Publié le lundi 25 janvier 2010 à 11H56
INTERVIEW - Gary Zebrowski à J-30 des Jeux Olympiques de Vancouver
Ce sera le mercredi 17 février 2010, en début d’après-midi. Ce jour-là, sur la neige de Vancouver, Gary Zebrowski s’élancera sur le pipe olympique. Le snowboardeur, natif de Raiatea, s'entraîne depuis deux mois dans le Colorado.
Comment as-tu préparé ces JO ?
Fin prêt ?
“Quand tu participes à des JO, tu ne peux jamais être fin prêt. Le niveau technique est énorme. Par exemple, entre les JO de 2006 et ceux de Vancouver, les tricks sont plus complexes à réaliser, exigeant une concentration totale et des prises de risques très dangereuses pour les compétiteurs. Il n’y a pas droit à 0,1% d’erreur. Un des top rider US, Kevin Pearce s’est très grièvement blessé à la tête la semaine dernière avec un gros trauma crânien et reste en coma profond. Pourtant, je peux te dire que Kevin était au super top niveau mondial ; quand tu vois cela, tu t’interroges sur la finalité du sport de haut niveau et, en tout cas, tu dois rester humble.”
À ton avis, quelles sont les chances de médailles ?
“Ce n’est un secret pour personne. Encore une fois, l’équipe US a de fortes chances de rafler le podium, mais c’est normal. Ses riders sont super aidés et soutenus par leur fédération et sponsor : ils bénéficient toute l’année de super conditions d’entraînement physique et mental. Sans limites. Par exemple, ils font leurs figures dangereuses sur des half pipe équipés d’airbag. S’ils se ratent, zéro bobo. Nous, on ne bénéficie pas de ce genre de structure ; si on fait la moindre faute, c’est l’hôpital. Donc, tu comprends, les US peuvent se lâcher beaucoup plus que nous dans la prise de risques et les figures compliquées. Et ça peut faire la différence pour le jury.”
Et toi, où en es-tu de ta préparation ?
“Je me suis gravement blessé cet été en m’entraînant sur un glacier : déchirure des ligaments croisés du genou. À 6 mois des JO, c’était soit une opération, et alors bye bye les JO, ou le risque d’une rééducation très spéciale. J’ai vu les plus grands professeurs en médecine de France spécialistes du genou. Finalement, j’ai opté pour la rééducation. Je me suis donc installé dans la ville de Capbreton sur la côte Atlantique où j’ai été suivi par les rééducateurs du centre européen des sportifs de haut niveau pendant trois mois. Ils ont fait un super boulot ! Mon genou réparé est plus petit qu’avant, il tient le choc des entraînements et je dois faire avec. J’ai dû adapter mes nouvelles figures en imposant les contraintes fortes à mon genou intact pour protéger l’autre. Je me ferai opérer en fin de saison.”
Quels soutiens as-tu de ta fédération ?
“Tu sais, normalement, tout le monde pense que le rôle d’une fédération, c’est de soutenir, encourager et fédérer des sportifs sur des objectifs. Faut pas croire, ce n’est pas toujours le cas. Pour faire court, je me sens bien seul. Par exemple, ce que je gagne dans mes compétitions, je dois le réinvestir dans mes entraînements pour les JO : ce n’est pas normal. Je trouve injuste que, quand un sportif de haut niveau se bat et s’investit au prix de nombreux sacrifices pour faire briller les couleurs de son pays sur les podiums des plus importantes compétitions mondiales, il doit, en plus, se prendre la tête pour boucler ses budgets et dépenser ce qu’il gagne pour s’entraîner.”
Quels soutiens as-tu eu de Tahiti ?
“Je dois un immense merci à Air Tahiti Nui avec qui j’ai signé un partenariat pour une aide dans mes transports internationaux, sans lequel je n’aurais pas pu y arriver. Ils ont été super efficaces ; je suis fier de les citer dans chacune demes interviews et d’afficher en grand leur logo sur mon snowboard ; en plus, ils ont monté une opération de communication avec radio 1 et Tahiti Nui Travel très sympa pour me soutenir aux JO. J’ai également un contrat d’image avec Ford et la Brasserie de Tahiti. Par contre, malgré les chalalas des politiques qui aiment bien se faire prendre en photo avec moi quand je suis à Tahiti, je n’ai reçu aucune aide du Territoire, alors que j’ai droit à une bourse de sportif de haut niveau. Des sociétés publiques comme OPT ou Vini qui m’ont fait miroiter des contrats de partenariats quand je les ai rencontrés en juin dernier à Tahiti, n’ont même pas eu la délicatesse de répondre à mes mails de relance.”
Comment se fait-il que tu n’as pas reçu ta bourse de sportif de haut niveau ?
“D’abord, c’est un dossier très compliqué. Et je peux te dire que le responsable qui a écrit cette réglementation ne connaît rien au sport de haut niveau, voire au sport tout court et qu’il devrait aller planter des choux. Des dizaines de pièces annexes, factures pro formats, tampons de X et Y, avis de Pierre, Paul et Jacques, avec une administ r a t i o n qui met six mois à instruire le dossier entre les différents fonctionnaires du service des sports et les conseillers techniques du ministère, qui te disent que tout est OK, que c’est dans les tuyaux. Au final, après six mois d’attente, gros plouf ! Il n’y a rien, parce qu’un autre fonctionnaire du contrôle des dépenses, dont le plus grand sport est d’être en clim du matin au soir, estime je ne sais pas quoi. Pourtant, je peux te dire que cette aide m’aurait bien aidé. Là, je suis écoeuré que l’on prenne les sportifs pour des cailloux, car je sais que je ne suis pas seul dans ce cas ; et ce n’est pas tous les jours qu’un sportif polynésien va aux JO… Par contre, une chose marche bien, c’est la médecine du sport ; je pense que c’est dû au médecin responsable du service qui est super dévoué et efficace.”
