Publié le mercredi 25 août 2010 à 11H09
JUSTICE - L’homme avait été heurté par l’hélice d’un bateau de la gendarmerie
Le 3 octobre 2008, Yves Barff était retrouvé mort après une partie de pêche sousmarine dans la baie de Apu, à Taha’a. L’autopsie pratiquée sur sa dépouille avait démontré que le quadragénaire était décédé après que son crâne eut heurté, la veille, l’hélice d’un bateau.
Rapidement, les enquêteurs ont lancé des appels à témoin pour retrouver l’embarcation à l’origine du drame, en vain. Finalement, c’est l’un des gendarmes de la brigade de Raiatea qui s’est manifesté, expliquant qu’il avait heurté quelque chose ce jourlà alors qu’il regagnait l’île sacrée après avoir déposé, à Taha’a, un gradé. L’enquête a permis de conclure que l’hélice du bateau des gendarmes était bien celle qui avait provoqué la mort tragique d’Yves Barff. Le 23 avril dernier, le substitut du procureur, Lionel Bounan, rendait son réquisitoire définitif aboutissant à un non-lieu, c’est-à-dire qu’il demandait au juge d’instruction de ne pas renvoyer le pilote du bateau devant le tribunal.
“En l’absence d’une faute résultant d’un manquement aux obligations relatives à la conduite d’une embarcation à moteur imputable au conducteur de la vedette (…) à l’origine du décès deMonsieur Barff et compte tenu de l’imprudence de la victime pêchant sans être signalée dans une zone à haute fréquentation d’embarcations à moteur, il sera requis un non-lieu”, écrivait le magistrat du parquet. Sauf que la famille ne partage pas du tout la même analyse.
Les gendarmes auraient dû être deux à bord
Selon elle, il était de notoriété publique que cet espace maritime était très fréquemment utilisé comme zone de pêche par les habitants de Taha’a et que, de surcroît, Yves pêchait toujours à proximité de sa pirogue qui faisait ainsi office de bouée de balisage. En outre, elle estime (de même que son avocat, Me Vincent Dubois) que le gendarme qui barrait la navette, à plus de 20 noeuds, était en infraction par rapport à une circulaire interne à la gendarmerie. Le document précise en effet qu’un équipage “ne doit jamais être inférieur à 3 militaires sur les vedettes de plus de 11 mètres et à 2 sur les autres embarcations”. Or, le gendarme était seul à bord au moment du choc. “Ils disent que même s’il y avait eu deux personnes on n’aurait pas sauvé mon frère. Ça me fait mal. Ils reprochent à mon frère d’être en infractionmais eux aussi l’étaient. Il faut qu’ils assument leurs responsabilités. Je n’en veux pas au gendarme mais on a l’impression que l’affaire n’ira pas au bout”, se désole Gérard Barff, le frère d’Yves. Pour celui-ci, de nombreuses zones d’ombre demeurent et il juge les déclarations du gendarme incriminé contradictoires. En outre, la famille dit rencontrer des difficultés juridiques pour faire reconnaître la paternité d’Yves sur sa fille, née quatre mois après le drame.
“Il n’y a aucune raison que l’on protège qui que ce soit”
Interrogé par La Dépêche de Tahiti, le substitut Bounan reste droit dans ses bottes : “On ne peut pas reprocher à ce gendarme une faute en terme de navigation maritime. On est, de plus, dans une zone où il n’y a pas de réglementation et il n’y avait aucun élément qui permettait de savoir qu’il y avait un plongeur”, argue-t-il. Selon le parquetier, le militaire mis en cause a en outre fait preuve de “bonne foi”, “d’un sens profond des responsabilités”, en se manifestant de lui-même. “C’est grâce à lui que l’on a pu faire le lien avec le bateau et, s’il avait fait une faute, il était prêt à en assumer les conséquences. Je suis désolé pour cette famille mais je m’appuie sur le droit et il n’y a aucune raison que l’on protège qui que ce soit”, ajoute le substitut. Quant au fait que le gendarme était seul à bord, contrairement à ce que précise le règlement, le parquet estime que le “lien de causalité”, entre ce fait et la mort d’Yves Barff, n’est pas établi.
Même si le substitut s’est prononcé pour un non-lieu, il appartient en dernier ressort au juge d’instruction Le Vaillant de décider d’un renvoi ou non du gendarme devant le tribunal correctionnel. Un audiencement que réclament à cor et à cri les proches d’Yves Barff : “Je le redis, je n’ai rien contre la gendarmerie mais je veux un procès qui soit fait dans les normes. C’est tout ce que je demande”, assène le frère de la victime.
