Parcelles expérimentales de culture naturelle

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Publié le jeudi 11 mars 2010 à 11H12

Tahiti Iti

agri150.jpgL’antenne de la chambre d’agriculture de Taravao à la Presqu'île de Tahiti travaille actuellement sur une technique de culture naturelle. Le but est d’utiliser ce que la nature nous procure, sans apport d’engrais, ni pesticides et fongicides artificiels. =La chambre souhaite que les agriculteurs et les familles s’orientent vers ce procédé pour produire des légumes sains, donc sans danger pour la consommation.

Produire des légumes naturels sans apport d’engrais et ni pesticides artificiels, c’est un programme sur lequel l’antenne de la chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire de Taravao travaille actuellement, avec la mise en place de parcelles expérimentales pour la culture de concombres, tomates, poivrons, salades, oignons verts et choux. Émile Buillard, technicien agricole, est la cheville ouvrière de ce programme d’expérimentation. Nous l’avons rencontré hier matin, il nous a détaillé ce procédé pour lequel il se donne un an pour sa mise au point. Des fiches techniques seront réalisées pour permettre au grand public de mieux comprendre cette façon de cultiver les légumes, des formations, dont la première aura lieu dès la semaine prochaine, seront également dispensées.

C’est une technique de culture naturelle et non pas bio ?

Naturelle, oui.Mais bio, non. C’est une culture sans apport d’engrais, ni pesticides et fongicides artificiels. Tout est issu de la nature. On laboure d’abord. Ensuite, on utilise de l’eau de javel classique pour désinfecter la terre. Il y a quand même des doses à respecter. Après, il faudra couvrir la parcelle avec un film plastique pendant trois jours pour laisser l’eau de javel agir et éliminer au maximum les bactéries ou virus. Ensuite, on retire le plastique pour permettre au chlore de s’évaporer. On laboure à nouveau. Et comme la terre est stérilisée à l’eau de javel, on utilise des micro-organismes efficaces, l’EM. On mélange le tout une nouvelle fois et ensuite on introduit une couche de charbon sur laquelle, on remet de l’EM, puis du compost. Là, la culture peut démarrer.

agri400.jpgQuels légumes expérimentez-vous ?

Toutes sortes de légumes. L’objectif est d’utiliser ce que la nature nous donne. Le charbon vient du bois, et la fiente de poules, des feuilles mortes ou autres choses pour l’engrais. L’EM nous, on le fabrique avec des bananes. Nombreux sont les agriculteurs qui sont intéressés mais ils ne connaissent pas encore les techniques. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place des parcelles de démonstrations de façon à leur apprendre les techniques les plus simples possible. Nos anciens connaissaient un peu ces techniques. Ils n’utilisaient pas d’EM, mais le reste, si.

Comment fabrique-t-on ce fameux EM ?

C’est un agriculteur japonais qui a découvert cette technique. C’est un mélange de trois bactéries La première, c’est la bactérie lactique que l’on trouve dans du yaourt ; la deuxième, il s’agit de la bactérie de levure de bière ; et enfin, la dernière, c’est la bactérie phototrope. Cette dernière bactérie, on la trouve soit au bord des rivières ou entre la racine de vanille et l’écorce. Le mélange des trois formules a la propriété d’attirer les bactéries neutres et ensemble, elles agissent sur les anti-oxydants. Ces bactéries sont néfastes pour la culture. Elles favorisent la pourriture des plantes.

Les nuisibles, comme la mouche des fruits par exemple, attaquentils les plantes ?

Pour l’instant, on n’a pas constaté cela puisqu’on utilise de l’EM simple avec l’EM 3 qui est un insecticide que l’on pulvérise tous les trois jours. Non, il n’y a pas de problème à ce niveau. On a quelques maladies, comme des champignons et ça s’arrête là.

Les agriculteurs sont-ils au courant du programme ?

Oui. C’est pour eux que nous faisons cela. Nous donnerons des cours dès la semaine prochaine avec une délégation de mormons dès la semaine prochaine avec une délégation de mormons et réaliserons des fiches techniques. Ces formations sont ouvertes aussi au grand public. Nous avons déjà installé un faa’apu à 500 mètres d’ici, chez un particulier.

Propos recueillis par CT

Henri Tauraa président de la chambre d’agriculture et de la pêche lagonaire

agri200a.jpg“Le taui passe aussi par cette technique de culture”

“Pour moi, cette technique de culture, c’est aussi le taui. Taui avec une culture naturelle. Nos ancêtres connaissaient ces techniques et je pense qu’il est temps que l’on prenne conscience de leur importance. Le 26 mars, nous allons organiser une exposition à la pointe Tatutu à Papeari. La chambre s’associera aussi à cette manifestation pour présenter ce programme d’expérimentation avec une parcelle que nous mettrons en place pour la démonstration. L’objectif est de permettre à ballon120.jpgchacun de produire des légumes sains, sans incident sur la santé. Nos agriculteurs aussi peuvent s’y associer. Les familles peuvent très bien utiliser cette technique de culture sur une parcelle de 100 m2 pour leurs propres besoins. Les techniques conventionnelles existent et c’est rapide, mais il y a toujours un risque. Pour ce qui est du bio, tu ne peux pas dire que tes produits sont issus d’une culture biologique sans certification.”


agri200b.jpgTerii Tatarata Habitant de Taravao

“Ma seule préoccupation, c’est produire des légumes pour les besoins de la famille”

“Je passe tous les jours devant la chambre d’agriculture de Taravao pour aller au magasin. Un jour, je voyais Émile Buillard dans sa parcelle d’expérimentation. Je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à cultiver des légumes chez moi. Il a tout de suite accepté. Cette technique de culture m’a beaucoup plu. Il n’y a pas d’engrais, ni pesticides. C’est top pour la santé. C’est comme ça que je m’y suis mis. Ma seule préoccupation, c’est produire des légumes pour les besoins de ma famille.”

