Publié le mardi 31 août 2010 à 09H25
Tahiti iti
Le maire de Taiarapu Ouest, Clarenntz Vernaudon, explique que des réunions d’informations sur la nature de ce projet hydroélectrique du Fenua aihere ont été tenues dans les différents quartiers de la commune, et précise qu’il n’y aura aucune atteinte à l’environnement.
De l’autre côté, Timéri Levy, vice-présidente de l’association Vai ara o Teahupoo, ne partage pas la même réflexion et parle surtout d’une déferlante de contestation par rapport au projet. Tous les deux ont accepté de donner leur point de vue sur ce dossier sur lequel une nouvelle enquête commodo et incommodo est actuellement en cours à la mairie de Teahupoo. Interviews…
CT
Simon, habitant de Teahupoo
“Je ne veux surtout pas léguer cela à mes enfants et toute ma descendance”
“Je suis venu ici, à la mairie de Teahupoo, pour manifester contre ce projet de barrage hydroélectrique dans la vallée de la Vaiarava. Ce qui me préoccupe le plus, c’est l’économie qui tourne autour de cette vallée. La population a l’habitude de s’y rendre pour la pêche aux chevrettes et les mape. Dès que ce projet sera mis en place, personne ne pourra plus y accéder. Comment les familles pourront continuer à vivre comme aujourd’hui ? C’est le risque et je ne veux surtout pas léguer cela à mes enfants et toute ma descendance. En tous les cas, j’appelle la population de Teahupoo et du Fenua aihere à venir signer la pétition”.
Clarenntz Vernaudon maire de Taiarapu Ouest
“Ces projets ont été présentés à la population depuis un an et demi”
La Dépêche de Tahiti : Le projet hydroélectrique du Fenua Aihere suscite beaucoup de polémiques en ce moment. Quel est votre sentiment ?
Clarenntz Vernaudon : C’est un sentiment partagé par l’ensemble de l’équipe. La Société d’économie mixte (SEM) existe depuis 2005. Dans cette SEM est associée la SEDEP en tant que cabinet d’études. Elle a été créée en 2004. Depuis 2005, on se bat pour faire avancer notre projet. Le premier se trouve à Vavi et deux autres ont été étudiés sur Teahupoo. Ces projets ont été présentés à la population depuis un an et demi.
Il y a des personnes favorables au projet et d’autres non.
Lors d’une réunion, que j’ai tenue mercredi dernier au Fenua aihere, je me suis aperçu qu’il y avait une bonne partie de personnes qui est pour le projet et une bonne partie aussi est contre. Maintenant, ce qui me désole un peu, c’est qu’il y a des gens qui ont investi dans l’énergie solaire. Malheureusement, le solaire ne peut pas répondre à 100 % aux besoins de l’habitant. Ces personnes ont investi sur 15 ans avec des traites de 18 000 Fcfp par mois. Je dis aujourd’hui, comment faire ?
Combien de foyers peut-on alimenter avec votre projet de production hydroélectrique ?
Suivant nos calculs, on peut alimenter jusqu’à 400 foyers avec la production que nous allons réaliser. Mais les 150 maisons actuelles au Fenua aihere, on peut leur fournir de l’électricité toute l’année. Sans problème.
Parlez-nous du projet proprement dit…
Depuis 2005, nous avons lancé des études sur les lits de rivières. Aujourd’hui, Atihiva a été retiré. On a gardé Vairava parce que la vallée est assez détruite. Donc, il faut la restructurer. D’autre part, une piste doit accéder sur Tautira.
L’inquiétude des personnes qui contestent le projet se situe sur la protection de l’environnement, de la faune et la flore de cette vallée de Vaiarava. Qu’en pensez-vous ?
C’est un projet de petite envergure, la rivière continuera à couler. Le captage d’eau fait 1 m 45 de haut. Par rapport à ce qui a été fait par Marama Nui dans le passé, là, c’est tout petit.
Pourquoi avoir mis en place ce projet ?
Aujourd’hui, nos charges pour nos ordures ménagères s’élèvent à 9,8 millions Fcfp. Au premier janvier 2011, cette facture passera à 20,7 millions Fcfp. Où vais-je aller chercher ma ressource ? Qu’est-ce que la population veut ? Qu’on augmente les taxes ? Aujourd’hui, 90 % des communes de Polynésie française ont du mal à faire face à leur budget de fonctionnement. Depuis 2002, nous avons des difficultés mais aujourd’hui, nous ne sommes plus déficitaire en investissement, mais par en fonctionnement, nous le sommes toujours.
Qu’est-ce cela peut apporter à la commune ?
Elle va aider à notre budget de fonctionnement. Elle apportera 26 millions Fcfp de ressources, car il s’agit de revendre aussi de l’énergie à EDT. Il y a des arrêtés qui ont été validés en 2009 par le Gouvernement. Donc on peut le faire. Par rapport au solaire, l’hydro est plus fiable. 1 méga de solaire, c’est 780 millions Fcfp d’investissement. La centrale que nous réaliserons, c’est 280 millions Fcfp et si les gens du Fenua aihere ne veulent pas de l’électricité, on fera passer les câbles par la mer pour revendre à EDT. Nous avons besoin de ces 28 millions Fcfp pour compenser notre facture de demain. On ne veut pas devenir comme d’autres communes. Ce qui me soucie, c’est mon budget de fonctionnement. Il faut créer des recettes.