Quel est ton programme pour les jours qui restent avant les JO ?
“Une dernière coupe du monde à Calgary au Canada à la fin du mois de janvier ; après, on doit passer une semaine au mont Bachelor avec l’équipe de France, près de Portland dans l’Oregon. Le 12 février, on s’installe au village olympique. Ensuite, on entre dans la danse pour la cérémonie d’ouverture : et la journée de ma discipline est le 17.”
Es-tu confiant ?
“Je m’entraîne très dur depuis deux ans et je donnerai le meilleur de moi-même. Ceux qui ont été sélectionnés pour les JO sont les meilleurs mondiaux de leurs disciplines et ils y vont tous pour gagner un podium. Tu ne peux pas imaginer la pression et le stress qu’il faut gérer.Moi aussi, j’y vais pour gagner, mais je n’aurai pas la prétention de faire le moindre pronostic.”
Et le stress, comment tu le gères ?
Il paraît que ton arme secrète c’est la zen attitude ? “Si une chose est bien certaine, c’est que je ferai comme aux JO de Turin en 2006… Au départ de mon run, pour rester cool, je penserai à l’écume de la vague de Taapuna, au soleil couchant sur Moorea, au bruit du moulinet quand mort une carangue et, surtout, à la gentillesse de tous ces Tahitiens, amis et inconnus, jeunes et moins jeunes, qui, chaque fois que je viens à Tahiti, lèvent le pouce avec un large sourire. C’est beaucoup pour eux que j’ai la motiv’ et c’est aussi pour dire aux jeunes du fenua qu’avec du courage, de la discipline et son rêve, tout est possible.”
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Lire aussi l'interview paru en octobre : cliquez ici




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Commentaires anonymes
27/01/2010 à 13h23
ben si c'est le 17 et qu'on est le 25, ça fait pas J-30...
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26/01/2010 à 11h39
FRACASSE LE PIPE !!! C'EST DES GENS COMME TOI QUI FONT HONNEUR A LA POLYNESIE !!! CETTE VICTOIRE TU L'AURAS !!!
Pour moi je dirais même que tu l'as déjà et la compete c'est juste une formalité...
Ok le niveau US est élevé, mais il n'auront jamais autant de détermination et de ténacité que toi !
Un tahitien aux JO et en plus pour les sports d'hivers ! Si tu n'existais pas aujourd'hui tout le monde croiraient cela impossible et ont en riraient rien que d'y penser ! Et TU la fait ! Alors même si ces JO te semble impossible à gagner, n'oublie pas que l'impossible tu l'as déjà fait à plusieurs reprises, maintenant tout ce qui te reste a faire c'est de continuer à t'accrocher a ce rêve !!!
Je ne te connais pas personnellement mais quand je vois des jeunes comme toi, je suis fière d'être Tahitien ! Tu nous fait tous honneur quoi qu'il arrive !!!
"Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent... Les grandes oeuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance." [Samuel Johnson]
"Voir le possible là où les autres voient l'impossible, telle est la clé du succès." [Charles-Albert Poissant]
"Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer." [Paulo Coelho] [i]L'alchimiste[/i]
Fa'aitoito ia 'oe te hiva no te mau hiona.
Te aroha ia rahi.
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26/01/2010 à 09h46
Du snowboard à Tahiti, çà me fait penser à l'équipe de Jamaïque aux JO pour le bobsleigh ... personne n'y croyait et ensuite ... respect.
Qui sait après tout, s'il n'ouvre pas une autre voie de la glisse à d'autres Tahitiens qui surfent déjà ... rêver c'est déjà un bon début ...
A méditer les politiques, epic, sem et surtout à SOUTENIR ... TOUS AVEC GARRY
:)
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26/01/2010 à 08h34
heureusement qu'il a un mental d'acier le garry... >:(
soit confiant, c toi le boss... tu vas déchirer le spooooot !
et au ministère de la jeunesse et des sports, un ptit coup de main serait bienvenue non ??
HAWAIKI NUI c'est bien, ça rameute la foule,
mais n'oubliez pas nos représentants en dehors du territoire..
.. une tit' subvention annuelle pour le boss du snow..
allez, un ptit effort chers élus !!!! ;)
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26/01/2010 à 07h25
Go Gary GO !! les "polonésiens" sont avec toi !
Go Gary Go
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25/01/2010 à 22h25
Nos athlètes ne sont pas des incapables, pourquoi devoir s'expatrier pour prétendre a une carrière professionel et vivre de sa passion, certes la discipline comme celle de Gary n'est pas pareil..
C'est la faute des fédérations et des politiques qui n'ont aucun réel souci du développement des atlhètes LOCAUX... alors nos sportifs sont laissé a eux mêmes..
Un suivi et un réel accompagnement dès le jeune age..
Les états unis ont un programme scolaire permettant la récolte de jeunes champions....l'école n'est pas faite pour tous, la plus part des champions viennent de la rue pour ne pas cité Tyson, Ronaldo, Jordan...etc... mais ces jeunes ont eu de la chance d'avoir eu un suivi jusqu'au sommet de leurs carrières...
Sinon, bon courage gary...jah love.
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25/01/2010 à 15h02
bonne chance domage que tu ne sois pas dans le pole des meilleurs athlete polynésiens que des incapables vivement le vrai taui