Publié le mercredi 10 mars 2010 à 10H50
SCIENCES - Jusqu’à vendredi dans le hall de l’Assemblée
Le premier forum de la recherche est ouvert. Hier matin, diverses personnalités politiques du gouvernement ou de l’Assemblée étaient présentes pour soutenir cette initiative, qui émane d’une présidente de commission législative de l’Assemblée. En l’occurrence, d’Eleanor Parker, présidente de la commission de l’éducation et de la recherche. Ce forum se tient jusqu’au 12 mars dans le hall de l’Assemblée, place Tarahoi, sur le thème “La santé et le bien-être de l’individu dans son environnement”.
Extraits du discours d’Eleanor Parker, organisatrice du forum
- “Notre Pays recèle, vraiment, de grandes potentialités souvent méconnues tant par notre population que par nous les représentants. Face à ces grands potentiels, il est primordial d’en accélérer la valorisation et le développement, pour se les approprier et en tirer tous les fruits qu’ils pourront porter.”
- “Et c’est dans cette optique, que j’ai souhaité tous nous réunir aujourd’hui en ce lieu : pour permettre à toutes les entités intervenant dans le domaine de la recherche de se mettre en relation, d’échanger, de réfléchir ensemble sur les problèmes et le devenir de la recherche en Polynésie française.
- “Notre environnement marin et ses richesses insoupçonnées, notre faune et notre flore à l’intérêt médical non démenti, autant d’éléments, parties intégrantes de notre patrimoine que nous devons apprendre à exploiter et exporter pour en faire des vecteurs de notoriété et d’excellence pour notre Pays.”
- “Sachons jouer, aujourd’hui, une carte complémentaire à celle du tourisme. Nous devons sans plus tarder nous inscrire dans les réseaux mondiaux de recherche pour créer, ainsi, des perspectives d’emploi pour notre jeunesse. Voir au-delà de notre pito et ne plus avoir peur de faire connaître nos richesses !”
Catherine Plichart, ingénieur de recherche à l’institut Louis Malardé
“Il faut rappeler aux gens que la filariose existe toujours”
La Dépêche de Tahiti. Quel est l’intérêt de participer au forum pour l’institut ?
Catherine Plichart. Malardé est le seul institut de recherche territorial. Durant ces journées, différents laboratoires de Malardé vont se présenter. On a un stand qui explique bien ce qu’est la filariose, comment ça se transmet. Il faut rappeler aux gens que la filariose existe toujours, malgré la distribution de médicaments entre 2000 et 2007. L’interruption de distribution nous a permis de faire une évaluation de la prévalence de la filariose. Et l’on s’est rendu compte qu’il faut reprendre cette distribution (en mai, ndr). À Malardé, on essaie les nouveaux tests qui existent pour diagnostiquer les personnes, mais aussi pour évaluer l’efficacité des traitements de ces campagnes mises en place. Il y aura aussi une présentation de la ciguatera en amphithéâtre.
Pour l’institut, c’est une occasion de toucher un jeune public issu des écoles ?
Ce n’est pas une occasion unique, puisqu’on participe aussi à la fête de la science. On a aussi l’occasion de faire des “journées portes ouvertes” à l’institut. On aime faire partager ce que l’on fait, montrer notre utilité.
Comment percevez-vous le niveau de connaissance des jeunes concernant les maladies telles que la ciguatera ou la filariose ?
Ils savent ce qu’est la filariose ; son cycle pas vraiment. Ce que je leur rappelle, c’est que le moustique est indispensable à la transmission de la filariose, car ce parasite a besoin de se développer deux semaines au moins dans le moustique avant de pouvoir contaminer une personne. (…) À l’ILM, on a un très important laboratoire d’entomologie médicale qui participe à la lutte contre les moustiques pour éliminer la filariose, mais aussi la dengue.
Carmella Lopes, membre de l’association “Génétique moléculaire des maladies humaines” (GMMH)
“50 à 60 % d’obésité”
La Dépêche de Tahiti. Vous participez à ce premier forum. Quel est votre travail de recherche ?
Carmella Lopes. On est un groupe de recherches, trois docteurs (elle-même, Mohammed Rachidi et Charles Tetaria, ndr). On fait de la recherche génétique sur le diabète et l’obésité. En parallèle, on fait une activité de terrain, de dépistage et d’information auprès de la population polynésienne concernant ces deux maladies.
Qu’est-ce qui vous a poussés à participer à ce rendez-vous ?
