sont vraiment des personnes responsables, qu’elles se rendent compte qu’il y a 48 personnes à Teva I Uta qui sont devenues des jusqu’au-boutistes à cause d’elles, qu’elles prennent leurs responsabilités. Actuellement, plus de la moitié du personnel de la commune travaille et a accepté de faire face aux difficultés financières de la commune. Le plan de redressement est pluriannuel 2010-2012. À l’horizon d’août 2012, Teva I Uta ne sera plus dans le rouge, et cela sans aucun licenciement. La CTC nous a dit de licencier. Nous, on a dit non. On garde tout le monde, mais cela suppose qu’il y ait des sacrifices à faire.”

Charles Taataroa
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Commentaires anonymes

06/09/2010 à 11h08

Pour grincheu,faurait pas oublié qu'on fait parti de la France.Et ce bordel comme tu dis s'appelle une revendication.
Le maire devrait baisser son salaire au moins ca remplira une bonne partie du déficit.
A bon entendeur salut!

Commentaires anonymes

31/08/2010 à 15h04

on se croirai en France, ces actions de blocage de route, ils attende quoi les gendarmes pour faire dégager ce bordel, c'est une zone de non droit???

tu prend un PV si tu te gare male, et eux ils bloque la route , on les laisse faire !!!!

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