Les opposants au projet, notamment l’association Vai ara o Teahupoo, disent qu’il y aura atteinte à l’environnement, la faune et la flore également. Que leur répondez-vous ?
Dans six mois, la nature reprendra ses droits. Qu’est-ce qu’on va faire exactement ? Pour poser des tuyaux, on restera dans l’emprise territoriale. Cette emprise indique quoi ? Le bord de mer appartient au Pays. Cinq mètres, c’est la surface de curage et elle appartient au Pays. On reste dans ce domaine. Il n’y a aura pas de route, ni de poteaux électriques. Tout sera mis sous terre. Le projet en lui-même n’a pas été officialisé par moi tout seul. C’est le conseil municipal qui l’a fait.
À part le projet hydroélectrique de Vaiarava, vous vous occupez aussi d’un autre projet mais cela concerne toute la Presqu’Île. Pouvez- vous nous en dire plus ?
Nous avons, à la Presqu’Île, le fameux dispositif secosud. On va demander au Pays et à l’État, un contrat de projet pour les 40 000 habitants de la Presqu’Île. Cela concerne les communes de Taiarapu Est et Ouest, Hitiaa O Te Ra et Teva I Uta. Concrètement, qu’allonsnous faire ? Nous allons baisser de 10 Fcfp le prix du kilowatt-heure pour tous ceux qui habitent au sud. Les magasins, les commerces, les hôpitaux, les professionnels ne sont pas concernés par ce dispositif. C’est l’habitant que nous mettrons en avant. Les textes nous permettent aujourd’hui de le faire.
Timéri Levy Vice-présidente de l’association Vai ara o Teahupoo
“Tout sera bouleversé, simplement parce qu’il y a des gens qui s’entêtent à vouloir faire de l’argent avec de l’eau qui ne leur appartient pas”
La Dépêche de Tahiti : Quelle est la position de votre association face au projet hydroélectrique de la Vaiarava dont vous contestez aujourd’hui la teneur ?
L’association Vai ara o Teahupoo est née à l’arrivée de ces projets. Au mois de juin, il y en avait deux. Un sur Atihiva et l’autre sur Vaiarava. La population n’a pas été concertée. Le cahier de doléances est entaché d’irrégularités. Nous avons fait un courrier aux différents ministres, Teva Rohfritsch, Tearii Alpha, Jules Yen Fa et également le président Tong Sang. Nous avons lancé parallèlement des pétitions.
Justement, à ce niveau, combien de signatures avez-vous recueilli ?
Nous sommes à plus de 1 500 signatures actuellement. Nous continuons à les récolter. De tous les courriers que nous avons adressés aux autorités, seul le ministre Teva Rohfritsch nous a répondu. À la suite de cela, nous avons signalé des irrégularités. Le ministre a demandé une réouverture de l’enquête commodo incommodo, ce qui nous amène à aujourd’hui. Il y a aussi le cahier de doléances et nous invitons la population à venir consulter le dossier jusqu’au 6 septembre. Ensuite, le commissaire enquêteur donnera son avis, le transmettra à une commission qui statuera avant de se retrouver sur le bureau du ministre Teva Rohfristch. À partir là, il décidera si oui ou non il accordera une autorisation à ce projet.
Qu’est-ce qui vous préoccupe vraiment dans ce projet ?
Il y a deux volets qu’on ne peut pas accepter. Le premier, c’est le volet environnemental. Dans le dossier, on parle d’un captage d’eau avec un bassin tampon. Ensuite, il y a 2 900 mètres de canalisations avec des tuyaux de 90 cm de diamètre. Ces tuyaux vont arriver à la centrale hydraulique où il y a la turbine. Cela veut dire que sur pratiquement 3 km, sur la zone de curage de 5 m, ils vont à coup de dragues “travailler” pour aménager le site, sachant que le tuyau va suivre la rivière. Ce sont des travaux faramineux. À la moindre pluie, toute cette boue va se retrouver dans le lagon. À côté de ça, nous estimons qu’au niveau du bassin tampon, ils vont effectuer trois vidanges dans l’année et tout ça va aller dans le lit de la rivière et le lagon. Ils vont capter 90 % du débit de la rivière. Ça veut dire qu’il ne va plus rien rester dans la rivière sur 3 km. Donc, plus d’anguilles, plus de chevrettes, plus de ina’a… La faune et la flore seront touchées ainsi que toute l’économie qui tourne autour de ça. Les gens du Fenua Aihere vivent de chevrettes, de pêche lagonaire, de ramassage de mape. Tout sera bouleversé simplement parce qu’il y a des gens qui s’entêtent à vouloir se faire de l’argent avec de l’eau qui ne leur appartient pas. On dit non, parce que les gens du Fenua aihere n’ont rien à gagner. Ils ont tout à perdre. D’autre part, on ne nous dit pas comment cette électricité va être acheminée.