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Commentaires anonymes

23/03/2010 à 04h48

L'emploi d'eau de javel en Agriculture n'est pas synonyme de culture naturelle.Sinon ça se saurait.

Commentaires anonymes

13/03/2010 à 04h47

maururu roa pour ta réponse, j'avoue ne pas avoir compris la partie consacré à l'EM3 qui sert de pesticide, c'est quoi cet EM3 ???

En tout cas merci pour tes éclaircissements

12/03/2010 à 22h48

Observations : le paysan breton prépare sa terre en y introduisant, au moment des labours, des algues.
Je suppose que le sel inclu dans les algues assainit la terre de ses bactéries, ce qui donne, à la pomme de terre bretonne, une saveur incomparable à celles cultivées par des paysans n'employant pas ces méthodes dont les produits sont fades.
A Tahiti, peu d'algues! pourquoi ne pas les remplacer par du gros sel ou fin, à inclure dans la terre au moment du labourage?
Pour les doses, calculer. Mais enfin, ce serait, si cela réussissait, une méthode peu chère par rapport à l'assainissement par vapeur qui nécessite un outillage peut-être onéreux.
Sinon, demander conseil auprès des agriculteurs chinois, qui doivent employer des méthodes traditionnelles anciennes et naturelles.
Faa toito. 8)8);D;D

12/03/2010 à 20h29

;D lu dans google : désinfection du sol agricole par la vapeur. Je pense que cela est naturel et remplace à merveille l'au de javel.

;D;D

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12/03/2010 à 11h23

comme quoi avec un lopin de terre, une bonne volonté on peut se nourrir sainement !!
alors la bravo Mr buillard d'avoir partage votre savoir c;est remarquable.
et bravo Mr Tatarata d'avoir bien voulu cultiver chez vous !!
quel bel exemple !

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12/03/2010 à 10h33

[b]*1[/b]
C'est une excellente chose qu'il y ait des expérimentations et de la vulgarisation auprès du monde agricole. Tout amélioration est bonne à prendre dans ce domaine même si cette technique ne pourra pas être appliquée dans les grandes exploitations. Ca tombe bien, Les 7000 détenteurs de carte d'agriculteurs ont des Faapu de moins de 2000m².

Guys, oui tu as raison, on n'a aucun moyen de connaître la qualité des produits qu'on consomme mais je te ferai remarqué qu'en 2007 des analyses de résidus de pesticides avaient montré que les produits importés (US/NZ) n'étaient pas plus "clean" que les locaux... à méditer.

[b]*2 En réponse à tevamana, mars 12, 2010[/b]

Pour avoir la certification bio que faut-il faire de plus ?
La certification bio n'a pas d'agrément en Polynésie, il n'y a donc pas de cadre légal pour la certification. Cependant, pour répondre à ta question quand même, Il faudrait par exemple utiliser un autre moyen que l'eau de javel pour désinfecter ta terre. D'après l'article qui n'est pas exhaustif, c'est le seul élément qu'on peut relevé. Maintenant, les graines étaient elles traitées au thyram... d'autres questions se posent car les informations de l'auteur de l'article sont insuffisantes pour préciser.

Est-ce que ces techniques naturelles auraient la certification Bio ?
Clairement non.

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12/03/2010 à 10h00

yaka curer la cervelle des 57 pingouins de l'AT, des membres du gouvernement des girouettes et autres gugus des partis politiks;
avec tout ce caca là, on peut en faire de l'engrais naturel !

Remarque : [i]De l'eau de javel !!![/i] :o :o

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12/03/2010 à 07h46

Une question aux journalistes de la dépêche de la Tahiti ou à un forumeur:

Pour avoir la certification bio que faut-il faire de plus ?

Est-ce que ces techniques naturelles auraient la certification Bio ?

Merci

12/03/2010 à 00h29

Je suis contre, trouver autre chose. A perfectionner. A faa toito.

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11/03/2010 à 21h23

Et sous les légumes, il y aurait aussi les plantes de TEMARU???? Apparemment, il veut légaliser une certaine plante dite douce. Son nom m'échappe...

11/03/2010 à 17h17

" La chambre souhaite que les agriculteurs et les familles s’orientent vers ce procédé pour produire des légumes sains, donc sans danger pour la consommation ", dit la chambre d'agriculture.

Donc si je comprend bien, jusqu'à maintenant, les légumes qui sont produits en Polynésie, c'est du poison, c'est de la m...e, ben oui, c'est dit clairement, non ?

Et en plus ils sont 3 fois plus cher que les importés !

Mais alors, combien vont couter les légumes bio, made in tahiti ?

Ca va être comme les crevettes, se seront des produits PPN, c'est à dire des " Produits Pour Nantis "!

Ca va pas arranger la pauvreté en Polynésie !

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