Nous sommes présents pour présenter le projet de recherche sur l’activité génétique, qui cherche à trouver les gênes de susceptibilité, de prédisposition au diabète et à l’obésité, en vue d’une application directe. On se donne deux ans pour aboutir à un résultat final applicable : connaître ces gènes de susceptibilité et mettre au point un diagnostic (avec un peu de salive, ndr). Ce qu’on propose, c’est prévoir les personnes qui sont prédisposées au diabète, mais largement avant qu’ils ne deviennent diabétiques. Aujourd’hui, ceux qui sont atteints par la maladie prennent plein de médicaments, mais aucun de ces médicaments ne soigne ; c’est juste pour ralentir ou éviter les complications. Mais un diabétique le reste, et à vie. Si on trouve des personnes au stade “prédisposé au diabète”, ces personnes pourront avoir un programme de prévention adapté, de façon à éviter l’émergence du diabète, ou à le repousser le plus tard possible. Car plus tard le diabète arrive, plus tard arrivent les complications (dialyses, cécité, amputation, etc.).
Cette campagne de diagnostic va commencer ?Comment comptez- vous vous y prendre en tant qu’association ?
Le problème, c’est que nous vivons avec des moyens propres.
Êtes-vous aidés par le gouvernement ?
Pour le moment, pas encore.
Mohammed Rachidi. On souhaite de l’aide pour justement faire de la prévention à l’échelle supérieure. Car on en fait déjà dans les niveaux du primaire et du secondaire, dans les CJA, dans les quartiers, dans les congrégations, dans les îles. Et on paye de notre poche, mais le consommable coûte cher. On a dépisté 20 à 25 % de diabétiques, dont 2,5 % déclarés seulement. C’est alarmant. On a dépisté aussi 55 à 60 % d’obésité, qui est un facteur de risque pour le diabète.
C’est énorme ce que vous annoncez…
Oui, c’est énorme, incroyable. Je tire le signal d’alarme.





Les dernières contributions
Commentaires anonymes
11/03/2010 à 15h46
Faudrait que tous ces zélus dégagent une bonne fois et qu'on réforme cette assemblée et surtout le fonctionnement de ce pays.
Rien à foutre de la recherche Astroblabla et des gênes j'sais pas quoi !
A part pour l'océanographie le reste on s'en fou pas mal ici !
Pourquoi réinventez la poudre ici alors que d'excellents chercheurs cherchent déjà ... ailleurs ! Foutez nous la paix avec ces conneries qui coutent un max et qui sont fait super bien EN FRANCE !
Commentaires anonymes
11/03/2010 à 15h24
La recherche d'une villa avec piscine c'est pourtant pas difficile à trouver ici à Tahiti ;D peut-être trop cher pour ton confident ;D ou alors trop nul ton chercheur ou trop radin ?!
Y'a du boulot ? .... Ben non mon pot, y'a plus de boulot et c'est pas tes chercheurs qui vont donner du boulot au peuple ! c'est bien çà le problème à Tahiti ! Les gens crèvent la dalle ! combien sous le seuil de pauvreté ?
Allez arrête de faire ton mytho :P la recherche t'y connais quoi ? relais de croissance ... blablabla ! commence déjà par finir ta croissance à toi ... :P
Commentaires anonymes
11/03/2010 à 02h09
Il y a quelques mois, un chercheur en Astronomie qui travaille au CNRS a l'observatoire de Paris, me confiait qu'ils avaient essayer d'installer un observatoire en Polynesie mais qu'ils y avaient renonces devant les difficultes rencontrees pour acquerir un terrain...
Oui il y a des opportunites et le recherche serait un tres bon relais de croissance, a condition de pouvoir les saisir... d'arreter le jeu des chaises musicales politiques (montage d'un dossier puis les interlocuteurs changent... et rebelote), et d'etablir des regles du jeu qui ne changent pas tous les 4 matins...
Y'a du boulot, quoi...
Commentaires anonymes
10/03/2010 à 16h28
Toujours intéressants ces chercheurs et leurs "projets de recherche sur l’activité génétique qui cherche à trouver les gênes de SUSCEPTIBILITE(?), de prédisposition au diabète et à l’obésité, en vue d’une application directe". Un baratin savant pour découvrir, après x années de recherche, que nous avons dépensé une fortune pour aboutir toujours au même résultat. Qu'ils nous faut nous rééduquer à manger sainement et raisonnablement, bannir de nos tables certains aliments et boissons sucrées, alcools, cigarettes, etc. From anywhere, de Polynésie, de France (et oui), des USA... le problème, c'est la "mal-bouffe" and we all know enough about it to prevent and cure ; no need spend money on such research.
Il y a bien d'autres maladies qui tuent des enfants de par le monde et valent la peine d'investir ces fortunes.
Commentaires anonymes
10/03/2010 à 15h54
les cerveaux de l'assemblée découvrent la recherche...;D