Avez-vous d’autres inquiétudes ?
Il y a le côté financier. La SEM Vavi est le promoteur du projet. Qui est cette SEM ? 65 % c’est la commune de Taiarapu Ouest. 35 %, c’est la SEDEP. J’ai beaucoup de doute sur la fiabilité de la convention qui lie la commune de Taiarapu Ouest et la SEDEP.
Propos recueillis par CT





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02/09/2010 à 22h59
Bonjour à vous tous,
La SEM VAVI a été fondée le 26 avril 2006 avec pour partenaire la SEDEP.
Dans la présentation du projet conformément aux délibérations n°84-1049 AT du 28 décembre 1984 et de l'Arrêté n°150 CM du 27 février 1985, il est inscrit à la page 4 alinéa 2.1 Rivière VAVI-MAAROA et juste au-dessous 2.1.1 seuil déversant
L'ouvrage sera un seuil déversant en remblai de matériaux alluvionnaires avec une prise d'eau dans la partie centrale.
La longueur totale en crête du barrage sera de 45 mètres avec une hauteur sur fondation de 7 mètres, représentant un volume total de 6000 m3 de remblais.
La retenue ainsi créée atteindra un volume utile de 10000 m3 à sa cote nominale.
Jusqu'à ce jour, je n'ai pas vu l'article permettant cette modification et ni à l'intérieur du J.O
Si de tel projet sont adopté, une chose est sûre, c'est la moyenne classe qui va payer et surtout pas les petites gens qui eux consomment beaucoup plus.
Il suffit d'évaluer le pourcentage des personnes qui payent leurs redevances.
Je ne suis plus d'accord de payer pour les autres et si par malheur, un engin lourd pénètre à l'intérieur du fenua aihere, ils profiteront de vampiriser tous les tout-venants à chaque embouchure.
On appelle ça, une dégradation irréversible.
Faaitoito à vous L’association Vai ara o Teahupoo
Je vous soutien
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02/09/2010 à 14h56
LA POPULATION NE SE REND PAS COMPTE QUE DANS LES ANNEES A VENIR SI LE MAIRE DE TAIARAPU OUEST NE FAIS RIEN POUR LES HABITANTS DU FENUA AIHERE TOUS VA AUGMENTER LES TAXES POUR L'EAU ET LA POUBELLE ON VA ETRE COMME HITIAA O TERA 1000FRS PAR MOIS ET PAR AN FAITE LE CALCUL LA IL Y AURAS LES TETES QUI VONT TOMBES ET PUIS REFLECHISSER BIEN .CAR LE JOUR OU LE PROJET SERAS EN PLACE VOUS SERAIT LES PREMIERS A ALLER VOIR LE MAIRE POUR UNE EMBAUCHE SI VOUS ETES PAS CONTENT RESTER A LA LAMPE A HUILE CAR LE NEONT FAIS QUE DE PASSER.
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02/09/2010 à 14h06
Attention!!!Surtout pas touche à mon Fénua Aihéré!!!La civilisation est assez vaste pour réaliser ton projet Clarenntz!!!!
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02/09/2010 à 06h56
Auroy devrait s'en tenir à sa piquette sur atoll.
Une seule solution,faire classer patrimoine régional naturel ces magnifiques vallées par une loi de pays.
Soyez sûrs qu'ils ne s'arrêteront jamais : Papenoo, Tetiaroa, maintenant Taravao !!
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01/09/2010 à 17h55
Papenoo a été honteusement massacrée pour du profit et uniquement du profit ! évitez cela à la presqu'île !
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01/09/2010 à 14h48
NON NON NON NON NON NON NON A CE PROJET AU FENUA AIHERE ! LAISSEZ-LE VIERGE ET IL EST MIEUX AINSI ! TAHITI A ETE SUFFISAMMENT SACCAGE !
voilà encore Auroy qui cherche une vache laitière, STOP !
Ce maire n'a rien compris !!!!!
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31/08/2010 à 19h32
Il faut absolument stopper ces Requins Coquins qui viennent détruire la NATURE
pour soit disant aidé le NUNAA MAOHI,et s'en mètre pleins les poches.
Attention,la Nature s'en retrouvera détruite,si nous voulons un très bel exemple,il nous suffit de passer sur le ¨Pont de la PAPENOO et regarder la couleur de l'eau de la rivière pour s'en rendre compte.!!!!!!!.......
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31/08/2010 à 15h06
c'est un comble de vouloir toucher à la seule partie de Tahiti qui est encore intacte de la main de l'Homme !! Laisser le fenua aihere comme il est, construire un barrage dans le but de fournir du courant aux habitants, et la plus-value ? elle ira où ?? C'est grâce au fait que cette partie de l'île soit encore isolée qu'elle reste belle. Tant de dégats ont été faits dans les vallée de Papenoo et Punaruu, ... cessez le carnage !!!