J-B. C.
Gérard Barff, frère de la victime
“On a l’impression que l’affaire n’ira pas au bout”
Parlez-nous de votre frère, Yves, quel était son parcours ?
Mon frère sortait de prison, il avait fait des bêtises mais il avait payé. En détention, il a participé à des groupes de prières. À sa sortie, il a demandé à notre père, qui a des terres à Taha’a, de s’installer sur place. Il voulait s’insérer dans la société, faire de l’agriculture et de la pêche. C’est ce qu’il a fait et ça marchait très bien. Il était en paix avec lui-même. Il a ensuite connu une fille et, au moment de son décès, elle était enceinte de quatre mois. Mais il est arrivé ce malheur.
Comment le drame s’est déroulé, selon ce que vous en savez ?
Mon père voyait sa pirogue sur le tombant du récif, à côté d’une balise. Vers 15 heures, il n’y avait personne et il s’est inquiété. Il a donné l’alerte. La police municipale s’est rendue sur place. La pirogue était là mais il n’y avait pas de corps. On ne l’a retrouvé que le lendemain à 150 ou 200 mètres de la pirogue. Les gendarmes disent qu’il n’a pas signalé sa présence mais je tiens à dire qu’il n’y a pas de PGEM (plan de gestion des espaces maritimes, Ndlr) à Taha’a, qu’il n’y a aucune réglementation pour la pêche et que tout le monde venait pêcher là. Quand il pêchait, il avait en plus sa pirogue. Il ne s’en éloignait pas.
De quelle manière s’est déroulée ensuite la procédure judiciaire ?
Pour eux, il s’agit d’un accident. Ils reprochent à mon frère de ne pas avoir signalé sa présence alors qu’il avait sa pirogue à côté de lui. En plus, le bateau de la gendarmerie allait à plus de 20 noeuds, donc très vite. Il est passé à côté de la balise à cette vitesse. Normalement, il aurait dû ralentir. Il n’y a pas eu de mise en examen. Pour eux, c’est un accident. Mon frère n’avait pas à être là. Mais il allait pêcher pour manger. On a également demandé une contre expertise car plusieurs points sont flous, mais elle a été refusée. En plus, dans une note interne à la gendarmerie, il est dit qu’il faut être au minimum deux personnes sur un bateau. Or, le gendarme était tout seul. Il était en infraction par rapport à la réglementation. (…)
Quel est votre sentiment sur le traitement de l’affaire ?
Je n’en veux pas au gendarme mais on a l’impression que l’affaire n’ira pas au bout. Je ne suis pas là pour polémiquer mais je veux que chacun assume. Ma nièce est née quatre mois après. Elle n’a plus de père et nous sommes en train de faire les démarches pour sa reconnaissance. On demande des facilités pour reconnaître des droits sur la petite mais c’est difficile. Il va falloir que j’aille voir un notaire à Raiatea pour que la paternité soit reconnue à titre posthume. Toute la famille est un peu cassée. Mon père est toujours à Taha’a et il n’a pas fait son deuil. Quand on a rapatrié le corps ici, c’est moi qui l’ai ramené en bateau. On a failli ne pas embarquer le corps pour des raisons administratives qui venaient du juge d’instruction alors que tout était prêt à Taha’a. Mais, je remercie les gendarmes de Papeete qui ont pris sur eux en scellant le cercueil sinon le corps ne partait pas. On ne fait que subir et on me dit : “C’est la faute de ton frère. Il n’avait pas à être là”. Mais l’arme qui l’a tuée, si l’on peut parler comme ça, c’est l’hélice du bateau de la gendarmerie. Je le redis, je n’ai rien contre la gendarmerie mais je veux un procès qui soit fait dans les normes. C’est tout ce que je demande.
Propos recueillis par J-B. C.





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30/08/2010 à 05h45
Il ya eu mort d'homme,Il faut payer!!!La question ne se pose pas!!!
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27/08/2010 à 09h50
emere cunning, Malheureusement je ne peux que vous donner raison et sur toute la ligne.
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26/08/2010 à 15h24
ET SI C'ETAIT une autre personne qu'un gendarme?
Et SI C'ETAIT un autre bateau que celui de la gendarmerie?
ET SI C'ETAIT le haut commissaire qui était là ?
ET SI C'ETAIT tout simplement VOUS?
Hein PEINI TARA ET CARONELLE.. eh ben rastaman fera en sorte de trouver les mots juste pour arriver à cette conclusion: C'est PAS GRAVE, il fallait être PRUDENT..ça arrive.
Quand ça ne vous touche PAS..il est facile de PARLER..
et pour le juge si c'était son fils, Rastaman lui dira c'est pas grave..prochaine fois nous ferons respecté les règles pour que ça n'arrive jamais, mais MERCI POUR TON FILS qui a servit d'exemple..il en fallait UN..eh ben voilà..lol
allé PEace and love.
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26/08/2010 à 12h46
Ia orana, ça me fait penser aux vélos la nuit (j'habite a Bora et il y en a pas mal le soir ou la nuit qui roulent sans lumière, qui plus est parfois avec des habits noirs... et comme notre "maire" n'est même pas fichu de s'assurer que tout l'éclairage service fonctionne bien, il y a pas mal d'endroits où un accident peut très facilement arriver). Et là, a qui la faute ? au conducteur ou au type en vélo ? ...
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26/08/2010 à 10h42
Incroyable mais VRAI !
Ce gradé de la gendarmerie s’est finalement fait connaître APRES APPEL A TEMOINS (il est trop bon) ! Il a donc eu parfaitement conscience du choc et de l'accident qu’il venait de provoquer. Sauf ......, il ne pouvait que faire la différence entre une patate et cet homme qu’il venait de heurter et qu’il avait l’obligation de secourir. La présence d'une pirogue à proximité ne peut que faire tilt dans l’esprit de N’IMPORTE QUEL USAGER qui circule sur le lagon, près des balises et zones de pêche classiques ; a fortiori d’un gendarme des îles. Et malgré cela, il n'a pas rebroussé chemin, ne serait-ce que pour vérifier. Et peut-être sauver Yves. C’est à croire qu’il était drôlement pressé ou complètement ..... pour filer sans se retourner. Ou conscient de la gravité de ses actes.
Une chose est sûre, un citoyen lambda aurait été, SANS AUCUN DOUTE, poursuivi pour homicide, aggravé de délit de fuite et non-assistance à personne en danger. Mais voilà, on ne touche pas à ..... la Gendarmerie, surtout à leurs gradés. Ils nous font leur cinoche à la télé à arrêter à tout bout de champ des soi-disant contrevenants, mais ne respectent pas la vitesse qui s’impose et n’hésitent pas à invoquer le défaut de réglementation dans les îles quand il s’agit d’eux. Comme si le bon sens et la conscience du danger en ces zones de pêche connues ne suffisent pas à dicter une conduite raisonnable. Les déclarations du Parquet sont encore plus scandaleuses. Il va jusqu’à pousser le culot à nous dire que son gendarme est "bonne foi" et "a un sens profond des responsabilités". Il s'est fait connaître après appel à témoins. C’est dégueulasse et révoltant ; ils sont prêts à nous faire avaler leurs mensonges et subir les pires injustices. Et pourquoi pas exiger, le remboursement des frais de réparation de l’hélice de notre brave gendarme, pendant qu’ils y sont. Par contre, si l’on inversait les rôles, et qu’Yves avait circulé à vive allure sur le lagon et tué ce gendarme gradé en prenant la fuite, il aurait fini illico à Nu’utania. Il aurait, peut-être même, perdu sa nationalité pour atteinte grave à cette caste de privilégiés, tellement bien entraînés à la provocation et protégés par la Sarkozye, qu’ils se croient tout permis. Toujours avec la bénédiction d’une certaine justice payée pour rentrer dans le chou des uns et absoudre les autres du pire.
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26/08/2010 à 08h23
Qu'est ce que le PAKA vient foutre dedans....toujours le PAKA..chacun sa faute l'ami.. justice pour tous..et les règles tu vois les réglès..c'est fait que pour les personnes qui n'ont pas d'importance...et cette article le démontre très bien..
franchement ton discour plein de blabla..tu peut parler...mais si c'était ton fils ou ton père..je pense pas que tu pourra parler comme ça..
Un jugement équitable ne le ramènera pas à la vie.. il est question ici de démontré que LA JUSTICE est FAITE POUR TOUS. POINT DE BAR..ta moral à deux balles, garde les pour tes gosses..
BIG PEACE AND LOVE.
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26/08/2010 à 08h22
Merci à toi, Peini Tara, pour ton sage commentaire. Tu as trouvé les mots justes pour apaiser les esprits.
OUI à plus de surveillance, même si les moyens sont minces. Augmentez les moyens de surveillance maritime, ça fera des emplois en plus, et peut-être des vies sauvées.
Condoléances à la famille, et j'espère que cette petite fille portera le nom de son papa, parti trop vite.
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25/08/2010 à 15h32
Bonjour à tous, condoléances mes frères, soutien dans votre douleurs et vos démarches administratives.
Un accident est involontaire et la faute peut être partagée. Une suite de négligences, prises de risques, erreurs mène à l'improbable. De part et d'autres il y un petit... si j'avais fait cela, si nous avions.... si et si.
En effet, c'est facile de le dire après. Mais avant et pendant, avions nous pris nos précautions. Ou bien avions nous pensé à ce que nous faisions et pas aux autres...
Une première persone a été punie, en perdant la vie. Faut il en punir une seconde ? Plus de malheurs ? Peut être comprendre et pardonner. La faute peut incomber aux deux.
Il est vrai qu'une pirogue peut inciter à se dire : " il y a peut être quelqu'un non loin..." Mais ce n'est pas toujours possible d'analyser tout l'environnement de façon si fine.
La réglementation maritime prévoit d'abord un pavillon de plongeur sur l'embarcation puis une signalisation flottante gonflable liée au plongeur ou bien un pavillon alpha sur le "boston" ( bac à poisson flottant ).
Le pêcheur ne possèdait peut être pas ce genre de matériel chez lui, ni sur place.
La réglementation maritime n'impose pas d'être deux pilotes ou un pilote plus coéquipier à bord d'une embarcation. Seule la note interne peut être reprochée pas un rappel à l'ordre, c'est tout.
Réfléchissons, ok, il était seul le pilote. Si c'était un privé ? Pareil !!! Et il y en a des navigateurs dans nos lagons qui sont seuls, voir sans permis, sans lumières, à pleine vitesse .... et j'en passe.
Ne soyons pas plus sévères que le roi. Cet accident aurait pu arriver de toute façon car le pêcheur n'était pas signalé. Cela aurait pu être quelqu'un d'autres et on aurait chercher un manquement de sa part pour l'inculper ?
Je sais que lorsque je pêche, je ne mets pas les drapeaux alpha et compagnie, comme lui. Lorsque je remonte, je garde suffisament de réserve d'air pour me stabiliser à trois metres, écouter et sortir si il n'y a pas de bateau.
Si il y a bateau, je peux rester à attendre qu'il passe. Surtout s'il est à vingt neuds. Il passera d'autant plus rapidement que je pourrais reprendre mon souffle.
A moins qu'ils soient deux bateaux. A moins que le pêcheur eut été à bout de soufle et ai fait une remonter rapide et directe sans laisser passer les voitures.
Dans ces cas là, le tord est souvent partager. Le mieux c'est de pardonner, de tirer des leçons et de nous unir en colleportant les bonnes paroles de " PRENDS LA MER, PAS LES RISQUES".
d'expliquer à nos frères l'utilité du matériel de sécurité et comment le mettre en oeuvre et de le faire réellement. Tant qu'il n'y a pas de problème, on néglige cet aspect... mais quand c'est trot tard ???
Ai, eiaha oe e hapa'o ta farani ma ture. Mei teria hoa ta matou tai'ara'a. Eite faufa'a tena reva.
A hi'o noa tura ?
En tant que pêcheur, il nous arrive de taper. Est ce une noix de coco ? Une tortue. Un bois ? On ne sait jamais. On regarde hoa devant et on évite car c'est cher les hélices. Mais je pense que ce pilote regrette vraiment et ne sait même pas s'il a heurté une noix ou un homme.
S'il le savait, il l'aurait déjà dit. Il l'aurait déjà dit à sa femme, son collègue ou autre, qui lui aurait conseiller de se signaler. Je pense, je suppose qu'il s'est signalé de bonne foi.
A mon avis, le choc était inévitable. Ne cherchons pas à bouziller une seconde famille, une seconde âme.
Par contre, il est vrai qu'en l'espèce, les administrations et hommes fort du pays et de l'Etat ne devraient pas rester sourd. Il faut sanctionner d'avantage les gens qui ne sont pas en règle sur l'eau et donner suite aux PV.
Il faut aussi favoriser la reconnaissance de la petite fille qui a perdu son père avant de voir le jour, régulariser la situation de l'enfant et de l' épouse. Aidez les !!!
INFORMATION : Savez vous que la réglementation ne peut qu'être difficilement appliquée sur le territoire ? En effet, les services compétents en la matière n'ont pas tous les outils pour sanctionner et poursuivre les infracteurs.
On ne peut que constater les manquements... et derriere ce n'est pas traité. Alors nous conduisons en état d'ébriété au sable blanc, avec du paka, à grande vitesse, ski nautique avec un seul pilote... et j'en passe. Oui, oui. Ouvrez les yeux.
Contribution modérée